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Foramen ovale perméable et plongée sous-marine


Sang Thrombose Vaisseaux. Volume 22, Numéro 1, 31-7, janvier 2010, Mini-revue

DOI : 10.1684/stv.2010.0449

Résumé   Summary  

Auteur(s) : Gérald Phan , Département de cardiologie, hôpital Bichat, 2, rue Ambroise-Paré, 75475 Paris, France.

Résumé : La plongée sous-marine peut se compliquer d’accidents de décompression (ADD) dus à la formation de bulles d’azote intravasculaires lors de la remontée. La présence d’un shunt droit-gauche peut favoriser le passage de bulles veineuses dans le secteur artériel et leur embolisation paradoxale, notamment dans le système nerveux central ou l’oreille interne. L’évaluation de la responsabilité d’un foramen ovale perméable (FOP) reste difficile, et il constitue essentiellement un facteur de risque d’ADD. Différentes procédures sont proposées pour réduire ce risque chez les plongeurs porteurs d’un FOP, principalement en prévention secondaire.

Mots-clés : accident de décompression, shunt cardiaque, plongée sous-marine, échocardiographie, fermeture percutanée

Illustrations

ARTICLE

Auteur(s) : Gérald Phan

Département de cardiologie, hôpital Bichat, 2, rue Ambroise-Paré, 75475 Paris, France

La plongée sous-marine est un sport de plus en plus pratiqué dans le monde. En France, elle est régie par le Code du Sport et fait partie des sports dits « de pleine nature » déterminés par une réglementation particulière. La fédération délégataire, la FFESSM (Fédération française d’études et de sports sous-marins), compte 150 000 adhérents. La plongée professionnelle est une branche d’activités très diverses, allant du cinéaste sous-marin au plongeur de combat et au soudeur à grandes profondeurs. Ces activités subaquatiques ont en commun la respiration de gaz sous pression à l’origine d’accidents spécifiques tels que les barotraumatismes et les accidents de décompression — ou de désaturation — (ADD). La relation entre la présence d’un foramen ovale perméable (FOP) et les ADD a été décrite, en 1989, à partir d’études cas-témoins [1]. Étant donné la grande fréquence du FOP dans la population générale [2], autour de 25 à 30 % des sujets, la question du risque de la plongée chez les porteurs de FOP est donc importante à évaluer.

ADD

En immersion, la pression augmente rapidement, de 1 bar (soit l’équivalent de la pression atmosphérique) tous les dix mètres. Le plongeur utilise un détendeur qui lui permet de respirer à la pression ambiante. En plongée loisir, le gaz respiré est le plus souvent de l’air, mais aussi des mélanges azote-oxygène suroxygénés (nitrox), voire des mélanges de trois gaz (trimix). L’azote de l’air ne participe pas aux échanges métaboliques et se dissout dans les tissus de l’organisme en fonction de la pression (donc de la profondeur) et du temps passé à cette pression. La cinétique de cette dissolution est complexe et sans doute inhomogène en fonction des tissus, de leur vascularisation [3]. Lors de la remontée, la pression ambiante diminue, et l’azote s’élimine par voie respiratoire très progressivement. Au cours de cette désaturation, des microbulles apparaissent dans la circulation veineuse de façon habituelle. Elles s’éliminent normalement sans créer de lésions lors de leur passage dans les capillaires pulmonaires, l’azote s’éliminant par voie respiratoire. Ces bulles, lorsqu’elles atteignent une certaine taille, sont détectables par doppler ou échocardiographie doppler au niveau des veines sous-clavières ou du cœur droit [4].

L’ADD survient lorsque des bulles se développent dans un tissu (os, muscle, liquide endolymphatique cochléovestibulaire) ou obstruent un vaisseau, qu’il s’agisse d’une veine ou d’une artère. À l’effet mécanique de la bulle (compression tissulaire, ischémie) s’associent des interactions avec les parois vasculaires, les plaquettes, le système immunitaire, constituant la maladie de décompression. Le passage artériel de bulles par un FOP ou un shunt intrapulmonaire favorise des embolies gazeuses responsables d’accidents cliniques.

Pour éviter ces accidents, en limitant la formation de bulles d’azote, de nombreuses procédures ont été mises au point : une vitesse de remontée précise entre 10 et 15 mètres par minutes, avec éventuellement des arrêts (paliers de décompression) à des profondeurs et pendant une durée déterminée par des tables de décompression, ou des algorithmes servant à programmer des ordinateurs de plongée portables par le plongeur. Seules certaines tables ont fait l’objet d’une évaluation en situation réelle. Toutefois, la plupart des plongeurs utilisent des ordinateurs, sans que la fréquence des accidents ait augmenté.

Clinique des ADD

Les ADD sont peu fréquents, évalués chez les plongeurs militaires français, à 1/30 000 plongées dans la zone 0-45 mètres et 1/3 000 entre 45 et 60 mètres [5]. Chez les plongeurs de loisirs, le rapport du Divers Alert Network (Organisme international d’assistance aux plongeurs — www.diversalertnetwork.org/) de 2006 recense 3,6 cas pour 104 plongées, dont 1,25/104 accidents sévères de type II. Ils surviennent généralement après la sortie de l’eau, avec un délai variable pouvant aller jusqu’à plusieurs heures, mais, le plus souvent, dans l’heure suivant l’émersion. Ils peuvent être de gravité variable. On distingue les accidents relativement bénins de type I et graves ou de type II.

Accidents de type I

  • Malaise général, avec fatigue intense et inhabituelle ;
  • accidents cutanés : rares, prurit ou plaques érythémateuses et œdématiées, ressemblant à une urticaire, dus à la présence de bulles dans le derme et l’hypoderme ;
  • accidents lymphatiques : rares, œdèmes lymphatiques avec aspect en « peau d’orange » ;
  • accidents ostéoarthromusculaires (ou bends), siégeant le plus souvent aux grosses articulations actives lors de l’effort (épaules, hanches), avec risque d’ostéonécrose aseptique en cas d’atteinte épiphysaire. Très douloureux, ils ne sont soulagés que par la recompression.

Accidents de type II

  • Accidents médullaires : les plus fréquents en France (66 % dans la série de Blatteau et al. [5]) de localisation et de gravité variables, ce sont ceux qui ont le plus grand risque de laisser des séquelles, dont la fréquence et la gravité dépendent du délai du traitement hyperbare. Ils siègent le plus souvent entre D9 et L5, mais des atteintes cervicales ont été décrites ;
  • accidents cérébraux : (25 % des cas) essentiellement dus à des embolies gazeuses cérébrales, le tableau clinique dépendant donc du territoire ;
  • accidents labyrinthiques : ils sont fréquents (20-25 %). Il s’agit le plus souvent d’accidents vestibulaires avec vertige rotatoire harmonieux de type périphérique, parfois associés à des signes cochléaires ;
  • accidents respiratoires (chokes) : très rares et graves, secondaires à des embolies gazeuses pulmonaires avec hypertension artérielle pulmonaire. Ils sont à différencier des œdèmes pulmonaires d’immersion.

Facteurs favorisants

L’épidémiologie des ADD met en évidence un certain nombre de facteurs favorisants qui sont à prendre en compte dans l’analyse des circonstances (tableau 1) [6]. Un non-respect des procédures (tables ou ordinateur) et de la vitesse de remontée (10 à 15 m/min suivant les procédures) est bien sûr un élément fortement aggravant.

Tableau 1 Facteurs de risque d’ADD (d’après [6])

Effort

Alcool

Condition physique

Blessure

Eau froide

Adaptation

Sexe féminin

Profil de plongée

Âge

Remontées rapides ou multiples

Obésité

Plongées successives le même jour ou sur plusieurs jours

Déshydratation

Exposition à l’altitude

Augmentation de la PCO2

Alcool

Traitement

Sur le site de l’accident et pendant le transport, une réhydratation et une oxygénothérapie normobare sont instituées. Le traitement proprement dit [7] fait appel à l’oxygénothérapie hyperbare, à des pressions comprises le plus souvent entre deux et quatre atmosphères absolues (ATA) pour des durées allant d’une à six heures et à une réhydratation [7]. Des traitements adjuvants, comme l’aspirine, les vasodilatateurs, voire les perfluorocarbones ont été proposés.

Détection du FOP

La détection du FOP nécessite l’injection d’un produit de contraste constitué de microbulles. Il s’agit le plus souvent de sérum physiologique ou de solution macromoléculaire agité avec de l’air ou bien de produit de contraste échographique pour l’opacification du cœur droit [8]. Le passage des bulles dans les cavités gauches est détecté par échographie transthoracique (avec imagerie de seconde harmonique) ou transœsophagienne (ETO) ; le passage de bulles doit être précoce, au cours des trois à cinq cycles suivant l’injection, pour être significatif d’un FOP, les passages tardifs correspondant plutôt à des shunts intrapulmonaires. La recherche se fait en respiration spontanée, puis avec provocation, par une manœuvre de Valsalva. La quantification des bulles dans les cavités gauches est importante. Différentes cotations ont été proposées, mais l’on peut retenir un shunt faible entre une et dix microbulles, moyen entre 11 et 30 et important au-delà de 30 ; un passage spontané témoigne d’un shunt généralement important. L’avantage de la voie transthoracique est la meilleure qualité de la manœuvre de Valsalva, celui de la voie transœsophagienne, une visualisation directe du FOP et d’un éventuel anévrisme du septum interauriculaire associé. La recherche de shunt, notamment en dépistage, peut également faire appel au doppler transcrânien ou carotidien avec les mêmes procédures.

Physiopathologie des accidents associés au FOP

Lors de l’immersion, la disparition de l’effet de la pesanteur entraîne une redistribution de volémie vers le thorax avec augmentation du volume sanguin intrathoracique de 700 à 1 000 mL. Les pressions droites augmentent, et notamment la pression auriculaire droite (POD), ce qui favorise l’ouverture du foramen ovale. De plus, les manœuvres d’équilibration des oreilles ou les efforts entraînent une augmentation de la pression intrathoracique et de la POD.

S’il existe une forte charge en bulles circulantes veineuses à la remontée, l’ouverture du FOP favorisera donc leur passage dans les cavités gauches et l’embolisation artérielle.

FOP et ADD

Accidents cliniques

La première publication signalant une relation entre l’existence d’un FOP et la survenue d’ADD est celle de Moon et al., en 1989 [1], qui rapportent le dépistage du FOP par échocardiographie de contraste transthoracique chez 30 plongeurs ayant présenté un ADD, comparés à des témoins sains de séries historiques publiées. Ils retrouvent une prévalence de 37 % de FOP chez les ADD contre 5 % chez les sujets témoins. La même année, Wilmshurst et al. [9] comparent 61 plongeurs ayant fait un ADD à 63 plongeurs témoins sains. Ils constatent une prévalence significativement plus élevée du FOP chez les sujets ayant présenté un ADD neurologique précoce, dans les 30 minutes suivant l’émersion par rapport aux témoins (66 versus 24 %, p < 0,001), mais pas de différence en cas d’ADD neurologiques tardifs ou d’ADD de type I.

Plusieurs études cas-témoins confirment l’association entre la présence d’un FOP et le risque de survenue d’un ADD [10-12]. Cette relation est significative pour les accidents neurologiques cérébraux et les accidents cochléovestibulaires, mais de façon moins nette pour les accidents médullaires qui ne semblent influencés qu’en cas de shunt important. La prévalence du FOP est également significativement plus importante en cas d’accidents cutanés [13].

La taille du FOP joue certainement un rôle important dans le risque d’ADD. Pour les accidents médullaires, seuls les shunts importants semblent augmenter le risque [12]. Torti et al. [14] ont étudié 230 plongeurs expérimentés par ETO de contraste et ont rapproché les résultats des antécédents d’ADD avec respect des procédures de décompression. Le risque absolu d’ADD dans leur série était de 2,5 accidents pour 104 plongées. Le risque d’ADD était significativement plus élevé chez les porteurs de FOP, tant pour les ADD de type I que de type II, mais de façon plus franche pour ces derniers avec un odds ratio (OR) de 4,8 (figure 1). Le degré du shunt, estimé sur le nombre de bulles passant dans les cavités gauches, était classé de 0 à 3. Le risque n’était pas augmenté pour les FOP de grade 1 et augmentait nettement pour les grades 2 et 3 (figure 2).

Lairez et al. ont pratiqué une méta-analyse des études publiées sur les ADD associés à un FOP et trouvent un OR de 4,23 (IC : 3,05-5,87) en présence d’un FOP pour les accidents neurologiques et cochléovestibulaires et, pour les shunts importants (passage de bulles spontané ou > 20 microbulles), l’OR est de 6,49 (IC : 4,34-9,71) [15].

Au total, l’association entre l’existence d’un FOP et certains ADD est indéniable, mais le risque absolu de survenue d’un accident chez un porteur de FOP semble faible et reste à déterminer par des études prospectives.

Lésions cérébrales

Par analogie avec des accidents vasculaires cérébraux, la possibilité d’embolies gazeuses asymptomatiques par l’intermédiaire du shunt a été évoquée. Des lésions de la substance blanche ont été mises en évidence en IRM de façon plus fréquente chez les plongeurs que chez des non-plongeurs, notamment chez les plongeurs professionnels âgés, associés à des troubles neuropsychiques [16]. Knauth et al. ont étudié en IRM 87 plongeurs n’ayant jamais présenté d’ADD cliniques, vingt-cinq d’entre eux présentaient un FOP détecté par doppler transcrânien (DTC) dont 13 avaient un shunt important [17]. Des lésions de la substance blanche ont été détectées chez 11 sujets. Sept des 42 plongeurs sans FOP présentaient une lésion chacun, alors que 4/25 plongeurs avec FOP totalisaient 34 lésions. Un de ces derniers avait un FOP mineur avec une seule lésion, les trois autres présentaient des lésions multiples et des shunts majeurs. Des données semblables sont retrouvées par Schwertzmann et al. [18] chez 52 plongeurs et 52 témoins, avec 41 lésions chez 19 plongeurs et sept lésions chez six sujets témoins (OR : 5,8, IC : [3,7-9,4]) et des lésions plus fréquentes chez les porteurs de FOP que chez les non-porteurs (1,23 lésion par personne versus 0,64). Toutefois, la population des plongeurs était plus âgée avec une consommation de tabac plus fréquente que chez les témoins.

En revanche, Koch et al. ont étudié 50 plongeurs sans antécédents d’ADD, dont 18 étaient porteurs d’un FOP ; ils retrouvent 137 lésions dont 39 au niveau du tronc cérébral, chez 24/50 plongeurs, mais sans différence significative entre les porteurs de FOP et les autres, après correction pour l’âge [19]. Il semble donc que s’il existe sans doute une relation entre la survenue de lésions de la substance blanche et la plongée, notamment chez les professionnels, qui sont soumis à des plongées nombreuses et profondes, la présence d’un FOP ne les favorise au plus que de façon marginale.

Faut-il dépister le FOP chez les plongeurs ?

Le problème se pose différemment chez les plongeurs professionnels ou amateurs et asymptomatiques ou dans les suites d’un ADD.

Chez le plongeur asymptomatique, la recherche systématique d’un FOP pourrait être discutée chez certains plongeurs professionnels ; toutefois, l’EDTC (European Diving Technology Committee — www.edtc.org/EDTC-Fitnesstodivestandard-2003.pdf) et l’ECHM (European Committee for Hyperbaric Medicine) ne recommandent pas le dépistage systématique chez les plongeurs professionnels. Ces conclusions ont été confirmées par la sixième Conférence de consensus de l’ECHM [20]. Chez les plongeurs de loisir, ce dépistage n’est donc pas non plus recommandé.

En revanche, au décours d’un ADD pouvant être attribuable au FOP (neurologique, cochléovestibulaire ou cutané), cette recherche est justifiée tant chez les professionnels que chez les amateurs.

Si l’on détecte un FOP chez un plongeur ayant fait un ADD, l’arrêt définitif de cette activité est recommandé. Toutefois, l’EDTC et l’ECHM recommandent de réévaluer le risque global en fonction des circonstances de l’accident. Si celui-ci est lié à une procédure de décompression hors norme ou à des problèmes techniques, l’aptitude peut être discutée après avis spécialisé en médecine hyperbare.

Chez les plongeurs de loisir, la FFESSM a modifié récemment les recommandations concernant le FOP, y compris après survenue d’un ADD, ce qui constituait jusqu’à récemment une contre-indication formelle et définitive à la reprise de la plongée (tableau 2) (http://medicale.ffessm.fr/shunt.htm), permettant une évaluation par un médecin spécialisé, après information du plongeur sur les risques de la poursuite de l’activité. On tiendra alors compte, d’une part, des circonstances de l’accident et notamment de l’existence d’erreurs dans les procédures de décompression pouvant avoir favorisé l’ADD, réduisant donc potentiellement l’implication du FOP et, d’autre part, de la gravité de l’accident et des séquelles éventuelles.

En cas de découverte fortuite, ou souhaitée par un plongeur n’ayant pas d’antécédent d’ADD, il doit être informé du risque, et s’il persiste à vouloir plonger, des recommandations lui seront remises (tableau 3). On peut ajouter à ces recommandations l’utilisation d’un mélange suroxygéné (nitrox) qui contient donc un moindre pourcentage d’azote, réduisant ainsi la saturation [21].

Tableau 2 Recommandations fédérales françaisesPrésence de shunt D-G : conséquences pour le plongeurEn cas d’accidents de décompression — http://medicale.ffessm.fr/shunt.htm (FFESSM)

Accident neurologique cérébral

L’appréciation de la nécessité d’une contre-indication est laissée à un médecin spécialisé

Accident cochléovestibulaire

L’appréciation de la nécessité d’une contre-indication est laissée à un médecin spécialisé

Accident neurologique mixte cérébromédullaire

L’appréciation de la nécessité d’une contre-indication est laissée à un médecin

Accident de diagnostic topographique incertain mais présentant une symptomatologie objective

En raison de l’absence de données suffisantes, des études complémentaires sont nécessaires ; dans l’attente des résultats de ces études, l’appréciation de la nécessité d’une contre-indication est laissée à un médecin spécialisé (Annexe 1 du règlement intérieur)



Tableau 3 Recommandations de la FFESSM en cas de FOP (http://medicale.ffessm.fr/shunt.htm)

Réduire la production de bulles circulantes

Ne pas réaliser de plongées nécessitant des paliers ; plonger uniquement dans la courbe de sécurité

Ne pas réaliser de plongées successives

Ne pas plonger au-delà de 30 mètres

Éviter les efforts en plongée

Éviter les efforts musculaires pendant les trois heures suivant l’émersion

Ne pas réaliser de plongées ludion

Réaliser une remontée lente (proche de 10 m/min)

Privilégier la plongée au nitrox

Ne pas modifier la pression intrathoracique

Ne pas réaliser de Valsalva intempestif ou forcé

Ne pas pratiquer d’apnées après une plongée scaphandre au cours de la même journée

Éviter les efforts en isométrie à glotte fermée (remontée du mouillage, portages intempestifs, remontée à bord avec le bloc sur le dos, efforts de toux, etc.)

Éviter la plongée en cas de mal de mer avec vomissements

Contrôler les facteurs de risque

Ne pas plonger fatigué, stressé, etc.

Avoir une bonne condition physique

Avoir un entraînement progressif et régulier

Se méfier de la surcharge pondérale

Être encore plus vigilant au-delà de 40 ans

Fermeture du FOP

La fermeture du FOP par voie percutanée est une technique pratiquée depuis une vingtaine d’années, avec d’excellents résultats [22]. Cette technique nécessite un abord veineux fémoral et s’apparente à la fermeture des CIA. Différentes prothèses sont utilisées, mais aucune étude n’a comparé leurs mérites relatifs, et une fermeture par radiofréquence, donc sans implantation de matériel, a été pratiquée avec un certain succès [23]. L’efficacité de la fermeture est bonne, avec toutefois des shunts résiduels dans 15 à 20 % des cas, ce qui nécessite donc des bilans échographiques de contraste aux troisième et sixième mois. Les complications comprennent les hématomes au point de ponction, des complications thromboemboliques qui sont prévenues par héparine en cours de procédure et par un traitement antiagrégant plaquettaire pendant trois à six mois ; les migrations de prothèse sont très rares, de même que les embolies gazeuses coronaires et les perforations cardiaques. Une prophylaxie de l’endocardite est recommandée pendant six mois.

Les résultats n’ont pas été évalués à ce jour dans une population de plongeurs en dehors de la courte série de Walsh et al. [24] portant sur seulement sept plongeurs (trois professionnels et quatre amateurs) qui ont pu reprendre la plongée, mais leur suivi ne dépassait pas un an.

Les indications ne sont pas définies dans le domaine de la plongée sous-marine. En effet, le risque d’ADD est faible, et les mesures préventives (cf. supra) sont peut-être aussi efficaces. Toutefois, cette fermeture peut être discutée dans les suites d’ADD chez des plongeurs professionnels, des moniteurs de plongée amenés à faire des plongées fréquentes à risque et ne pouvant ou ne souhaitant pas interrompre leur activité.

Conclusion

Le foramen ovale constitue un facteur de risque d’ADD, notamment de type neurologique ou cochléovestibulaire. Toutefois, s’il augmente d’un facteur 4 à 6 le risque relatif, le risque absolu reste très faible. Une étude prospective est nécessaire pour en préciser le degré, et une évaluation est en cours au sein du Divers Alert Network (DAN — www.Daneurope.org). Devant un accident de ce type associé à un FOP, la conduite à tenir est encore discutée et sujette à évoluer. Il faut prendre en compte les autres paramètres de la plongée responsable et le cadre professionnel ou amateur. La décision sera guidée par l’évaluation individuelle du risque et les souhaits du plongeur. Les différentes procédures de réduction du risque ou de fermeture du FOP restent à évaluer.

Références

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4 Boussuges A, Blatteau JE, Carturan D, Gardette B. La détection des bulles circulantes. In : Broussolle B, Méliet JL, Coulange M, eds. Physiologie et médecine de la plongée. Paris : Ellipses, 2006.

5 Blatteau JE, Guigues JM, Hugon M, Galland FM. Bilan de 12 années d’utilisation de la table de décompression MN 90 par la marine française : analyse rétrospective de 61 accidents de désaturation. Bull Medsubhyp 2005 ; 15 (Suppl.) : 77-84.

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13 Wilmshurst PT, Pearson MJ, Walsh KP, Morrison WL, Bryson P. Relationship between right-to-left shunts and cutaneous decompression illness. Clin Sci (Lond) 2001 ; 100 : 539-42.

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22 Juliard JM. Fermeture percutanée des foramens ovales perméables. Septum interauriculaire normal et pathologique. Gradignan : Éditions FM, 2009.

23 Sievert H, Ruygrok P, Salkeld M, et al. Transcatheter closure of patent foramen ovale with radiofrequency: acute and intermediate term results in 144 patients. Catheter Cardiovasc Interv 2009 ; 73 : 368-73.

24 Walsh KP, Wilmshurst PT, Morrison WL. Transcatheter closure of patent foramen ovale using the Amplatzer Septal Occluder® to prevent recurrence of neurological decompression illness in divers. Heart (Br Cardiac Soc) 1999 ; 81 : 257-61.


 

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