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Traitement médical des tumeurs stromales gastro-intestinales localisées et avancées : standards thérapeutiques en 2006


Bulletin du Cancer. Volume 93, 173-80, Numéro hors-série, Avril 2006, Synthèse


Résumé   Summary  

Auteur(s) : Jérôme Fayette, Pierre Méeus, Isabelle Ray-Coquard, Dominique Ranchère, Philippe Thiesse, Anne-Valérie Decouvelaere, Marie-Pierre Sunyach, François Mithieux, Séverine Tabone-Eglinger, Sylvie Bonvalot, Jean-Yves Scoazec, Pierre Paul Bringuier, Jean-Michel Coindre, Binh Bui, Axel Le Cesne, Jean-Yves Blay , Hôpital Edouard-Herriot, Unité d’oncologie médicale et Département d’anatomopathologie, Lyon, Centre Léon-Bérard et Inserm U590, Gresac (LASS-CNRS FRE 2747), 28 rue Laennec, 69008 Lyon, Institut Gustave-Roussy, Villejuif, Institut Bergonié, Bordeaux.

Résumé : Les GIST sont les sarcomes digestifs les plus fréquents. Leur pronostic était redoutable avant la découverte de l’imatinib, traitement ciblé inhibant l’oncogène activé responsable des premières étapes de l’induction tumorale, qui a complètement révolutionné leur prise en charge. Le traitement standard des GIST localisées reste chirurgical \; en cas de maladie localement avancée ou métastatique, le traitement de première intention est l’imatinib à la dose de 400 mg/j poursuivi jusqu’à progression. Les résistances secondaires apparaissent et la médiane de survie sans progression sous imatinib est de 24 mois. Ces résistances secondaires sont liées pour moitié à l’apparition de mutations secondaires dans les gènes KIT ou PDGFRα. En cas de progression sous imatinib, une augmentation de la dose à 800 mg/j apporte un bénéfice dans un nombre important de cas. Après échec à forte dose d’imatinib, d’autres inhibiteurs de tyrosine kinase, tels que le sunitinib, sont en cours de développement.

Mots-clés : sarcome, GIST, imatinib, inhibiteur de tyrosine-kinase

Illustrations

ARTICLE

Auteur(s) : Jérôme Fayette1,2, Pierre Méeus2, Isabelle Ray-Coquard2,3, Dominique Ranchère2, Philippe Thiesse2, Anne-Valérie Decouvelaere2, Marie-Pierre Sunyach2, François Mithieux2, Séverine Tabone-Eglinger2, Sylvie Bonvalot4, Jean-Yves Scoazec1, Pierre Paul Bringuier1, Jean-Michel Coindre5, Binh Bui5, Axel Le Cesne4, Jean-Yves Blay1,2

1Hôpital Edouard-Herriot, Unité d’oncologie médicale et Département d’anatomopathologie, Lyon
2Centre Léon-Bérard et Inserm U590
3Gresac (LASS-CNRS FRE 2747), 28 rue Laennec, 69008 Lyon
4Institut Gustave-Roussy, Villejuif
5Institut Bergonié, Bordeaux

Les tumeurs stromales gastro-intestinales (GIST), qui touchent majoritairement des adultes âgés de 50 à 70 ans, ont une incidence estimée à 14 cas par million d’habitants [1]. Les données disponibles suggèrent que leur oncogenèse est induite dans la majorité des cas par une seule anomalie génique activatrice portant sur le gène KIT (récepteur du facteur de croissance des cellules souches SCF), un récepteur membranaire à tyrosine kinase. Cette anomalie consiste en une délétion ou une mutation, générant une protéine constitutivement activée capable de transmettre le signal intracellulaire. Un nombre plus restreint de GIST comporte une anomalie non sur KIT, mais sur PDGFRα (récepteur alpha du facteur de croissance plaquettaire) dont la protéine est également constitutivement activée.L’imatinib est un inhibiteur spécifique de KIT et PDGFRα qui a transformé la prise en charge thérapeutique de cette affection depuis 2000. Cette revue présente les nouveaux standards du traitement médical des GIST en 2006.

L’imatinib

Comme pour toute tumeur cancéreuse, la prise en charge d’une tumeur suspecte de correspondre à un GIST nécessite une biopsie, puis un bilan d’extension mettant en évidence le caractère avancé ou métastatique du GIST. Actuellement, est recommandée la réalisation d’un scanner thoraco-abdomino-pelvien. La majorité des métastases se développent dans le foie ou la cavité péritonéale. La scintigraphie au 18FDG peut se discuter pour des lésions suspectes de métastase au scanner (sachant qu’il existe environ 15 % de faux négatifs). Aujourd’hui, en dehors d’essais thérapeutiques, seul l’imatinib dispose d’une autorisation de mise sur le marché pour le traitement des GIST métastatiques. Le traitement débute à la dose quotidienne de 400 mg/j dès la confirmation diagnostique.

En situation avancée, l’imatinib a transformé le pronostic de ces tumeurs reconnues insensibles aux cytotoxiques des chimiothérapies conventionnelles (doxorubicine, ifosfamide…) : la survie globale médiane des patients en phase avancée est passée de 9 mois environ à plus de 36 mois. La première publication [2], qui portait sur 173 patients, démontrait un taux de réponses objectives (RO) globales de 53,7 % [IC 95 % = 45,3-62] sans réponse complète et un taux de stabilisation de 27,9% [IC 95 % = 20,8-35,9].

Dans tous les cas, on observe, lors du suivi en imagerie, une modification complète de l’aspect des lésions qui ne prennent plus le contraste et apparaissent complètement hypodenses comme on le verra plus loin. Des échecs primaires (définis comme une progression dans les 3 mois) sont observés chez 10 % des patients environ ; globalement, 90 % des GIST vont bénéficier d’un contrôle tumoral au moins transitoire par imatinib (RO + SD). Le développement de résistances secondaires est cependant fréquent. La médiane de survie sans progression (PFS) est estimée à 24 mois dans la plupart des études [2-4]. Ces patients, ainsi que ceux qui finissent par développer une résistance à l’imatinib, ont la possibilité de recevoir d’autres inhibiteurs de tyrosine-kinase qui ont également une grande efficacité. L’imatinib peut être efficace dans les GIST qui n’expriment pas le CD117 en immuno-histochimie ; ces tumeurs sont généralement pourvues de mutations des récepteurs KIT ou PDGFRα identifiables en biologique moléculaire [5].

Effets secondaires

Les effets secondaires de l’imatinib sont modérés le plus souvent jusqu’à des doses quotidiennes de 800 mg/j. Les plus fréquents (plus de 10 % des cas, tous grades confondus) sont des œdèmes (74,1 %), surtout péri-orbitaire (47,6 %), des nausées (52,4 %, surtout lors de l’ingestion du médicament), des diarrhées (44,9 %), des crampes musculaires (39,5 %), une asthénie (34,7 %), des éruptions cutanées (30,6 %), des céphalées (25,9 %), des douleurs abdominales (25,9 %), des flatulences (21,8 %), des vomissements (12,9 %), des hémorragies (12,2 %) et une dyspepsie (10,9 %) [2]. La plupart de ces effets sont faibles à modérés. Aux doses de 400 à 600 mg/j, les toxicités de grades 3-4 surviennent dans 20 à 30 % des cas. Ils s’améliorent généralement à l’arrêt du traitement ou à la diminution de dose. Ils sont contrôlés par les diurétiques, les anti-émétiques simples comme les dérivés des neuroleptiques (nausées) ou bien en répartissant la dose quotidienne en deux prises. Finalement, la complication la plus dangereuse est liée à l’efficacité du médicament, qui peut entraîner sur des lésions volumineuses une hémorragie après fonte tumorale rapide, pouvant menacer le pronostic vital. Il s’agit cependant d’une complication rare désormais (< 1 %). Ainsi, avant de commencer le traitement, une concertation avec les chirurgiens sera nécessaire pour évaluer le risque d’hémorragie d’une volumineuse lésion et prévoir une exérèse à froid plutôt qu’en situation d’urgence lors d’une hémorragie aiguë et massive [6, 7]. Le métabolisme de l’imatinib implique le cytochrome p540 et, de ce fait, des interactions médicamenteuses sont à craindre. Finalement, on ne retiendra que le paracétamol et les antivitamines K comme associations déconseillées.

Suivi des patients traités

Le suivi des GIST traitées par imatinib nous conduit à revoir les critères traditionnels de réponse tels que ceux du Recist ou de l’OMS [8]. Les patients bénéficiant d’une réduction de la taille de leur tumeur ou d’une maladie stabilisée semblent avoir une survie identique [7, 9]. Même en l’absence de régression tumorale, certaines modifications tumorales sont visibles dès le premier mois au scanner. Les lésions qui étaient le plus souvent hypervasculaires et hétérogènes deviennent homogènes et hypodenses (( figure 1 )). On retrouve une corrélation anatomoradiologique puisque ces lésions correspondent soit à une nécrose tumorale, soit à des hémorragies, soit à une dégénérescence myxoïde [10]. On a vu qu’en cas d’efficacité de l’imatinib, la lésion tumorale peut rester de même dimension (28 % des cas) ou diminuer (54 %). Il existe cependant des cas où l’on peut assister à de fausses progressions avec une augmentation de la taille tumorale malgré une authentique réponse mise en évidence par une lésion hypodense (( figure 1 )), correspondant à une hémorragie intratumorale ou à une dégénérescence myxoïde [10]. Ce fait illustre clairement que les critères du Recist doivent être révisés pour l’évaluation des GIST sous imatinib, et probablement pour celle d’autres thérapeutiques ciblées.

Les bonnes réponses sont sous-évaluées ; en particulier les stabilisations, qui ne sont pas considérées comme des réponses objectives, se traduisent par un bénéfice en survie [9]. Le scanner est un outil facilement disponible et peu onéreux ; il doit donc être recommandé pour le suivi des patients sous imatinib. La scintigraphie au 18FDG a également montré sa très grande sensibilité. On observe une très nette diminution puis une diminution de la captation du glucose radioactif des 24 heures [11]. La réponse en scintigraphie au 18FDG a une valeur pronostique. En effet, dans une étude chez 17 patients, il a été réalisé une scintigraphie au 18FGD avant le traitement par imatinib et après 8 semaines [12]. La réponse scintigraphique était associée à une survie sans progression à 1 an de 92 % contre 12 % (p = 0,001) chez les patients non répondeurs. Il faut toutefois souligner qu’environ 20 % des GIST ne fixent pas le 18FDG avant tout traitement [10] et, dans ce cas, la scintigraphie ne permet pas de juger de l’efficacité du traitement. En routine, les conférences de consensus ont conclu que la réalisation d’une scintigraphie au 18FDG n’était pas recommandée, sauf pour éventuellement mettre en évidence une progression douteuse au scanner ou, après progression, pour prouver une efficacité précoce de l’augmentation de dose d’imatinib [10].

Pour suivre les GIST traitées par imatinib, l’équipe du MD Anderson propose d’étudier la taille et la densité des lésion au scanner : une étude sur 98 patients montre qu’une diminution de taille supérieure à 10 % ou une diminution de la densité supérieure à 15 % étaient plus prédictives de la survie sans progression que les critères du Recist [13].

Dose recommandée

La dose recommandée pour commencer le traitement est de 400 mg/j. Dans l’étude B2222, il n’a pas été démontré de différence significative en termes de taux de réponse entre les doses de 400 et de 600 mg/j [2]. Deux essais de phase III ont été menés comparant cette dose à une dose double de 400 mg x 2 par jour. Une étude américaine portant sur 746 patients n’a pas montré de différence en termes de survie globale (qui était l’objectif principal de l’étude) : la survie à 2 ans était de 78 % [IC 95 % = 73-82] dans le bras 400 mg/j versus 73 % [IC 95 % = 68-77] dans le bras 800 mg/j], mais le recul restait limité à la date de la présentation [4]. Il n’est pas observé non plus de différence statistiquement significative entre les deux bras pour la survie sans progression à 2 ans (objectif secondaire) : 50 % [IC 95 % = 45-55] dans le bras 400 mg/j versus 53 % [IC 95 % = 47-58] dans le bras 800 mg/j, p > 0,05. En revanche, l’étude STBSG62005 de l’EORTC, qui a randomisé 946patients, a montré une différence significative en termes de survie sans progression qui constituait, à la différence de l’étude américaine, le critère principal. La PFS à 2 ans était de 50 versus 56 % dans les bras 800 et 400 mg/j (HR = 0,82 ; IC 95 % = 0,69–0,98 [14]. Il n’a pas été démontré de différence significative pour la survie globale : 69 et 74 % dans les bras 400 et 800 mg/j.

En revanche, il existe clairement une différence de tolérance entre les deux bras, retrouvée dans les deux études. Pour l’étude européenne 62005 de l’EORTC, si globalement seuls 7 % des patients ont dû arrêter définitivement le traitement pour toxicité, 64 % ont dû l’interrompre temporairement dans le bras 800 mg/j contre 40 % dans le bras 400 mg/j (p < 0,0001) [14]. L’augmentation des effets secondaires avec l’augmentation de la dose d’imatinib est significative pour l’œdème, l’anémie, les rashs cutanés, la fatigue, les nausées, les hémorragies (p < 0,0001 pour chacun des items), la diarrhée (p = 0,0026) et la dyspnée (p = 0,036) [14]. Ainsi, dans la mesure où il n’y a aucune amélioration de la survie globale en doublant la dose pour une tolérance nettement inférieure, il est actuellement recommandé de commencer le traitement à la dose de 400 mg/j. Pour l’évaluation de la survie globale, le délai est court, mais il sera difficile d’obtenir une réponse dans la mesure où les patients qui progressent sous imatinib se voient proposer l’inclusion dans des protocoles thérapeutiques testant d’autres inhibiteurs de tyrosine kinase. Il est très important de noter que, dans ces deux études, les patients qui progressaient dans le bras 400 mg/j recevaient une dose quotidienne de 800 mg/j. Il est donc probable que l’augmentation de la dose rattrape des échecs à faible dose. Cette hypothèse se vérifie effectivement. Avec un recul suffisant, les doses des 133 patients de la même étude européenne qui étaient dans le bras 400 mg/j et qui progressaient ont donc été augmentées à 800 mg/j [15]. Après augmentation, le bénéfice clinique est de 29 % (2 % de réponses partielles et 27 % de stabilisations) et la médiane de survie sans progression est alors de 81 jours. On dénote 18,1 % de patients vivants sans progression 1 an après l’augmentation de dose. Actuellement, il est donc recommandé de commencer le traitement par imatinib à la dose de 400 mg/j et d’augmenter la dose à 800 mg/j en cas de progression. L’intérêt d’augmenter la dose à 600 versus 800 mg/j n’est pas établi et il n’y a pas aujourd’hui de réel consensus sur la question. Cette question est évaluée dans l’étude BFR14.

Durée du traitement

Dans la mesure où il n’est quasiment pas observé de réponse complète, il semble logique de poursuivre le traitement au long cours. Une étude de phase III du groupe Sarcome français a testé cependant la possibilité de stopper le traitement au bout d’un an [16]. En effet, malgré sa relative bonne tolérance, l’imatinib en traitement continu est parfois mal supporté par certains patients qui souhaitaient pouvoir le stopper. De plus, cette étude pouvait permettre de déterminer si une administration intermittente d’imatinib peut retarder l’émergence des résistances. Au bout d’un an de traitement, la moitié des 159 patients devaient être randomisés entre deux bras : arrêt ou poursuite du traitement. Une première analyse intermédiaire chez les 74 premiers candidats à la randomisation a montré un taux de 62 % de randomisation avec 23patients dans chaque bras. À 3 mois, 5 (21 %) des patients dans le bras arrêt avaient rechuté contre aucun dans le bras poursuite. Une réactualisation de cette étude montre, après 21 mois de suivi médian, que 21/32 (66 %) des patients du bras arrêt contre 4/26 (15 %) du bras poursuite avaient progressé [17]. La survie sans progression est statistiquement diminuée à 6 mois dans le bras arrêt (p < 0,0001). Cependant, la réintroduction de l’imatinib a été efficace puisqu’il n’y a pas de différence significative en termes de survie globale à 1 an (89 % dans le bras arrêt versus 87 % ; p = 0,46). Enfin, il n’a pas été observé non plus de différence significative en termes de qualité de vie entre les deux bras. À la faveur de ces résultats, l’étude a été amendée : le délai de la randomisation entre arrêt et poursuite de traitement a été porté à 3 ans.

Ainsi, aujourd’hui, en dehors d’essais cliniques, l’imatinib doit être poursuivi jusqu’à progression ou intolérance.

Facteurs prédictifs de réponse

À partir de l’essai 62005 de l’EORTC comparant les deux doses de 400 versus 800 mg/j, divers facteurs pronostiques cliniques et biologiques ont été recherchés : ressortent comme facteurs prédictifs indépendants d’une résistance initiale à l’imatinib les métastases pulmonaires, l’absence de métastase hépatique, un faible taux d’hémoglobine (< 11,27 g/dl) et un taux élevé de granulocytes (> 5.109/l) [18]. Pour les résistances secondaires, on retrouve le taux initial élevé de granulocytes, un site primitif non gastrique, une tumeur de grande dimension (> 12 cm) et une faible dose initiale d’imatinib. L’impact de la faible dose d’imatinib est retrouvé surtout pour les patients ayant un taux élevé de granulocytes et un site primitif non gastrique et en dehors de l’intestin grêle.

Il existe également des facteurs moléculaires. Les réponses à l’imatinib sont corrélées aux mutations des gènes KIT et PDGFRα. Rappelons que 88 % des GIST présentent une mutation de KIT, la plus fréquente étant une délétion dans l’exon 11. Parmi 127 patients de l’étude de phase II américaine, ceux ayant une mutation de l’exon 11 de KIT ont un taux de réponse de 83,5 % significativement plus important que celui des patients avec une mutation de l’exon 9 (47,8 % ; p = 0,0006) ou sans mutation de KIT ou de PDGFRα (0% ; p = 0,0001) [19]. Ces données se traduisent également par des différences en termes de survie sans événement et de survie globale. Les analyses mutationnelles de l’étude européenne confirment ces données : 83 % de réponses pour les patients avec une anomalie de l’exon 11 contre 23 % pour l’ensemble des autres mutations [20]. Dans l’étude de phase III américaine comparant les deux doses d’imatinib, une étude mutationnelle a été faite chez 384 patients. Les patients avec une mutation de l’exon 11 de KIT ont un meilleur taux de réponse (67 %) que ceux avec une mutation de l’exon 9 (40 %) ou que ceux sans mutation de KIT (39 % ; p = 0,0022) [21]. Ces différences se traduisent également en durée de réponse avec 576, 306 et 251 jours respectivement.

Des études in vitro montrent que des lignées cellulaires portant des mutations du PDGFRα sur les exons 12 et 14 sont sensibles à l’imatinib [22]. Pour l’exon 18, les choses sont beaucoup plus complexes : globalement, les mutations de cet exon sont sensibles à l’imatinib, sauf D842V, RD841-842KI et DI842-843IM qui sont résistantes. Ces données sont importantes dans la mesure où, dans une étude sur 289 patients avec un GIST muté pour PDGFRα, il a été retrouvé une mutation du codon D842V chez 181 patients (62,6 %). Ainsi, en pratique clinique, une mutation du PDGFRα est plus souvent prédictive d’une résistance à l’imatinib ; toutefois, les données seraient plus exactes en recherchant précisément le type d’anomalie moléculaire. Aujourd’hui, la recherche des mutations de KIT et de PDGFRα n’est pas réalisée en routine mais il est probable qu’elle deviendra systématique dans un avenir proche.

Développement de résistance secondaire

La durée médiane de réponse à l’imatinib est de 24 mois environ du fait de l’apparition de résistances secondaires. Les mécanismes de développement de cette résistance ont été étudiés. Le plus pertinent et le plus définitif est probablement l’acquisition de nouvelles mutations du gène KIT. Dans l’étude américaine qui a montré une différence en termes de taux de réponse en fonction des différentes mutations, sur les 127 patients étudiés, il n’existe pas plus d’une seule mutation activatrice de KIT [19]. Dans une étude chez 89 patients avec une GIST avancée et traitées par imatinib, sur les 48 qui ont progressé, 10 ont eu une biopsie avant le traitement et à la progression [23]. Avant traitement, 8 avaient une mutation dans l’exon 11 de KIT et 2 dans l’exon 13. À la progression, les tumeurs de 8 patients ont acquis de nouvelles mutations dans l’exon 17 ou l’exon 13. Une autre étude confirme ces données préliminaires [24]. Elle a porté sur 31 patients qui étaient traités par imatinib et qui ont subi ensuite une résection chirurgicale. Parmi eux, 13 étaient sensibles à l’imatinib, 3 présentaient une résistance primaire et 15 une résistance secondaire. Il n’a été retrouvé aucune mutation secondaire dans les gènes KIT ou PGFRα pour les tumeurs des groupes sensible ou résistant primaire. En revanche, dans le groupe résistance secondaire, 7 patients sur 15 (46 %) ont développé une mutation secondaire. Chacun de ces patients avait une mutation initiale dans l’exon 11. La majorité de ces mutations secondaires se développent aussi dans l’exon 17. Un seul patient a montré un autre type de mutation associée à la progression : une substitution dans l’exon 14 de KIT (T670I) modifie la poche de liaison à l’ATP où se fixe l’imatinib [25]. Ainsi le lien de l’imatinib sur sa cible est diminué, donc son efficacité. Une autre étude a inclus 12 patients sensibles à l’imatinib (7 avec une mutation de l’exon 11 et 5 avec une mutation de l’exon 9) dont 5 ont progressé par la suite [26]. L’analyse génétique a montré que les tumeurs progressives avaient toutes développé une mutation secondaire (substitution V654A) dans le premier domaine tyrosine-kinase de la protéine KIT. Une autre étude a recherché des mutations dans les régions codantes des domaines tyrosine kinase des gènes KIT et PDGFRα chez 26 GIST résistantes à l’imatinib. Il a été retrouvé des mutations secondaires de KIT dans 12 tumeurs (les substitutions V654A, T670I, D716N, D820E, N822K et D816G ; les 3 dernières mutations affectent la boucle d’activation du second domaine catalytique de KIT et activent la kinase) et dans PGFRα dans 1 tumeur (substitution D842V). Ces données suggèrent donc que le développement de la résistance à l’imatinib est en lien directement avec l’apparition de nouvelles mutations.

Cependant, d’autres mécanismes ont été décrits comme une amplification des gènes KIT et PDGFRα [27]. Cette même étude montre 2 patients résistants qui ont perdu l’expression de KIT, suggérant l’existence de mécanismes indépendants de KIT. Cela est renforcé par le fait qu’il existe malgré tout des résistances secondaires sans détection de nouvelles mutations. Il a été décrit en particulier une augmentation de la clairance de l’imatinib avec le temps (au-delà de 12 mois) [28]. Le déterminant n’est pas clair mais peut expliquer l’atténuation des effets secondaires dans le temps et la certaine efficacité de l’augmentation des doses d’imatinib lors de l’échappement de la tumeur.

La chirurgie

Les résultats spectaculaires de l’imatinib ont changé notre façon d’appréhender la chirurgie des GIST et, aujourd’hui, il n’est pas établi qu’il soit utile d’opérer les patients avec une GIST avancée ou métastatique en cas de réponse à l’imatinib qui rendrait les patients opérables. De fait, la chirurgie ne dispense pas de la poursuite de l’imatinib puisque 60 % des patients opérés qui l’avaient arrêté ont progressé à 6 mois contre 0 % en cas de reprise [29, 30]. Il s’agit en outre d’une situation rare : seuls 10 % des patients deviennent opérables [31]. Cependant, il existe des situations où une chirurgie est bénéfique.

La première situation est la prévention des complications attendues. On a vu que certaines complications de l’imatinib telles des hémorragies ou des perforations sur nécrose étaient à craindre chez des patients ayant de volumineuses masses tumorales. Lors de la complication, une chirurgie en urgence est alors nécessaire et elle n’est pas dénuée de morbidité. Il est donc préférable d’opérer rapidement de façon programmée des patients qui développent de grosses masses nécrotiques susceptibles de se rompre.

La deuxième indication théorique correspond à la mise en rémission complète de patients devenus opérables. En effet, compte tenu de l’apparition de résistances secondaires et de la grande rareté des réponses complètes, se discute, lors de la réponse maximale, l’exérèse des reliquats tumoraux. Des études sur 126 et 51 patients initialement non réséquables ont montré après traitement par imatinib un taux de réséquabilité de 10 à 20 % [32, 33]. Dans la quasi-totalité des cas, la chirurgie réalisée est R0. Il s’agit de l’exérèse de métastases hépatiques ou de nodules de sarcomatose péritonéale.

Une troisième indication théorique concerne les patients avec une progression localisée. On a vu que deux types d’échappement à l’imatinib sont possibles. Soit un échappement généralisé qui touche toutes les lésions de l’organisme, soit un échappement localisé avec l’apparition d’un clone résistant au sein d’une masse tumorale [23]. La lésion dans laquelle se développe ce nodule dans la masse peut être accessible à une chirurgie ou même à une radiofréquence [34]. Il est toutefois recommandé d’augmenter la dose d’imatinib après le développement d’une telle résistance pour éviter l’échappement au niveau des autres sites, le clone résistant étant supprimé.

Il n’est pas établi que la chirurgie est utile chez des patients traités pour une GIST avancée. Une étude récente a inclus 69 patients opérés pour diverses indications : tumeur non opérable d’emblée (localement évoluée ou métastatique) et en réponse maximale sous imatinib (23 patients), progression localisée sous imatinib (32 patients) ou progression généralisée sous imatinib (14 patients). Le recul médian de l’étude est de 14,6 mois. À l’issue du geste chirurgical, 39 % des patients ont eu une résection complète des lésions, 43 % ont un résidu minime et 17 % une chirurgie largement incomplète. Une chirurgie complète ou avec un résidu minime est réalisée chez 89 % des patients stables ou en progression localisée sous imatinib contre 57 % en cas de progression généralisée. Les patients avec chirurgie complète ou résidu minime ont une bien meilleure survie sans progression que les patients avec large résidu : 12 versus 3 mois (p = 0,007). Cette étude sans bras témoin ne démontre pas clairement l’utilité d’opérer les malades métastatiques [35]. L’analyse rétrospective de l’expérience de Varsovie et de Milan rapportée à l’Asco 2005 montre en réalité une survie équivalente entre le groupe des patients opérés en situation de contrôle tumoral et les patients non opérés ; elle démontre que la totalité des patients opérés en progression vont progresser secondairement. La place de la chirurgie n’est donc pas établie.

La situation reste cependant à évaluer en situation néoadjuvante lorsque l’objectif est de conserver la fonction ou l’organe, par exemple l’anus pour les tumeurs rectales basses. À quel moment faut-il opérer dans ce cas ? Dans les études de phase III, le délai moyen d’obtention d’une réponse partielle sur le scanner est de l’ordre de 4 mois et 80 % des réponses sont obtenues après 6 mois de traitement. Après 1 an de traitement, on observe environ 15 % de re-progressions annuelles et la médiane de survie sans progression est de 24 mois. La réponse maximale est atteinte entre 6 mois et 1 an et la chirurgie est donc à discuter après 6 mois de traitement dès qu’il n’y a plus d’amélioration entre deux scanners successifs. Cette stratégie associant traitement néoadjuvant à visée de résection conservatrice est cependant réservée à des équipes spécialisées.

Progression sous imatinib après augmentation de dose : nouveaux inhibiteurs de tyrosine kinase à l’essai

De nombreux inhibiteurs de tyrosine kinase sont en cours de développement.

Le SU11248 est un inhibiteur de tyrosine kinase par voie orale. Son spectre est large et il inhibe en particulier les VEGFR1 et 2 impliqués dans l’angiogenèse tumorale mais aussi KIT, PDGFRα, PDGFRβ et FLT3. Dans une première étude de phase I-II, 97 (92 présentés lors du congrès) patients sont résistants (88 patients) ou intolérants à l’imatinib (4 patients) [36]. Le schéma d’administration retenu a été 50 mg/j par voie orale en une prise pendant 4 semaines suivies de 2 semaines de repos. Les cycles étaient donc de 6 semaines. Les patients avaient souvent de nombreuses métastases. Le bénéfice clinique à 6 mois est de 66 % avec 8 % de réponses partielles et 58 % de stabilisations. Le temps médian à progression est de 34 semaines [IC 95 % = 3-94] et la médiane de survie globale n’était pas atteinte après 95 semaines. Les effets secondaires sont fréquents. Il s’agit principalement d’asthénie (74 % tous grades), de diarrhées (68 %), de nausées (54 %), de décoloration cutanée (40 %), d’hyperlipasémie (30 %), de rashs cutanés (30 %), de mucite (25 %), d’hypertension artérielle (22 %), ou d’anémie (21 %). Seuls deux effets secondaires donnent plus de 10 % de toxicité de grades 3-4 : l’hyperlipasémie (13 %) et l’hypertension artérielle (11 %). Chez les patients résistants, l’efficacité du SU11248 varie en fonction du profil moléculaire de la tumeur. Parmi les tumeurs très sensibles, celles qui présentent une mutation de l’exon 9 de KIT (15tumeurs), le bénéfice clinique à 6 mois est de 80 % ; en cas de mutation unique de PDGFRα (1 tumeur), il est de 100 % ; en l’absence de mutation sur KIT ou PDGFRα (9 tumeurs), il est de 56 % et, pour les 16 tumeurs présentant une mutation secondaire sur les exons 13 ou 14 de KIT, de 55 %. En revanche, pour les tumeurs moins sensibles, en cas de mutation de l’exon 11 de KIT (7 tumeurs), il est à 6 mois de 14 % et de 38 % en cas de mutation de l’exon 17 de KIT (8 tumeurs). Une actualisation de l’étude 1 an plus tard montre que 26patients sur les 97 sont toujours contrôlés par le SU11248 [37]. Devant la très grande efficacité du SU11248, une étude de phase III est en cours. Il s’agit d’une étude multicentrique, en double aveugle contre placebo. Le SU11248 est poursuivi jusqu’à progression ou intolérance et, en cas de progression, le double aveugle est levé et les patients du bras placebo se voient proposer le SU11248. Le schéma de l’étude précédente est adopté, ainsi qu’un schéma avec prise quotidienne de SU11248. Des résultats préliminaires sur les 312 premiers patients (207 sous SU11248 et 105 sous placebo) ont été publiés [38]. Avant cross-over, le temps à progression médian est de 6,3 mois dans le bras SU11248 [IC 95 % = 3,7-7,6] contre 1,5 mois dans le bras placebo [IC 95% =1-2,3], soit un HR de 0,335 (p < 0,00001). La médiane de survie globale est également statistiquement en faveur du bras SU11248 (de l’ordre de 8 mois pour le bras placebo contre non atteinte à 12 mois pour le bras SU11248) avec un HR de 0,491 (p = 0,00674). On retrouve les effets secondaires déjà décrits du SU11248. Devant ces très bons résultats, le SU11248 devrait prochainement obtenir une autorisation de mise sur le marché pour les patients en échec ou intolérants à l’imatinib.

D’autres inhibiteurs de tyrosine kinase sont en développement dans les GIST et montrent une certaine efficacité. Le BMS354825 est un inhibiteur à large spectre qui cible les kinases de la famille SRC mais aussi KIT, PDGFR, BCR-ABL. Il a été testé en phase I dans diverses tumeurs solides dont 9 GIST et montre des résultats intéressants dans les GIST avec, pour un patient, la disparition d’une ascite liée au GIST et, chez d’autres, la poursuite sans progression du traitement pendant plus de 3 mois [39].

Dans la cascade de transduction du signal intracellulaire, la protéine mTOR est un élément clé dans la mesure où elle se situe à un nœud de convergences de nombreuses voies de signalisation, en particulier celles de KIT mais aussi de divers autres récepteurs de tyrosine kinase. En cas d’échappement à l’imatinib, en particulier si celui-ci n’est pas lié à une nouvelle mutation comme dans environ 50 % des cas, il est possible que d’autres voies de signalisation soient activées, voies qui transitent par mTOR. Ainsi un inhibiteur de mTOR peut jouer un rôle extrêmement important en bloquant les voies alternatives de signalisation et en restaurant l’efficacité de l’imatinib. Des essais ont donc été menés d’association de l’imatinib à des inhibiteurs de mTOR en cas d’échappement à l’imatinib car ce concept a été prouvé in vitro. Une étude de phase I-II a inclus 31 patients résistants à l’imatinib et ayant reçu en association à l’imatinib (600 mg/j) des doses croissante d’everolimus, un inhibiteur de mTOR. Il a été observé 8 stabilisations supérieures à 4 mois dont 2 qui se sont finalement traduites par des réponses partielles [40].

De la même façon que pour mTOR, la voie de la PKC peut être impliquée dans la résistance à l’imatinib et des études in vitro ont montré l’efficacité d’inhibiteurs de la PKC avec l’imatinib sur des cellules résistantes à l’imatinib. Un essai de phase I-II a inclus 19 patients résistants à l’imatinib [41], qui recevaient de 600 à 1000 mg/j d’imatinib en association avec le PKC412 , inhibiteur oral de la PKC. La tolérance est globalement correcte. Sur les 5 premiers patients évaluables, 2 stabilisations supérieures à 4 mois ont été observées.

D’autres inhibiteurs de tyrosine kinases sont actuellement à l’essai dans les GIST résistantes à l’imatinib. On peut citer l’AMG706 (large spectre d’inhibition de tyrosine kinases), l’AB1010 (testé également en première ligne métastatique) et l’AMN107 dont les résultats semblent prometteurs. Cette dernière molécule, l’AMN107, est active sur les mutations secondaires qui apparaissent dans KIT et qui expliquent le développement de la résistance [42]. Il existe également des essais associant l’imatinib au bevacizumab, anticorps dirigé contre le VEGF et puissant inhibiteur de la néoangiogenèse tumorale.

Une nouvelle voie est possible. La protéine de choc thermique HSP90 protège KIT de la dégradation via le protéasome. Des inhibiteurs de HSP90 ont donc été développés et testés dans des tumeurs résistantes à l’imatinib. In vitro, le 17AAG inhibe la prolifération et entraîne l’apoptose aussi bien de lignées sensibles que résistantes à l’imatinib [43]. La protéine KIT est alors dégradée. A noter que cet inhibiteur est sans effet sur une lignée résistante à l’imatinib caractérisée par une perte de l’expression de KIT. Des essais cliniques sont donc actuellement en cours après échec de l’imatinib avec en particulier l’IPI504.

L’imatinib en situation adjuvante

Devant la très nette efficacité de l’imatinib en situation métastatique, des essais sont actuellement en cours pour le tester en situation adjuvante en cas de risque de récidive. Une première étude américaine de phase II en situation adjuvante a débuté. Des données préliminaires ont déjà été présentées [44]. Cette étude prévoit d’inclure des patients avec une résection macroscopiquement complète d’une tumeur exprimant le CD117. Seuls sont inclus des patients à haut risque de récidive, c’est-à-dire en cas de tumeurs de plus de 10 cm, de rupture tumorale ou de présence de 1 à 4 métastases péritonéales. Tous les patients reçoivent de l’imatinib à la dose de 400 mg/j pendant 1 an. La toxicité a été analysée chez les 106 premiers qui ont reçu l’imatinib pendant 1 an. Sans surprise, elle est, en situation adjuvante, similaire à celle observée en situation métastatique et 82 % des patients ont pris l’imatinib pendant 1 an, dont 68 % à la dose quotidienne de 400 mg sans interruption. Le recul de cette étude est encore insuffisant pour déterminer un impact de l’imatinib sur la rechute des GIST à haut risque. Une étude de phase III est actuellement en cours. Elle prévoit d’inclure 672 patients et plus de la moitié sont déjà recrutés. Elle concerne des GIST CD117+ dont la plus grande dimension est de plus de 3 cm. Les patients reçoivent 400 mg/j d’imatinib ou un placebo. Le critère principal de jugement est la survie sans rechute. Une étude européenne multicentrique de phase III est également en cours et vise à inclure 400 patients. Les patients inclus devront avoir eu une résection macroscopiquement complète avec un diagnostic prouvé de GIST. L’expression du CD117 est également nécessaire. Les critères d’inclusion sont un peu différents de ceux de l’étude américaine : cette étude s’adresse à des patients avec un risque intermédiaire de rechute, c’est-à-dire une tumeur d’au moins 5 cm de diamètre ou avec au moins 5 mitoses pour 50 grands champs. Les patients sont randomisés entre surveillance ou imatinib à la dose de 400 mg/j pendant 2 ans. Actuellement, le rythme des inclusions est rapide. On ne dispose pas encore de données préliminaires.

Conclusion

L’approche des GIST a donc été totalement transformée par la mise à disposition de l’imatinib. Au-delà de l’intérêt manifeste de cette découverte pour les patients, c’est toute la cancérologie qui vit une révolution avec l’apparition des thérapies ciblées sur l’oncogène causal. Les progrès de la biologie moléculaire permettent de mettre en évidence les molécules clés de la cancérogenèse ou de la biologie tumorale et ainsi de créer des thérapies ciblées. Le développement des nouveaux inhibiteurs de tyrosine kinase ou d’autres protéines clés présenté ici montre combien ce domaine est vaste et porteur d’espoir pour l’ensemble de la cancérologie.

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