ARTICLE
Auteur(s) : C. LEGAT1, S. LIMAT1*,
J. COUTET1, F. D'ATTOMA2, M.
JACQUET1, M.-C. WORONOFF-LEMSI1
1 Pharmacie centrale,
2 Direction des finances, CHU de Besançon, Boulevard
Fleming, 25030 Besançon
Le concept d'unité centralisée de reconstitution (UCR) des
médicaments anticancéreux est en constant développement dans les
centres hospitaliers. Il satisfait à des objectifs de qualité et de
sécurité (circulaire du 26 mars 1998) [4].
La qualité chimique et bactériologique des préparations est
améliorée par la manipulation en atmosphère stérile et la
standardisation des pratiques [7, 17]. La sécurité du personnel est
assurée en limitant les risques d'inhalation et de contact direct
avec les médicaments et en maîtrisant les déchets [8, 13, 16].
L'intérêt économique de la centralisation des préparations des
cytostatiques a été démontré par plusieurs études françaises [1, 3,
6, 9, 10, 12, 14, 15]. La réduction des coûts de traitement variait
de 3,5 % [14] à 46,7 % [3]. Cependant, la méthodologie
des analyses était très hétérogène, notamment pour l'évaluation
économique. D'une part, la durée des études était limitée, et
l'extrapolation des résultats a souvent été réalisée à partir d'un
faible nombre de préparations. D'autre part, l'impact économique
est, à l'évidence, dépendant de l'activité de chimiothérapie
(nombre de préparations et recrutement) et du type d'équipement
utilisé pour la préparation (isolateur ou hotte à flux d'air
laminaire). Il est donc variable en fonction de la structure
hospitalière.
L'objectif de cette étude est d'estimer l'impact économique de la
centralisation des préparations en isotechnie, dans un centre
référent régional en cancérologie, et d'en évaluer les principaux
paramètres.
Matériel et méthodes
Contexte de l'analyse
Activité de chimiothérapie
L'étude est réalisée au centre hospitalier universitaire de
Besançon, reconnu comme centre référent régional en cancérologie
dans le schéma régional d'organisation sanitaire (SROS) [4].
Différentes activités de cancérologie y sont regroupées :
radiothérapie, oncologie médicale, pneumologie, hématologie (dont
un secteur d'auto- et allogreffes) et onco-hématologie pédiatrique.
L'UCR existe depuis mars 1997. Elle repose sur un système
d'isotechnie de type modulaire (microflow). Depuis fin 1999,
la totalité des chimiothérapies (anticancéreux et traitements
adjuvants) est préparée à l'UCR. L'activité est d'environ
25 000 préparations par an. Deux tiers de ces
préparations sont administrés en hôpital de jour, avec un délai
médian de fabrication d'environ 30 minutes. Le circuit des
chimiothérapies est totalement informatisé, de la prescription au
bureau médical à l'édition des fiches de fabrication à l'UCR. Un
pharmacien, un interne, quatre préparateurs et deux agents de
service hospitalier sont affectés à cette activité. Les
préparations sont réalisées au jour le jour, y compris le week-end
et les jours fériés (astreinte opérationnelle).
Pratiques pharmaceutiques
Sur la période étudiée (année 2000), quarante-quatre
médicaments, hors essais thérapeutiques, sont référencés. Le
système d'isotechnie modulaire permet d'utiliser les
conditionnements les plus importants (par exemple : flacons de
5-FU à 5 g), à l'exception des médicaments à stabilité courte
pour lesquels plusieurs conditionnements sont utilisés (par
exemple : docétaxel 20 mg et 80 mg). La présence de
réfrigérateurs à l'intérieur des isolateurs permet le cas échéant
de conserver et de ré-utiliser ces produits dans la limite de leur
stabilité, après une première utilisation ou après reconstitution
pour les lyophilisats. Les stabilités sont déterminées sur la base
des données de la littérature. En cas d'incident sur un isolateur,
pouvant être à l'origine d'une contamination potentielle, les
flacons entamés sont détruits.
Analyse économique
Évaluation des quantités en principes actifs inhérentes à deux
modes d'organisation
L'analyse principale compare le coût réel en principes actifs
des préparations réalisées à l'UCR aux coûts théoriques des mêmes
préparations réalisées dans les unités de soins. Elle porte sur
l'ensemble des préparations réalisées pendant l'année 2000, à
l'exclusion des médicaments en essais thérapeutiques. Les données
initiales sont extraites du logiciel de prescription et de
préparation des chimiothérapies du CHU de Besançon (CHIMIO).
Système centralisé
Sur la période étudiée, les quantités en PA observées en UCR
incluent :
– la dose exacte préparée (mg, UI) ;
– les pertes inhérentes au fonctionnement de l'UCR, estimées sur
l'année et pour chaque spécialité grâce au système de gestion
économique et financière (GEF) ;
– les préparations déclarées non conformes (NC) et détruites
[11] ;
– les préparations non administrées (NA) au patient et détruites
[5]. Dans notre centre, une préparation non administrée ne peut
être utilisée que pour le même patient, si sa stabilité le permet,
et si la dose prescrite n'a pas été modifiée.
Système décentralisé
Les quantités correspondantes en organisation décentralisée,
dans les services de soins, sont modélisées selon deux
approches.
Estimation maximale
Chaque préparation est réalisée en tenant compte des différents
conditionnements du médicament disponibles sur le marché.
L'estimation est réalisée « au flacon près » par
préparation, en considérant que le reste du flacon non utilisé est
jeté après chaque préparation. Cette première hypothèse correspond
à des préparations réalisées sur paillasse dans les unités de
soins.
Estimation minimale
Chaque préparation est réalisée en tenant compte des différents
conditionnements du médicament disponibles sur le marché. En
intégrant la stabilité du produit, l'estimation est réalisée
« au flacon près » par journée pour l'ensemble des
préparations comportant le même médicament dans un même service.
Cette seconde hypothèse correspond à des préparations réalisées
sous hotte à flux laminaire dans les unités de soins.
Valorisation
La valorisation est réalisée sur la base des prix obtenus au CHU
de Besançon, dans le cadre des procédures d'appels d'offres et
marchés négociés, pour l'année 2000.
Elle porte uniquement sur les médicaments anticancéreux. Elle
exclut ainsi les solvants, diluants et dispositifs médicaux
stériles, sur l'hypothèse qu'ils ne varient pas quels que soient le
lieu et le type de préparation. De même, les frais de structure et
de personnel ne sont pas pris en compte dans l'analyse
primaire.
Analyse de sensibilité
Une analyse de sensibilité fait varier différents paramètres de
l'étude. Elle permet de tester la robustesse et d'évaluer la
généralisation des résultats obtenus.
Différentes analyses sont réalisées en :
– utilisant les tarifs 2002 ;
– appliquant une diminution de 30 % aux prix des spécialités
onéreuses en cancérologie (pour anticiper la mise à disposition
potentielle de génériques dans le futur) ;
– appliquant une variation de ± 20 % aux prix des
spécialités pouvant être mise en concurrence, afin d'intégrer la
variabilité liée à l'hétérogénéité des établissements.
Une dernière analyse exclut les pertes recensées au sein de l'UCR,
en estimant qu'elles peuvent être équivalentes quel que soit le
lieu de fabrication.
Estimation du coût d'une préparation en système
centralisé
En parallèle à l'analyse principale, le coût de préparation,
hors principe actif, est estimé en collaboration avec la direction
des finances du CHU de Besançon, sur la base de la comptabilité
analytique (année 2000) de l'établissement. Cette estimation
intègre :
– les dépenses en personnel (calculées sur la base d'indices
moyens) ;
– les dépenses médicales (solutés de perfusions, dispositifs
médicaux incluant les perfuseurs, matériels et fournitures
médicales inhérents à l'installation, maintenance des
appareils) ;
– les dépenses hôtelières, incluant les fournitures non médicales
inhérentes à l'installation, l'entretien et les interventions
opérées sur les appareils ;
– l'amortissement (installation acquise en 1996 et complétée d'un
isolateur en 1999).
Résultats
Préparations
Sur l'année 2000, 22 809 préparations (hors essais
thérapeutiques) sont incluses. Sur la même période, les taux de
préparations non conformes et non administrées s'élèvent
respectivement à 0,37 % et 1,30 %.
Évaluation économique
L'évaluation globale des coûts de préparation est présentée dans
le tableau I. L'impact économique de la
centralisation est estimé à 5,6 et 8,1 %, selon l'hypothèse
retenue.
Tableau I. Évaluation globale des
coûts en principes actifs.
| Coûts (euros) |
| Système
centralisé [A] |
1 791 717 |
| Coût
fabrication UCR |
1 770 781 |
| Coût
pertes (pertes en fabrication, NC, NA) |
20 936 |
| Système
décentralisé |
|
| Estimation
minimale [B] |
1 897 828 |
| Estimation
maximale [C] |
1 949 663 |
| Impact
de la centralisation |
|
| Minimal
[A-B] |
106 110 (5,59 %) |
| Maximal
[A-C] |
157 945 (8,10 %) |
Le tableau II représente les
résultats obtenus sur 18 spécialités onéreuses en
cancérologie, telles que définies par la mission PMSI de la
direction de l'hospitalisation et de l'organisation des soins en
2001. Le coût de ces spécialités (36 % des molécules étudiées)
représente 83 % du coût total observé, quel que soit le mode
de calcul. De même, l'impact inhérent à la centralisation de ces
molécules représente entre 81 et 83 % de l'impact économique
total.
Tableau II. Impact économique
restreint aux spécialités onéreuses.
| Coût UCR (euros) |
Estimation minimale (euros) |
Estimation maximale (euros) |
Impact économique minimal (euros) (%) |
Impact économique maximal (euros) (%) |
|
Carboplatine |
123 929 |
129 806 |
135 558 |
5 877
(3 %) |
11 628
(7 %) |
|
Docétaxel |
309 899 |
321 637 |
328 512 |
11 738
(4 %) |
18 613
(6 %) |
|
Éloxatine |
106 287 |
118 173 |
124 806 |
11 886
(10 %) |
18 519
(15 %) |
|
Épirubicine |
160 488 |
161 568 |
164 134 |
1 080
(0,7 %) |
3 646
(2 %) |
|
Fludarabine |
39 444 |
45 277 |
48 076 |
5 833
(13 %) |
8 632
(18 %) |
|
Fotémustine |
19 117 |
24 581 |
24 581 |
5 464
(22 %) |
5 464
(22 %) |
|
Gemcitabine |
174 571 |
179 596 |
182 207 |
5 025
(2,8 %) |
7 636
(4 %) |
|
Idarubicine |
49 301 |
54 454 |
55 129 |
5 153
(9 %) |
5 828
(11 %) |
|
Irinotécan |
86 698 |
91 394 |
92 179 |
1 696
(2 %) |
2 481
(3 %) |
|
Leustatine |
22 571 |
27 767 |
31 734 |
5 196
(19 %) |
9 163
(29 %) |
|
Mitoxantrone |
75 403 |
84 497 |
85 577 |
9 094
(11 %) |
10 175
(12 %) |
|
Paclitaxel |
182 855 |
182 903 |
183 122 |
49
(0 %) |
267
(0,1 %) |
|
Pentostatine |
36 946 |
46 740 |
48 864 |
9 794
(21 %) |
11 919
(24 %) |
|
Raltitrexed |
14 451 |
16 072 |
16 072 |
1 621
(10 %) |
1 621
(10 %) |
|
Topotécan |
4 892 |
10 518 |
10 518 |
5 626
(53 %) |
5 626
(53 %) |
|
Vinorelbine |
77 368 |
80 655 |
84 141 |
3 287
(4 %) |
6 672
(8 %) |
|
Total |
1 487 219 |
1 575 350 |
1 615 211 |
88 130
(6 %) |
127 991
(8 %) |
|
Pourcentage/ total des spécialités |
83 % |
83 % |
83 % |
|
|
Analyse de sensibilité
Les résultats sont présentés dans le tableau III. L'impact économique de la
centralisation se situe entre 5,5 % et 9,2 %. Il est
globalement peu sensible aux variations tarifaires envisagées.
L'hypothèse reposant sur l'absence de préparations détruites en
système décentralisé apparaît relativement conservatrice.
Tableau III. Analyse de
sensibilité (en euros).
| Tarifs
2002 |
Tarifs
– 30 % |
Tarifs
+ 20 % |
Tarifs
– 20 % |
Analyse
sans perte UCR |
| Coût global |
|
|
|
|
|
| UCR |
1 721 257 |
1 382 731 |
1 841 565 |
1 741 871 |
1 770 781 |
| coût
UCR |
1 702 386 |
1 365 738 |
1 819 792 |
1 721 770 |
1 770 781 |
| coût
pertes |
18 871 |
16 993 |
21 773 |
20 101 |
0 |
| Coût service
minimal |
1 825 753 |
1 464 169 |
1 949 115 |
1 846 541 |
1 897 828 |
| Coût service
maximal |
1 873 982 |
1 505 579 |
2 002 836 |
1 900 687 |
1 949 663 |
| Impact minimum |
104 496
(5,72 %) |
81 439
(5,56 %) |
107 550
(5,52 %) |
104 670
(5,67 %) |
127 047
(6,69 %) |
| Impact maximum |
152 725
(8,15 %) |
122 848
(8,16 %) |
161 270
(8,05 %) |
154 242
(8,13 %) |
178 882
(9,17 %) |
Coût moyen de préparation
Il est estimé à 19,27 euros par préparation, hors principe
actif (tableau IV). Il est lié, en
grande partie (63 %), à des dépenses en personnel.
Tableau IV. Estimation du coût
moyen d'une préparation, hors principe actif (en euros).
| Coût moyen/préparation |
Pourcentage |
| Personnel |
12,24 |
63,6 |
| Médicales |
4,91 |
25,4 |
| Hôtelières |
1,79 |
9,3 |
| Amortissements |
0,33 |
1,7 |
| Total |
19,27 |
|
Discussion
L'intérêt économique de la centralisation des préparations des
médicaments anticancéreux a été démontré [1-3, 6, 10, 12, 14, 15].
La mise en place d'une UCR apparaît comme un moyen d'optimiser les
coûts de traitements en cancérologie. Cependant, les données
disponibles reposent sur des méthodologies différentes. Certaines
études ne prennent en compte que les médicaments, alors que
d'autres incluent également les consommables, les équipements et le
personnel. Ces études ont été réalisées dans des structures
différentes, allant d'un service unique de pneumologie [9] à un
centre de lutte contre le cancer [12]. Le nombre de préparations
analysées est très hétérogène, variant de 226 [14] à
12 683 [12]. C'est sans doute pourquoi l'impact
économique réel d'une centralisation est mal identifié, variant
d'un surcoût de 9 % [13] à une non-dépense de 47 %
[3].
Notre étude inclut 22 809 préparations, relatives à des
pathologies et thérapeutiques très diversifiées : l'ensemble
des tumeurs solides, les hémopathies malignes, l'intensification
thérapeutique et l'onco-hématologie pédiatrique. Selon les
hypothèses envisagées, la centralisation est à l'origine d'une
non-dépense de 5,6 % ou 8,1 %. Ces résultats sont très
robustes, se révélant insensibles aux variations opérées dans
l'analyse de sensibilité. En revanche, ces estimations sont
inférieures à la majorité des données publiées, la non-dépense se
situant souvent entre 10 et 15 % [9, 10, 12]. Cette différence
a sans doute une origine multi-factorielle : méthodologie
adoptée, contextes différents, évolution majeure des stratégies
thérapeutiques au cours de ces dix dernières années.
Dans notre étude, le coût des préparations en système centralisé
est évalué avec précision, reposant sur une notion de circuit
global du médicament et intégrant différents dysfonctionnements
(erreurs de préparation, pertes, non administrées) [5, 11]. Les
coûts théoriques des préparations dans les unités de soins sont
modélisés en envisageant deux organisations différentes. Néanmoins,
ces estimations restent conservatrices pour plusieurs raisons. Les
difficultés organisationnelles sont volontairement ignorées. À
l'hôpital et dans les unités de soins, la mise à disposition de
tous les dosages disponibles et leur utilisation optimale est
théorique et peu réaliste. Les dysfonctionnements (erreurs de
préparation, non administrées, péremption des médicaments…) sont
difficilement évaluables en système décentralisé, mais ils sont
sans doute non négligeables. À titre indicatif, en excluant les
pertes observées à l'UCR, l'impact économique global se situe alors
entre 6,7 % et 9,2 %. Les dispositifs médicaux stériles
nécessaires à la préparation et le traitement des déchets ne sont
pas pris en compte dans l'analyse. Une centralisation des
préparations doit, en théorie, influer positivement sur ces
consommations de ressources [9]. Enfin, la mise en place d'un
système centralisé permet généralement d'optimiser les pratiques
(protocoles, prescription, administration) et d'améliorer la prise
en charge du patient et son organisation, en particulier avec une
meilleure définition des rôles et responsabilités au sein de
l'hôpital. Tous ces différents éléments, non quantifiables,
soutiennent l'hypothèse que l'impact économique réel de la
centralisation est sous-estimé dans notre étude.
La non-dépense globale observée est principalement liée à la
préparation centralisée des médicaments onéreux (83 % du
total). Ces nouveaux médicaments sont principalement indiqués dans
des pathologies courantes (cancers du sein, bronchiques,
colorectaux, de l'ovaire), couramment prises en charge dans le
cadre d'une chimiothérapie de proximité. Ainsi, le volume de
préparations réalisées n'est pas le seul élément décisionnel à
intégrer dans une réflexion économique. Compte-tenu de l'évolution
actuelle des stratégies thérapeutiques, reposant sur un recours
exponentiel à des molécules innovantes et coûteuses, l'intérêt
économique d'une centralisation doit être envisagé dans le
développement de la chimiothérapie de proximité, y compris pour des
activités limitées. Cet argument s'ajoute évidemment aux autres
intérêts d'une centralisation, en termes de qualité et de
sécurité.
Nous avons volontairement limité l'analyse principale aux coûts
des médicaments anticancéreux, contrairement à d'autres études
publiées [9, 14]. L'intégration directe des coûts de
fonctionnement, et notamment des dépenses en personnel, nous paraît
en effet peu légitime. D'une part, le personnel mobilisé dans une
UCR se substitue à du temps infirmier important, très dispersé,
difficilement évaluable, et directement redéployé vers la prise en
charge du patient. Ce constat est fondamental dans un contexte
d'aménagement du temps de travail et de pénurie de recrutement de
personnels soignants. D'autre part, le personnel d'une UCR se
consacre également à des tâches inexistantes en système
décentralisé (analyse pharmaceutique de la prescription,
standardisation des pratiques, contrôle qualité), qui contribuent à
optimiser le circuit du médicament et à améliorer la qualité de
prise en charge du patient. La même logique peut être appliquée aux
dépenses inhérentes à l'installation (matériel, consommables,
maintenance, amortissements…), directement reliées à une
amélioration de la qualité et de la sécurité des personnels. Dans
notre étude, les coûts de fonctionnement, hors personnel de l'UCR,
peuvent être estimés pour l'année à environ
160 000 euros, incluant des dépenses imputées aux
services en système décentralisé (dispositifs médicaux, solutés).
Ils sont ainsi très voisins des coûts en principes actifs évités
par la centralisation. Avec une approche globale, la centralisation
doit se concevoir comme une activité qui permet une meilleure
répartition des charges et responsabilités, et qui offre une source
d'autofinancement (partiel ou total) de l'amélioration de la
qualité.
Conclusion
Notre étude confirme l'intérêt économique de la centralisation
de la préparation des médicaments anticancéreux. Les résultats
obtenus sont a priori exploitables dans différents
contextes. Ils peuvent ainsi s'inscrire dans une logique d'aide à
la décision auprès des différents acteurs (médecins, pharmaciens,
directeurs, tutelles), à l'heure de l'accréditation, des contrats
d'objectifs et de moyens (COM) et de la mise en application du plan
cancer. La diminution des pertes reste le principal axe
d'optimisation en système centralisé. Elle passe par la maîtrise du
processus (limiter les non conformités), par une interface optimale
et réactive avec les unités de soins (limiter les préparations non
administrées) [5, 11]. Le regroupement de patients, bien que
difficile à mettre en pratique, peut être envisagé dans certains
contextes ou pour les médicaments très innovants. n
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