Accueil > Revues > Biologie et recherche > Texte intégral de l'article
 
      Recherche avancée    Panier    English version 
 
Nouveautés
Catalogue/Recherche
Collections
Toutes les revues
Médecine
Biologie et recherche
Journal de Pharmacie Clinique
- Numéro en cours
- Archives
- S'abonner
- Commander un       numéro
- Plus d'infos
Santé publique
Agronomie et Biotech.
Mon compte
Mot de passe oublié ?
Activer mon compte
S'abonner
Licences IP
- Mode d'emploi
- Demande de devis
- Contrat de licence
Commander un numéro
Articles à la carte
Newsletters
Publier chez JLE
Revues
Ouvrages
Espace annonceurs
Droits étrangers
Diffuseurs



 

Texte intégral de l'article
 
  Version imprimable

Comment établir des références pour l‘analyse de risques des eaux de dialyse à partir des limites de qualité des eaux d‘alimentation. Cas des pesticides


Journal de Pharmacie Clinique. Volume 22, Numéro 4, 221-31, octobre-novembre-décembre, ARTICLE ORIGINAL


Résumé   Summary  

Auteur(s) : B. ALLARD, D. TRICARD , Association de dialyse ECHO, Nantes Afssa Maisons‐Alfort .

Résumé : En s‘appuyant sur la démarche retenue par l‘OMS pour établir des valeurs guides applicables aux eaux d‘alimentation pour les substances chimiques ayant une importance sanitaire, une méthode simplifiée est proposée pour élaborer des références provisoires de qualité pour certaines substances chimiques pouvant être présentes dans l‘eau de dialyse. Cette méthode introduit un coefficient appelé R d\\a qui correspond, pour une substance donnée, au rapport entre la quantité pouvant être apportée par l‘eau de dialyse et celle hebdomadaire tolérée pour l‘alimentation. L‘examen des limites déjà existantes en dialyse montre que ce coefficient peut être choisi entre 0,01 et 10 selon le niveau de sécurité sanitaire retenu. Appliquée aux pesticides, la méthode ne fait pas apparaître, a priori, de problèmes sanitaires urgents pour la plupart de ces substances lorsque leurs teneurs (substance plus métabolites et sous‐produits) dans l‘eau de distribution ne dépasse pas 0,1 microgramme par litre. En cas de dérogation vis‐à‐vis de cette valeur, le calcul du coefficient R d\\a peut permettre d‘évaluer le niveau de risque.

Mots-clés : eau de dialyse, eau destinée à la consommation humaine, limite de qualité, pesticide, analyse de risques

Illustrations

ARTICLE

Auteur(s) : B. ALLARD1, D. TRICARD2

1 Association de dialyse ECHO, Nantes
2 Afssa Maisons-Alfort

L'eau joue un rôle essentiel dans la sécurité sanitaire de la dialyse. Au cours du temps, des recommandations ont été fixées pour la qualité des eaux de dialyse par la Pharmacopée européenne [1] et par l'organisation internationale de standardisation (ISO) [2] ou ont été proposées pour différents paramètres par l'Association for the advencement of medical instrumentation (AAMI) [3]. Plus récemment, des circulaires ministérielles notamment celles des 7 juin 2000 [4] et 20 juin 2000 [5] du ministère chargé de la Santé ont attiré l'attention sur la nécessité d'adopter une approche plus globale de la qualité et ont recommandé une analyse des risques allant de la ressource utilisée pour produire l'eau de la distribution publique, jusqu'au patient. Si les procédés de traitement des eaux de dialyse et les hémodialyseurs eux-mêmes permettent de retenir des substances pouvant être présentes dans les eaux d'alimentation, dans certains cas, des molécules peuvent franchir ces barrières. Se pose alors la question de savoir si la dialyse peut être maintenue et quel doit être le niveau de qualité de l'eau utilisée.
Pour fixer des limites de qualité pour les eaux de dialyse, comme pour d'autres domaines d'activité sanitaire, la démarche à suivre doit comporter :
– au titre de l'évaluation des risques : 1) l'identification, à partir des informations médicales, du ou des dangers en cause, c'est-à-dire de la ou des substances pouvant être à l'origine de problèmes ; 2) la détermination de la relation dose-effet pour un individu et surtout de la relation dose-réponse pour une population de patients ; 3) la détermination des niveaux d'exposition réels ou potentiels selon l'utilisation ; 4) la caractérisation du risque ;
– au titre de la gestion des risques : 1) l'élaboration d'options de gestion des risques ; 2) le choix d'une solution de gestion des risques, notamment la fixation d'une limite de qualité pour le paramètre considéré pour l'eau de dialyse ou pour le dialysat ;
– au titre de la communication sur les risques : 1) au moins l'explicitation de la démarche suivie et la justification des choix effectués ; 2) si possible, la discussion avec les acteurs concernés aux différentes étapes de la démarche.
La fixation de limites de qualité pour des eaux de dialyse relève donc d'une démarche qui doit s'appuyer notamment sur une connaissance scientifique approfondie des molécules qui peuvent être présentes et de leur toxicité. Souvent, cette connaissance n'est pas disponible pour de faibles teneurs en substances dans l'eau et il peut être utile, pendant la phase transitoire nécessaire à l'acquisition des informations, de disposer de premières références provisoires de qualité.
L'objectif de ce travail est de proposer une méthode simplifiée pour établir des références provisoires de qualité des eaux de dialyse et/ou aider à faire une première analyse du niveau de risque d'une eau donnée. Cette méthode se réfère aux démarches générales utilisées dans le domaine de l'alimentation et dans celui des eaux destinées à la consommation humaine, notamment à celle retenue par l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
Cette méthode détermine un coefficient appelé Rd/a qui correspond, pour une substance donnée, au rapport entre la quantité hebdomadaire pouvant être apportée par l'eau de dialyse et celle tolérée pour l'alimentation. La méthode permet deux approches :
1) soit de calculer ce coefficient lorsque les limites de qualité existent à la fois pour les eaux d'alimentation et pour les eaux de dialyse, et de réfléchir sur les ordres de grandeur obtenus ;
2) soit, lorsqu'il n'existe pas de limites de qualité en dialyse, de définir un niveau de risque accepté en fixant une valeur du coefficient Rd/a et de mettre en œuvre une action de gestion de risques.
Le praticien peut ainsi disposer d'un outil pouvant l'aider à apporter les premiers éléments de réponse aux questions suivantes :
1) lors de problèmes de santé particuliers rencontrés chez des patients dialysés, est–il nécessaire de fixer des limites de qualité en dialyse pour certains paramètres pour lesquels de telles valeurs n'existent pas actuellement ?
2) compte tenu du fait que la directive 98/83/CE et le nouveau décret sur les eaux d'alimentation permettent que des dérogations aux limites réglementaires soient prises par les préfets, tout en encadrant strictement la procédure, faut-il prévoir, pour ces situations, des dispositions particulières pour les eaux de dialyse ?
3) en cas de contamination avérée d'une eau d'alimentation par une substance ne faisant pas l'objet de limite de qualité pour l'eau de dialyse, peut-on établir une valeur de référence, même à caractère provisoire, pour gérer le risque en dialyse ?
Pour illustrer la démarche proposée, la méthode est appliquée au cas des pesticides.

Limites de qualité des eaux de dialyse et limites de qualité des eaux d'alimentation

Démarches et textes de référence

Des limites de qualité concernant les paramètres physiques et chimiques ont été établies pour l'eau utilisée en dialyse par la Pharmacopée européenne, par l'AAMI et par l'ISO. La Pharmacopée européenne (4e édition 2002) précise que l'eau pour dilution des solutions concentrées pour hémodialyse est obtenue à partir d'eau potable par distillation, par osmose inverse, par échange d'ions ou par tout autre procédé approprié et que lorsque l'eau obtenue par l'une de ces méthodes n'est pas disponible, de l'eau potable peut être utilisée pour les dialyses à domicile. En conséquence, il est utile de connaître les valeurs concernant les eaux destinées à la consommation humaine établies par :
– l'organisation mondiale de la santé (OMS) qui a proposé des valeurs guide au niveau mondial [6] ;
– la directive 98/83/CE du 3 novembre 1998 qui, à partir des recommandations de l'OMS, a fixé des limites contraignantes au niveau communautaire [7] ;
– le décret 2001-1220 du 20 décembre 2001 [8] qui transcrit en droit national cette dernière directive et qui, pour les limites de qualité, se substituera au décret 89-3 du 3 janvier 1989 modifié [9], à compter du 25 décembre 2003.
Ces textes précisent le rôle des limites de qualité et leurs degrés de contraintes et montrent les choix faits au titre de la gestion des risques. Les limites de qualité fixées pour les paramètres microbiologiques et chimiques dans les tableaux A et B de l'Annexe I-1 du décret du 20 décembre 2001 sont contraignantes. En cas de non conformité, le responsable de la distribution doit mener immédiatement une enquête sur les causes de la situation et prendre, au vu des conclusions d'une analyse de risques, des mesures adaptées qui peuvent conduire à l'interruption de la distribution de l'eau ou à la mise en œuvre d'actions correctrices en suivant un calendrier déterminé. Dans tous les cas, les consommateurs doivent être informés de la situation et, si nécessaire, des conseils doivent leur être donnés pour l'usage de l'eau. Dans des conditions très particulières, des dérogations aux limites de qualité peuvent être accordées par le préfet pour des paramètres chimiques si elles ne constituent pas un danger potentiel pour la santé des personnes et s'il n'existe pas d'autre moyen raisonnable de maintenir la distribution des eaux d'alimentation dans le secteur concerné. De plus, des références de qualité figurant dans le tableau de l'Annexe I-2 du même décret correspondent à des indicateurs utiles pour le contrôle notamment des traitements de potabilisation de l'eau. Lorsque le suivi de la qualité de l'eau montre que certaines références de qualité ne sont pas satisfaites, le programme de contrôle sanitaire peut être renforcé afin de permettre de mieux connaître l'état de la situation et de prendre, si nécessaire, des dispositions adaptées.
Par comparaison, le fait que la Pharmacopée européenne soit établie sous forme de recommandations peut constituer une difficulté pour sa mise en œuvre vues les interprétations possibles. La diversité des valeurs retenues selon les textes pour certaines limites de qualité applicables aux eaux de dialyse traduit pour partie, comme pour les eaux d'alimentation, le déficit de connaissances scientifiques et techniques mais aussi des choix de gestion de risque différents.
Dans ses recommandations pour les eaux de boisson, l'OMS a expliqué d'une part, la méthode générale retenue pour fixer les valeurs guides et, d'autre part, a décrit pour chaque paramètre, les éléments, y compris les incertitudes, qui ont été pris en compte pour établir la valeur guide de ce paramètre. Des explications équivalentes ne sont pas actuellement disponibles pour les eaux de dialyse dans un document officiel, ce qui peut rendre plus difficiles les décisions de gestion des problèmes lorsque la qualité d'une eau de dialyse n'est pas conforme aux indications de qualité applicables.
Parmi les paramètres de qualité des eaux de dialyse, peuvent être distingués :
– ceux qui correspondent à une protection du patient vis-à-vis d'un risque sanitaire connu et documenté, particulier à la dialyse, par exemple l'aluminium ;
– ceux qui constituent des indicateurs de problèmes sanitaires considérés d'une manière générale comme importants à prendre en compte en dialyse comme pour d'autres expositions, par exemple le mercure ;
– ceux qui correspondent, au moins pour partie, aux contraintes techniques ou technologiques de préparation du dialysat, par exemple la conductivité.

Rappel de la démarche suivie par l'OMS pour fixer des valeurs guides pour les eaux d'alimentation

Dans ses directives pour la qualité des eaux de boisson publiées en 1994 et actualisées en 1998, l'OMS a établi plusieurs tableaux de valeurs portant sur :
– les paramètres de la qualité microbiologique de l'eau de boisson ;
– les substances chimiques dont la présence dans l'eau revêt une importance sanitaire : les substances inorganiques, les substances organiques, les pesticides, les désinfectants et leurs produits de dégradation ;
– les substances chimiques sans incidence sur la santé aux concentrations normalement présentes dans l'eau de boisson ;
– les constituants radioactifs de l'eau de boisson ;
– les substances et paramètres de l'eau de boisson qui peuvent donner lieu à des plaintes de la part des consommateurs.
L'OMS explicite en détail les modalités d'élaboration des valeurs de qualité par référence à des niveaux de sécurité sanitaire. Pour les substances chimiques dont la présence dans l'eau revêt une importance sanitaire, l'OMS insiste sur le fait qu'une valeur guide correspond à la concentration d'un composant qui ne présente aucun risque (ou un risque évalué et très faible) pour la santé d'une personne qui consommerait l'eau en question pendant toute sa vie. Pour élaborer ces valeurs guides, l'OMS applique la démarche décrite ci-dessous. L'OMS a engagé une révision de ses recommandations pour les adapter aux connaissances actuellement disponibles et les compléter ; la méthode est conservée.

Substances qui ne sont pas potentiellement cancérogènes

L'OMS estime que pour la plupart des formes de toxicité, il existe une dose au-dessous de laquelle aucun effet indésirable ne se produit. La dose journalière tolérable (DJT) est une estimation de la quantité d'une substance présente dans l'alimentation ou dans l'eau, exprimée en fonction du poids corporel, qui peut être ingérée quotidiennement pendant toute la vie sans risque appréciable pour la santé. Le calcul de la DJT s'appuie sur la mesure expérimentale, en général sur l'animal, d'une DSEIO (dose sans effet indésirable observé) ou, à défaut, d'une DMEIO (dose minimale ayant un effet indésirable observé) :
(1)                DJT (mg ou µg/kg) = [DSEIO (mg ou µg/kg) ou DMEIO (mg ou µg/kg)]/FI
où FI est le facteur d'incertitude prenant en compte la variation à l'intérieur d'une espèce (graduée de 1 à 10), la variation entre espèces (graduée de 1 à 10), l'adéquation des études ou de la base de données (graduée de 1 à 10) et la nature et gravité des effets (graduée de 1 à 10).
La valeur guide (VG) est déterminée par la formule suivante à partir de la dose journalière tolérable (DJT) :
(2)                VG = (DJT × pc × P)/C
où VG est la valeur guide exprimée en milligrammes ou microgrammes par litre ; DJT est la dose journalière tolérable exprimée en milligrammes ou microgrammes par kilogramme de poids corporel ; pc est le poids corporel (60 kg pour un adulte, 10 kg pour un enfant, 5 kg pour un nourrisson) ; P, exprimée en pourcentage, est la part de la DJT attribuée à l'eau de boisson (10 % par défaut) ; C est la consommation journalière d'eau de boisson (2 litres pour un adulte, 1 litre pour un enfant, 0,75 litre pour un nourrisson).

Substances potentiellement cancérogènes

L'OMS considère qu'il est généralement admis que l'événement qui déclenche le processus de cancérogenèse chimique est l'induction d'une mutation dans le matériel génétique (ADN) des cellules somatiques (c'est-à-dire des cellules autres que les ovules ou les spermatozoïdes). Étant donné qu'en théorie ce mécanisme génotoxique ne comporte pas de seuil, il existe une probabilité d'effet nocif, quel que soit le niveau d'exposition. L'établissement d'une DJT est donc considéré comme inapproprié et une méthode mathématique d'extrapolation des risques à faibles doses est appliquée. Les valeurs guides correspondent alors à la concentration dans l'eau de boisson associée à un risque additionnel de cancer 10–5 pour la vie entière c'est-à-dire d'un cas de cancer supplémentaire pour 100 000 personnes dans une population qui consommerait pendant 70 ans une eau de boisson contenant la substance en question à une concentration égale à la valeur guide.
Pour les cancérogènes pour lesquels il existe des raisons convaincantes de soupçonner un mécanisme non génotoxique, les valeurs guides sont calculées par la méthode des DJT.
Pour mener ces calculs, l'OMS s'appuie notamment sur les travaux du centre international de recherche sur le cancer (CIRC) qui examine globalement les substances, mélanges ou circonstances d'exposition et classe les substances chimiques en quatre groupes, selon le risque cancérogène qu'elles présentent :
– Groupe 1 : l'agent est cancérogène pour l'homme ;
– Groupe 2A : l'agent est probablement cancérogène pour l'homme ;
– Groupe 2B : l'agent est peut-être cancérogène pour l'homme ;
– Groupe 3 : l'agent ne peut être classé quant à sa cancérogénicité pour l'homme ;
– Groupe 4 : l'agent n'est probablement pas cancérogène pour l'homme.

Exemples de données toxicologiques et de valeurs de qualité relatives aux eaux d'alimentation et aux eaux de dialyse

Le tableau I présente, à titre d'exemple, pour quelques paramètres de qualité de l'eau : 1) les informations relatives aux eaux d'alimentation lorsqu'elles sont connues : la valeur guide recommandée par l'OMS ; la valeur figurant dans le décret n° 2001-1220 du 20 décembre 2001 ; les principaux éléments retenus par l'OMS pour établir la valeur guide, notamment la donnée toxicologique de base, la valeur du facteur d'incertitude FI, la dose journalière tolérable (DJT), la valeur du coefficient « P » ; 2) les informations relatives aux eaux de dialyse lorsqu'elles sont connues : la valeur de la Pharmacopée européenne « eau pour dilution des concentrés d'hémodialyse » ; la valeur de l'Association for the advancement of medical instrumentation (AAMI) ; la valeur de la norme ISO/DIS 13959 ; les effets toxiques à court et à long termes en dialyse.

Tableau I. Exemples de données toxicologiques et de valeurs de qualité relatives aux eaux d'alimentation et aux eaux de dialyse.

Substances inorganiques

Pesticides

Nitrates

Cuivre

Atrazine

Valeur guide OMS 50 mg/L 2 mg/L 2 µg/L (1994)
Valeur décret 2001-1220
du 20/12/2001
(limites de qualité Annexe I-1)
50 mg/L 2 mg/L 0,1 µg/L
Eléments retenus par l'OMS
pour établir la valeur guide
Les preuves épidémiologiques d'une association entre l'apport alimentaire de nitrates et le cancer sont insuffisantes, la valeur guide n'a été établie que pour éviter la methémoglobinémie qui dépend de la conversion des nitrates en nitrites.
Les études épidémiologiques confirment le bien fondé de la valeur guide de 50 mg/L.
L'OMS recommande également que la somme des rapports des concentrations des ions nitrates et nitrites à leur valeur guide ne dépasse pas 1.
Le JECFA a proposé une dose journalière tolérable maximale provisoire de 0,5 mg/kg poids corporel/jour à partir d'une étude menée sur le chien. Pour l'adulte avec un apport dû à l'eau de 10 %, la valeur guide est de 2 mg/L. Le cuivre peut avoir des effets domestiques désagréables pour des teneurs dépassant 1 mg/L (linges, sanitaires tachés...).
Dans l'additif publié en 1998, l'OMS confirme la valeur guide de 2 mg/L en considérant qu'elle ne devrait entraîner aucun effet indésirable et assurer une marge de sécurité suffisante. Les études épidémiologiques et cliniques menées jusqu'à maintenant sont trop limitées pour établir avec quelque précision la concentration suivie d'effet. Il est donc recommandé que cette valeur guide de 2 mg/L reste provisoire en raison des incertitudes sur la relation dose/réponse entre la présence de cuivre dans l'eau de boisson et la survenue de troubles gastro-intestinaux aigus chez l'homme. Il importe également de noter que le cuivre est un élément essentiel.
Groupe 3 du CIRC (1999),
après déclassement (groupe 2B
en 1991)
Etude sur le rat.
FI = 1000 ; DJA = 0,5 µg/kg poids corporel par jour.
Pour l'adulte et un apport dû
à l'eau de 10 %, la valeur guide est de 2 µg/l (valeur arrondie).
Eau pour hémodialyse Pharmacopée européenne
(IIIe édition 2001)
2 mg/L  –   – 
Niveau eau pour hémodialyse AAMI 2 mg/L 0,1 mg/L  – 
Norme ISO/DIS 13959  –  0,1 mg/L  – 
Effets toxiques à court terme Hémolyse, methémoglobinémie, hypotension, nausées Hémolyse, fièvre  – 
Effets toxiques à long terme Cancers Goût métallique, gêne gastro-intestinale, hypotension, dommages du foie, lésions hépatiques  – 

Proposition d'une méthode simplifiée pour fixer des références provisoires de qualité pour l'eau de dialyse

À partir de la démarche retenue par l'OMS pour établir les valeurs guides relatives aux eaux d'alimentation, la méthode proposée traite dans un premier temps des substances non potentiellement cancérogènes puis examine, dans un second temps, les possibilités d'extension au cas des substances cancérogènes.

Méthode pour la fixation de références provisoires de qualité RPed pour l'eau de dialyse

Cas des substances non potentiellement cancérogènes

L'exposition du patient dépend non seulement des caractéristiques du dialysat mais aussi de celles de l'eau utilisée pour le préparer, car des substances particulières peuvent être présentes dans le concentré de dialyse.

Apports attribués respectivement à la dialyse et à l'alimentation

Le raisonnement proposé consiste :
– à définir une quantité hebdomadaire tolérable (QHT) apportée par l'alimentation et relative à la substance concernée en effectuant le produit par 7 jours de la dose journalière tolérable (DJT) exprimée en mg ou µg par unité de poids corporel, multiplié par le poids corporel (pc) de l'individu :
(3)                QHT = 7 × DJT × pc
– à considérer que l'apport hebdomadaire de la substance par le dialysat (AHD) doit être inférieur ou égal à Rd/a fois la quantité hebdomadaire tolérable apportée par l'alimentation (y compris l'eau destinée à la consommation humaine). Le facteur Rd/a peut être inférieur, égal ou supérieur à 1 selon l'importance des connaissances toxicologiques disponibles, le niveau de risque que l'on retient a priori ou en fonction des possibilités réelles d'action. Ainsi :
(4)                AHD ≤ Rd/a × QHT
La figure 1 présente les apports attribués respectivement à la dialyse et à l'alimentation (y compris les eaux d'alimentation) ainsi que les apports totaux selon des valeurs du coefficient Rd/a.

Calcul de la concentration d'une substance dans l'eau de dilution

La dialyse se déroule en trois séances hebdomadaires d'environ 4 heures. À chaque séance, 150 litres en moyenne de dialysat sont mis en contact avec le sang du patient au travers d'une membrane semi-perméable. Ce dialysat est fabriqué par un générateur qui va diluer en général au 1/35e une solution concentrée acide pour hémodialyse avec de l'eau pour dialyse et mettre en solution une poudre bicarbonate. L'apport du dialysat est de 1,225 litre de solution de bicarbonate, 32,775 litres d'eau pour hémodialyse et 1 litre de solution concentrée acide pour hémodialyse.
L'apport d'une substance par le dialysat étant égal, pour 35 litres de dialysat, à la somme de l'apport par la solution concentrée à raison de 1 litre d'acide dans lequel la concentration de la substance est Cacide et de 1,225 litre de solution de bicarbonate diluée dans lequel la concentration de la substance est Cbicarb, et de l'apport par l'eau de dilution à raison de 32,775 litres d'eau dans lesquels la concentration de la substance est Ced.
On peut établir que, pour trois séances hebdomadaires de dialyse au cours desquelles sont utilisés au total 450 litres de dialysat, l'apport hebdomadaire par le dialysat (AHD) est égal à :
(5) AHD = [(Cacide + 1,225 Cbicarb + 32,775 Ced)/35 ]× 450
En appliquant la relation (4) ci dessus, on déduit que :
(6) [(Cacide + 1,225 Cbicarb + 32,775 Ced)/35]× 450 ≤ Rd/a × QHT
La concentration de l'eau de dilution peut être alors exprimée ainsi :
(7)        Ced ≤ [(35/450) × Rd/a × QHT – C acide – 1,225 Cbicarb]/32,775

Référence provisoire de qualité pour l'eau de dialyse : RPed

La référence provisoire de qualité pour l'eau de dialyse (Rped) est égale à la valeur maximale que peut prendre la concentration de la substance dans l'eau de dialyse en application du présent raisonnement :
(8)        RPed = [(35/450) × Rd/a × QHT – C acide – 1,225 Cbicarb]/32,775
En considérant que QHT = 7 × DJT × pc, la référence provisoire de qualité de l'eau de dialyse (RPed) peut également être exprimée en fonction de la dose journalière tolérable (DJT) :
(9)    RPed = [(35/450) × Rd/a × 7 × DJT × pc-C acide – 1,225 Cbicarb]/32,775
et comme VG = DJT × pc × P/C, la référence provisoire de qualité de l'eau de dialyse (RPed) peut également être exprimée en fonction de la valeur guide établie par l'OMS (VG) :
(10) RPed = [(35/450) × Rd/a × 7 × VG × C/P-C acide – 1,225 Cbicarb]/32,775

Simplifications possibles, sous conditions, de l'expression de RPed

Pour les substances pour lesquelles les calculs ou les mesures effectués ont montré que les apports en quantité (et non pas en concentration) de la substance par la solution acide et la solution de bicarbonate sont négligeables par rapport à ceux provenant de l'eau de dilution, les expressions de la référence provisoire de qualité de l'eau de dialyse (RPed) peuvent être simplifiées et :
(11)    RPed @ [(35/450) × Rd/a × QHT]/32,775 soit RPed @ 0,0024 × Rd/a × QHT
(12) RPed @ [(35/450) × Rd/a × 7 × DJT × pc]/32,775 soit RPed @ 0,0166 × Rd/a × DJT × pc,
(13)
RPed @ [(35/450) × Rd/a × 7 × VG × C/P]/32,775 soit RPed @ 0,0166 × Rd/a × VG × C/P

Application de la référence provisoire de qualité au cas d'un adulte

Si on considère le cas d'un adulte, on peut retenir les valeurs suivantes prises en compte par l'OMS : pc : poids corporel = 60 kilogrammes et C : volume d'eau d'alimentation consommé par jour = 2 litres.
L'expression de la référence provisoire de qualité de l'eau de dialyse devient pour les substances présentes en quantités négligeables dans la solution acide et la solution de bicarbonate :
– en fonction de la DJT :
(14)            RPed @ 0,996 × Rd/a × DJT soit RPed @ Rd/a × DJT
 – en fonction de la valeur guide :
Si la valeur de « P » est prise égale à 10 % dans la formule (13) :
(15)            RPed = 0,332 × Rd/a × VG soit RPed @ Rd/a × VG/3
Si la valeur de P est différente de 10 %, mieux vaut utiliser la formule (13).

Cas de substances potentiellement cancérogènes

Pour les composés potentiellement cancérogènes, les valeurs guides de l'OMS sont fixées à l'aide d'un modèle mathématique d'extrapolation des risques à faibles doses. La valeur guide proposée par l'OMS correspond à la concentration dans l'eau de boisson associée à un risque additionnel de cancer de 10–5 alors que la politique communautaire vise à prendre un risque additionnel de cancer de 10–6 chaque fois que possible.
Pour ces substances, les valeurs applicables aux eaux de dialyse devraient être déterminées de façon particulière ; toutefois, dans un premier temps, on peut appliquer aux valeurs guides établies par l'OMS pour ces substances, la formule (15) en utilisant la valeur guide VG établie pour un risque égal à 10–5 ou supérieur mais précisé par l'OMS.

Valeurs du coefficient Rd/a

Pour la mise en œuvre de la démarche proposée, le point essentiel est de déterminer la valeur retenue pour le coefficient Rd/a ; Rd/a étant le rapport entre l'apport hebdomadaire de la substance permis pour la dialyse et la quantité hebdomadaire tolérable pour l'alimentation (eau d'alimentation comprise).

Rd/a = 1

L'apport total correspond au doublement de la quantité hebdomadaire tolérable pour l'individu au titre des apports alimentaires. Un tel choix peut correspondre au fait que, pour la substance considérée, on ne peut pas ou on ne veut pas être plus contraignant par exemple pour des raisons techniques ou économiques, et que le bénéfice apporté par la dialyse compense largement le risque supplémentaire consenti. Les mêmes arguments peuvent être développés pour des valeurs de Rd/a supérieures à 1 ; toutefois, un tel raisonnement a des limites sanitaires.

Rd/a compris entre 5 et 10

Les apports par l'eau de dialyse sont de 5 à 10 fois ceux tolérés pour l'alimentation par semaine. Une étude spécifique appuyée sur une documentation toxicologique doit être menée. La méthode proposée permet alors d'établir une liste de substances nécessitant des études approfondies en priorité.

Rd/a = 0,1

L'apport hebdomadaire par l'eau de dialyse est égal au dixième de l'apport toléré pour l'alimentation c'est-à-dire est équivalent à celui retenu en général pour l'eau d'alimentation pendant la même durée. L'augmentation de l'apport par la dialyse reste faible par rapport à l'apport global qui ne s'élève alors que de 10 %.

Rd/a = 0,01

L'apport par l'eau de dialyse est limité au 1/100e de l'apport toléré pour l'alimentation, ce qui correspond également à 1/10e de ce qui est accepté en général pour l'eau d'alimentation. Cela peut être le cas d'une substance pour laquelle on pense que les risques dus à la dialyse sont élevés du fait par exemple de la suppression ou de la réduction de mécanismes de détoxification chez les dialysés ou d'un passage important au travers des membranes de dialyse, et qu'il est nécessaire de réduire fortement l'exposition voire d'intervenir au titre du principe de précaution. Dans un tel cas, des études particulières devraient être engagées pour mieux gérer la situation à moyen terme en fonction des nouvelles connaissances acquises.
Cette approche théorique peut être complétée par un examen des valeurs du coefficient Rd/a correspondant à des situations réelles. Pour cela, les valeurs du coefficient Rd/a ont été calculées pour des substances pour lesquelles existent à la fois une concentration limite dans l'eau de dialyse et une valeur guide sanitaire établie par l'OMS pour l'eau d'alimentation. Sous réserve que les conditions d'élaboration de la valeur guide de l'OMS le permettent et en considérant que les apports par la solution acide et la solution bicarbonate sont négligeables, il peut être fait appel à la valeur simplifiée de Rd/a fournie par l'une des formules (14) ou (15) :
(16)                Rd/a = RPed/DJT
(17)            Rd/a = 3 × RPed/VG
avec RPed correspondant à la limite de qualité de l'eau de dialyse, exprimé en µg/L, DJT en µg/kg et VG en µg/L.
Le tableau II présente les résultats de ce calcul fait pour les paramètres pour lesquels l'OMS a fixé des valeurs guides sanitaires en s'appuyant sur la démarche rappelée au paragraphe : Rappel de la démarche suivie par l'OMS pour fixer les valeurs guides pour les eaux d'alimentation, et pour lesquels des indications de qualité en dialyse figurent dans la Pharmacopée européenne ou dans les documents de l'AAMI ou dans la norme ISO/DIS 13959. Le calcul a été mené à partir de la formule (17) afin de tenir compte des « arrondis » retenus par l'OMS.

Tableau IICalcul du coefficient Rd/a [Rd/a = 3 × RPed/VG].

Pharmacopée européenne AAMI ISO/DIS 13959
Paramètres Valeur guide OMS eau d'alimentation VG Valeur Pharmacopée européenne limite Rd/a Pharmacopée européenne Valeur AAMI Rd/a AAMI Norme ISO/DIS 13959 Rd/a Norme ISO/DIS 13959
Antimoine 5 µg/L  –   –  6 µg/L 3,6  –   – 
Arsenic 10 µg/L  –   –  5 µg/L 1,5 5 µg/L 1,5
Baryum 0,7 mg/L  –   –  0,1 mg/L 0,4 0,1 mg/L 0,4
Cadmium 3 µg/L  –   –  1 µg/L 1 1 µg/L 1
Chrome 50 µg/L  –   –  14 µg/L 0,84 14 µg/L 0,84
Cuivre 2 mg/L  –   –  0,1 mg/L 0,004 0,1 mg/L 0,004
Cyanure 70 µg/L  –   –  20 µg/L 0,85  –   – 
Mercure 1 µg/L 1 µg/L 3 0,2 µg/L 0,6 0,2 µg/L 0,6
Plomb 10 µg/L 100 µg/L (plomb et métaux équivalents) Calcul non significatif 5 µg/L 1,5 5 µg/L 1,5
Sélénium 10 µg/L  –   –  90 µg/L 27 90 µg/L 27
Monochloramine 3 mg/L  –   –  0,1 mg/L 0,1 0,1 mg/L 0,1
Chlore libre 5 mg/L  –   –  0,5 mg/L 0,3 0,5 mg/L 0,3
Chlore total  –  0,1 mg/L  –   –   –   – 

Les valeurs de Rd/a vont de 0,004 à 27, la plupart d'entre elles étant comprises entre 0,1 et 1,5, ce qui correspond à des apports pour la dialyse allant en général du dixième à une fois et demi la quantité tolérée pour l'alimentation.

Cas particuliers

• Pour le plomb, le calcul de Rd/a n'est pas possible pour la recommandation de la Pharmacopée européenne car la méthode d'analyse retenue correspond en fait à une mesure du plomb et d'autres métaux. Pour le plomb, la valeur guide de l'OMS est établie pour le nourrisson avec une valeur de P égale à 50 % mais le calcul fait pour l'adulte avec une valeur de P égale à 10 % conduit à une valeur pour le plomb dans l'eau d'alimentation voisine aussi de 10 µg/L (10,5 µg/L).
• Le sélénium a un coefficient élevé (27) mais cette substance est parfois prescrite aux patients dialysés dans le but d'une amélioration de la fonction myocardique.
• Pour l'aluminium, il n'a pas été calculé de valeur du coefficient Rd/a dans le tableau I. En effet, l'OMS rappelle qu'une dose hebdomadaire tolérable provisoire (DHTP) de 7 mg/kg de poids corporel a été établie en 1998 ; elle indique que cette dose était fondée sur des études portant sur le phosphate acide d'aluminium mais que l'aluminium se présente dans l'eau de boisson sous une forme chimique différente. En conséquence, la valeur de 0,2 mg/L proposée par l'OMS pour les eaux de boisson correspond à une recommandation relative à l'efficacité des traitements d'eau et ne relève pas d'une approche fondée sur des données toxicologiques ; l'aluminium étant alors considéré comme un paramètre indicateur et non pas un paramètre revêtant directement un caractère sanitaire. Toutefois, si on prend en compte la valeur indiquée ci-dessus de la DHTP et qu'on la considère équivalente à une DJT de 1 mg/kg (1 000 µg/kg), on peut calculer la valeur de Rd/a à partir de la formule (16) pour une valeur de RPed correspondant à la limite de qualité fixée pour l'eau de dialyse par la Pharmacopée européenne, l'AAMI et l'ISO :
Rd/a = RPed / DJT = 10/1000 = 0,01
ce qui correspond à une valeur basse de Rd/a

Choix d'une valeur du coefficient Rd/a

Le choix de la valeur du coefficient Rd/a relève de la gestion du risque. Il peut être fixé a priori mais il convient de s'assurer que :
– la valeur du coefficient Rd/a a un sens en fonction des connaissances médicales et toxicologiques disponibles ;
– la référence provisoire de qualité calculée est atteignable compte tenu de l'efficacité des dispositifs techniques de traitement des eaux ou du niveau de pureté possible pour les composés de la solution concentrée acide pour hémodialyse et de la poudre bicarbonate ;
– les moyens d'analyse disponibles permettent de contrôler le respect de cette valeur. Si on se réfère à l'Annexe III de la directive 98/83/CE, on peut retenir que les performances des méthodes d'analyse, exactitude, précision et limites de détection, doivent être inférieures à 25 % de la valeur de la référence provisoire de qualité. Si au moins dans un premier temps, les moyens analytiques disponibles ne permettent pas d'atteindre les performances souhaitables, le suivi de la qualité peut être fait par exemple en amont du traitement d'élimination de la substance de l'eau de dialyse en appliquant ensuite un taux moyen d'efficacité du traitement ;
– l'objectif fixé est économiquement réalisable.
La valeur Rd/a peut aussi résulter de la comparaison des avantages et inconvénients de différents scénarios établis en prenant successivement comme valeur de Rd/a par exemple : 0,01-0,1-1 et 5.
Dans l'attente d'une décision générale, il peut aussi être retenu des valeurs de Rd/a pour établir, à partir des formules (14) ou (15), des références provisoires de qualité jouant des rôles de seuils d'action par exemple :
– pour Rd/a égale à 0,1 ou 0,5, c'est-à-dire lorsque la teneur dans l'eau de dialyse est de 0,1 ou 0,5 fois la DJT, il est procédé à un suivi renforcé de la qualité de l'eau ;
– pour Rd/a égale à 1 ou 5, c'est-à-dire lorsque la teneur dans l'eau de dialyse est de 1 à 5 fois la DJT, une étude spécifique est engagée sur le plan toxicologique avec un suivi particulier adapté des patients.

Discussion

1. Le raisonnement développé ci-dessus s'appuie sur une approche hebdomadaire des apports. D'une certaine façon, ce choix sous-entend que l'on considère que, sur le plan toxicologique, l'apport dû à l'eau de dialyse au cours des 3 séances hebdomadaires a les mêmes effets que s'il était effectué de façon plus répartie sur 7 jours comme pour l'alimentation. Si cette hypothèse n'apparaissait pas acceptable notamment du fait d'effets de pointe, le raisonnement pourrait être modifié et l'objectif fixé pourrait être que l'apport de la substance par le dialysat soit inférieur à R'd/a fois la quantité tolérable apportée par l'alimentation le même jour. Les éléments des calculs effectués sont conservés mais les volumes pris en compte pour l'eau de dialyse et pour l'eau de consommation sont de 150 litres et 2 litres par jour au lieu de 450 litres et 14 litres par semaine. Dans ces conditions, les formules simplifiées (11) et (12) deviendraient :
(11')    Ced ≤ [(35/150) × R'd/a × QJT] /32,775
(12')    Ced ≤ [(35/150) × R'd/a × DJT × pc]/32,775
Si on considère R'd/a = Rd/a, pour un paramètre donné, la référence provisoire RP'ed correspondant à cette nouvelle hypothèse est égale à 3/7 de la référence provisoire RPed déterminée selon l'hypothèse initiale.
2. La méthode proposée conduit à une formule simplifiée pour établir des références provisoires de qualité. Cette simplification repose sur des hypothèses qui doivent être vérifiées pour l'application à chaque cas particulier. La vérification doit notamment porter sur :
– la valeur de P retenue par l'OMS et le calcul doit prendre en compte la valeur réelle lorsqu'elle est différente de 10 % ;
– le classement de la substance fait par le CIRC et notamment le fait qu'elle est ou non génotoxique ;
– la teneur réelle de la substance pouvant être présente dans les constituants de la solution concentrée acide pour hémodialyse et de la poudre bicarbonate. Si on veut que cet apport soit négligeable par comparaison à celui provenant de l'eau de dilution, par exemple inférieur à 10 %, il faut, en référence aux formules (1) et (7), qu'en termes de quantité (flux) :
(18) Cacide µg/L × 1L + Cbicarb µg/L × 1,225L = 10 % [(35/450) × Rd/a × QHTµg]
Soit
(19) Cacide µg/L × 1L + Cbicarb µg/L × 1,225L ≤ 10 % [(35/450) × Rd/a × 7j × VGµg/L × CL/j/P]
Soit en reprenant les hypothèses concernant les valeurs des paramètres indiquées au paragraphe : Substances qui ne sont pas potentiellement cancérogènes, (C = 2 litres et P = 10 %) et en arrondissant :
(20)    Cacide (µg/L) + 1,225 Cbicarb (µg/L)  Rd/a × VG (µg/L)
Cela conduit à donner des limites pour les différents « concentrés » entrant dans la composition du dialysat en partant de l'objectif que le « concentré » doit amener en quantité de substances moins de 10 % de l'apport maximal.
3. Pour fixer les valeurs guides, l'OMS considère une consommation quotidienne d'eau pendant 70 ans. La méthode proposée repose sur la prise en compte des apports hebdomadaires sans toutefois intégrer le fait que la dialyse n'est pratiquée que durant une partie de la vie. Au coefficient Rd/a s'ajoute donc une sorte de facteur de sécurité dont la valeur n'est pas évaluable, il est en effet difficile de dire a priori qu'elle correspond au rapport des durées d'exposition, c'est-à-dire égale à 70 ans divisés par la durée de la dialyse.
4. Dans la méthode, la part de l'eau d'alimentation étant en générale considérée comme égale à 10 % de la quantité hebdomadaire tolérable, les apports alimentaires sont pris en compte forfaitairement égaux à 90 % de cette quantité. Pour chaque substance étudiée, il serait utile d'essayer de cerner au mieux les apports réels à partir des données sur les pratiques de consommation des dialysés et pour certaines substances sur les teneurs des principaux aliments consommés.
5. Dans certains cas, le dialysé consomme de l'eau d'alimentation ne contenant pas la substance en cause, par exemple parce qu'il utilise de l'eau embouteillée ou parce qu'il est desservi par un réseau public différent de celui sur lequel est branchée l'installation de dialyse. Il en résulte une sécurité supplémentaire dont l'importance dépend de la valeur retenue pour le coefficient Rd/a. Pour Rd/a = 0,1, si le patient ne consomme pas une eau d'alimentation contenant la substance en cause, on pourrait considérer que l'apport par l'eau de dialyse se substitue d'une certaine façon à l'apport toléré pour l'eau d'alimentation.
6. L'utilisation de la méthode présente un intérêt pour les substances qui, étant dans les eaux d'alimentation ne sont pas éliminées et peuvent se retrouver dans les eaux de dialyse. Ainsi, il est utile de connaître l'effet des traitements classiques de dialyse, notamment de l'osmose inverse, sur la substance que l'on veut étudier. Si le traitement retient de façon certaine la totalité de la substance quelles que soient les concentrations présentes dans les eaux d'alimentation, l'élaboration d'une référence provisoire de qualité pour l'eau de dialyse n'est pas indispensable.
7. Quand l'OMS ne fixe pas de valeur guide VG pour les eaux d'alimentation, il est nécessaire d'établir une valeur équivalente en suivant la démarche de l'OMS à partir des données toxicologiques disponibles notamment de la DJT.
8. Le raisonnement développé ne tient pas compte du fait que le métabolisme du dialysé peut être différent de celui d'une personne en bon état de santé notamment au niveau du fonctionnement des barrières intestinales ou rénales. Le calcul du coefficient Rd/a pour des limites existantes montre que cet aspect ne semble pas jouer un rôle important dans la fixation des limites de qualité pour l'eau de dialyse, les valeurs de Rd/a étant en général supérieures à 0,01 (tableau II). Si pour une substance, cet aspect apparaît devoir être pris en compte de façon plus importante, il est possible de retenir une valeur de Rd/a de 0,01 voire une valeur encore plus faible comme indiqué dans le paragraphe : Valeurs du coefficient Rd/a.

En pratique

Face à un problème d'analyse de risques lié à une eau susceptible d'être utilisée en dialyse, la méthode proposée peut être utilisée de l'une des façons suivantes, étant entendu qu'au préalable il faut vérifier si les formules simplifiées sont adaptées (apport négligeable de la substance par la solution acide ou la solution de bicarbonate, valeur de P) :
– la présence d'une substance dans l'eau d'alimentation est connue ainsi que l'ordre de grandeur de sa teneur dans l'eau de dialyse par mesure ou par calcul en fonction de la performance évaluée des traitements. Il est possible de déterminer si le niveau de qualité de l'eau de dialyse est suffisant : pour cela il est intéressant de calculer la valeur du coefficient Rd/a à partir des formules (16) ou (17) en respectant leurs conditions d'emploi et d'apprécier, en première approximation, s'il existe un enjeu sanitaire fort ou particulier ;
– la présence d'une substance dans l'eau d'alimentation est connue et il faut déterminer une référence provisoire de qualité pour l'eau de dialyse : elle peut être calculée à l'aide de la formule (14) si on connaît la dose journalière tolérable (DJT) ou si on peut en faire une approximation à partir de données toxicologiques. Il est aussi possible d'utiliser la formule (15) si une valeur guide a été établie selon la démarche suivie par l'OMS, notamment dans le cas d'une substance potentiellement cancérogène. La valeur du coefficient Rd/a sera choisie en fonction des indications données ci-dessus, notamment en veillant à la cohérence avec les informations toxicologiques disponibles et en tenant compte des possibilités techniques et des moyens de mesure existant.

Application de la méthode proposée au cas des pesticides

La limite réglementaire fixée pour chaque pesticide par le décret 2001-1220 du 20 décembre 2001 pour la qualité des eaux d'alimentation est de 0,1 µg/L sauf pour l'aldrine, la dieldrine, l'heptachlore et l'heptachlorépoxyde pour lesquels elle est de 0,03 µg/L. Cette valeur de 0,1 µg/L correspond à une approche de précaution qui vise à réduire le plus possible l'exposition des consommateurs.
Pour une quarantaine de pesticides, l'OMS a établi des valeurs guides sanitaires fondées sur une approche toxicologique ; elles vont de 0,3 µg/L à 300 µg/L. Le suivi de la qualité des eaux de distribution publique montre que la valeur de 0,1 µg/L est dépassée dans certaines installations de distribution publique, notamment pour les triazines telles que l'atrazine ou la simazine.
Le nouveau décret sur les eaux d'alimentation qui reprend les dispositions de la directive européenne 98/83/CE du 3 novembre 1998, permet au préfet d'accorder, sous conditions, une dérogation à la valeur de 0,1 µg/L. Dans un avis [10], l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) propose de limiter pour les adultes la dérogation relative à des pesticides à la valeur guide établie par l'OMS.
La situation relative aux pesticides est donc particulière du fait de la différence de conception existant entre les limites de qualité retenues pour les eaux d'alimentation par l'OMS en fonction de la toxicité de chaque substance et celle fixée par l'union européenne sous la forme d'une valeur de précaution. Ainsi, deux questions se posent pour la dialyse :
1) en situation normale, lorsque l'eau d'alimentation respecte la limite de 0,1 µg/L faut-il fixer des valeurs particulières pour l'eau de dialyse ?
2) en situation de non conformité des eaux d'alimentation, quelle gestion de risque mener ?
Pour apprécier les conséquences de cette situation, il est proposé de partir de l'hypothèse que l'on fixe la valeur provisoire de qualité pour les eaux de dialyse au même niveau que la limite de qualité retenue dans le décret 2001-1220 du 20 décembre 2001 pour les eaux d'alimentation (RPed = valeur de la limite de qualité de l'eau d'alimentation).
En pratique, une telle hypothèse correspondrait au fait que :
1) le traitement de l'eau dans la production de l'eau de dialyse n'a pas d'effet sur le pesticide concerné ;
2) ou, si l'on admet que le traitement a une efficacité pour le pesticide concerné, la teneur dans l'eau de dialyse après traitement est égale à la limite fixée par le décret.
Cette hypothèse permet de calculer le coefficient Rd/a pour l'eau de dialyse à partir de la formule (17) : Rd/a = 3 × RPed/VG.
Le tableau III présente les résultats de ce calcul fait à partir des valeurs guides publiées par l'OMS en 1994 et actualisées en 1998. Il apparaît que :
– la valeur Rd/a varie de 0,001 à 3 ;
– la valeur Rd/a est égale à 3 pour l'aldrine, la dieldrine, l'heptachlore et l'heptachlorépoxyde, ce qui correspond au fait que pour ces substances la limite communautaire est fondée sur une base toxicologique et non pas sur une approche de précaution. Il convient de remarquer que ces substances sont interdites d'emploi en France ;
– la majorité des valeurs de Rd/a (23 valeurs sur 35) sont inférieures ou égales à 0,05 ;
– pour 5 substances, la valeur de Rd/a est comprise entre 0,15 et 0,3 notamment pour l'atrazine et la simazine (0,15).

Tableau III. Calcul des valeurs du coefficient Rd/a pour les pesticides lorsque la référence provisoire (RPed) dans l'eau de dialyse est égale à la limite de qualité fixée par la directive 98/83/CE du 3 novembre 1998 ou par le décret 2001-1220 du 20 décembre 2001 pour l'eau destinée à la consommation humaine.

RPed = limite directive 98/83/CE en µg/L Valeur guide OMS VG en µg/L Valeur de Rd/a = 3 RPed/VG
Aldrine 0,03 0,03 3
Dieldrine 0,03 0,03 3
Heptachlore 0,03 0,03 3
Heptachlorepoxyde 0,03 0,03 3
Chlordane 0,1 0,2 1,5
1-2. dibromo-3 chloropropane 0,1 1 0,3
Hexachlorobenzène 0,1 1 0,3
Atrazine 0,1 2 0,15
DDT 0,1 2 0,15
Lindane 0,1 2 0,15
MCPA 0,1 2 0,15
Simazine 0,1 2 0,15
Molinate 0,1 6 0,05
Carbofurane 0,1 7 0,04
Isoproturon 0,1 9 0,033
Pentachlorophénol 0,1 9 0,033
Fénoprop 0,1 9 0,033
2,4,5-T 0,1 9 0,033
Aldicarbe 0,1 10 0,03
Métolachlore 0,1 10 0,03
Mécoprop 0,1 10 0,03
Alachlore 0,1 20 0,015
1,2-dichloropropane 0,1 20 0,015
1,3- dichloropropène 0,1 20 0,015
Métoxychlore 0,1 20 0,015
Pendiméthaline 0,1 20 0,015
Permethrine 0,1 20 0,015
Propanil 0,1 20 0,015
Trifluralin 0,1 20 0,015
Chlorotoluron 0,1 30 0,01
2,4-D 0,1 30 0,01
2,4-D-B 0,1 90 0,0033
Pyridate 0,1 100 0,003
Dichlorprop 0,1 100 0,003
Bentazone 0,1 300 0,001

Ainsi, pour la plupart des pesticides pour lesquels l'OMS a établi une valeur guide, les valeurs du coefficient Rd/a correspondent déjà à une protection sanitaire dès lors que l'eau de la distribution publique est conforme aux limites communautaires, même si les procédés de traitement de dialyse ne réduisent pas leurs teneurs.
Toutefois, il faut rappeler que les pesticides évoluent dans les ressources en eau et éventuellement au cours des traitements dans les usines de potablilisation et qu'ils donnent naissance à différents sous-produits (métabolites, produits de dégradation et produits de réaction). Tous ces sous-produits ne sont pas connus, de même que leur toxicité propre. Peu sont détectables par les moyens d'analyse courant actuellement disponibles. La directive 98/83/CE indique que ces sous-produits doivent être considérés comme des pesticides à part entière.
Pour les eaux d'alimentation, le résultat d'une analyse d'un pesticide ou d'un sous-produit est comparé à la valeur réglementaire de 0,1 µg/L. L'interprétation par rapport aux recommandations de l'OMS est faite pour la teneur totale du pesticide et des sous-produits mesurés en considérant, sauf information particulière, que le pesticide et ses sous-produits ont la même toxicité. Pour l'eau de dialyse, l'interprétation des résultats d'une analyse par rapport à la référence provisoire de qualité devrait porter également sur la teneur totale du pesticide et de ses sous-produits mesurés. Le manque de connaissances sur les sous-produits peut justifier le fait de retenir une valeur réduite du coefficient Rd/a.
Cette discussion a été conduite en faisant l'hypothèse que les procédés de traitement de dialyse n'éliminaient pas les pesticides. En pratique, les procédés d'osmose, de filtration sur charbon actif ou sur certaines membranes ont une efficacité sur différents pesticides et sur des sous-produits. Par exemple l'osmose inverse peut retenir de l'ordre de 50 % des teneurs en atrazine ; dans ces conditions, le coefficient Rd/a passe, du fait du traitement, de 0,15 à environ 0,07.
Pour établir une position vis-à-vis de la teneur en pesticides des eaux de dialyse et répondre aux problématiques indiquées précédemment, les évaluations développées ci-dessus devraient être menées pour l'ensemble des pesticides autorisés mais il apparaît déjà plusieurs approches possibles :
1) le cas de la présence d'aldrine, de dieldrine, d'heptachlore ou d'heptachlorépoxyde ou de chlordane doit faire l'objet d'un examen particulier tenant compte de la teneur relevée et de la valeur de Rd/a. Ces substances sont maintenant interdites mais des traces sont retrouvées dans certaines eaux, une référence provisoire de qualité pourrait être fixée par exemple à partir d'un coefficient Rd/a égale à 1 ;
2) si, pour un des autres pesticides ayant fait l'objet d'une valeur guide de l'OMS, la teneur totale de l'eau avant osmose inverse, considérée comme le total de la teneur de la substance et de celles de ses sous-produits mesurés, est inférieure ou égale à 0,1 µg/L, il en résulte que le coefficient Rd/a est inférieur ou égal à 0,3 (30 %) ce qui signifie que l'apport par la dialyse correspondrait au plus à 30 % de l'apport toléré chaque semaine pour l'alimentation. Pour la majorité des pesticides concernés, sous réserve d'une validation toxicologique, la valeur du coefficient ne révèle pas a priori un problème grave de santé publique en dialyse.
Il faut toutefois attirer l'attention sur le fait que dans le suivi sanitaire des eaux d'alimentation, le déclenchement d'une non-conformité se fera dès que la teneur de 0,1 µg/L est dépassée pour la substance ou pour un de ses métabolites ou sous-produits mais, en général, non pas dès que le total de ces éléments dépasse 0,1 µg/L. Par ailleurs, compte tenu des difficultés analytiques rencontrées pour certaines substances, l'erreur de mesure peut être assez élevée au niveau de 0,1 µg/L ;
3) si, pour un des autres pesticides ayant fait l'objet d'une valeur guide de l'OMS ou pour un de ses métabolites ou sous-produits, la teneur dans l'eau de distribution dépasse 0,1 µg/L et qu'une dérogation est accordée par le préfet, la gestion va dépendre de la situation relevée et de la limite fixée dans la dérogation. Si la valeur fixée au titre de la dérogation atteint la valeur guide de l'OMS, le coefficient Rd/a passe à 3 si la concentration dans l'eau de dialyse est égale à la valeur maximale de dérogation. Une étude particulière doit être menée ; elle déterminera l'efficacité du traitement en place sur la teneur. Si la situation doit durer, un traitement adapté complémentaire pourra être mis en œuvre. À titre de précaution, il pourrait être visé comme objectif pour chaque pesticide que le coefficient Rd/a, calculé au moyen des formules (21) ou (22) à partir de la concentration totale mesurée (total de la teneur de la substance et de celles de ses sous-produits mesurés) pour l'eau dialyse (Ced), soit inférieur au moins à 1.
(21)                Rd/a = Ced/DJT
(22)                Rd/a = 3 × Ced/VG
Une étude détaillée pourrait être menée sur le devenir réel au cours de la dialyse des pesticides pour lesquels la valeur du coefficient Rd/a est comprise entre 0,1 et 1, la priorité étant donnée notamment à l'atrazine et à la simazine.

Conclusion

En s'appuyant sur la démarche retenue par l'OMS pour établir des valeurs guides applicables aux eaux d'alimentation pour les substances chimiques ayant une importance sanitaire, une méthode simplifiée est proposée pour élaborer des références provisoires de qualité pour certaines substances chimiques pouvant être présentes dans l'eau de dialyse. Cette méthode introduit un coefficient appelé Rd/a qui correspond, pour une substance donnée, au rapport entre la quantité pouvant être apportée par l'eau de dialyse et celle hebdomadaire tolérée pour l'alimentation. La valeur de ce coefficient dépend du niveau de risque retenu. L'approche théorique et l'examen de limites de qualité déjà existantes en dialyse montrent que le choix de cette valeur peut être de :
– 1 si l'objectif fixé est que l'apport hebdomadaire d'une substance par l'eau de dialyse ne dépasse pas celui toléré pour l'ensemble des aliments, y compris les eaux destinées à la consommation humaine ;
– 0,1 si l'objectif fixé est que l'apport hebdomadaire soit au plus égal à celui provenant des eaux d'alimentation ;
– 0,01 si des incertitudes ou la gravité d'effets possibles conduisent à appliquer le principe de précaution.
En pratique, cette méthode proposée peut ainsi servir dans une analyse de risque soit pour établir une référence provisoire de qualité pour les eaux de dialyse soit, à partir du calcul du coefficient Rd/a en fonction de la teneur relevée dans l'eau de dialyse, à apprécier l'ordre de grandeur des enjeux sanitaires.
L'application de la méthode proposée au cas des pesticides pour lesquels l'OMS a établi une valeur guide, montre que le coefficient Rd/a est inférieur à 0,3 pour la plupart des pesticides et que, pour la majorité d'entre eux, il est même inférieur à 0,05. Cette situation s'explique par le fait que la directive communautaire 80/778/CEE et celle 98/83/CE ont fixé pour chaque pesticide, quelle que soit sa toxicité, une limite de qualité de 0,1 µg/L à titre de précaution. Si pour un pesticide donné, sa teneur totale dans l'eau d'alimentation, comprise comme la somme de la teneur du pesticide et de ses sous-produits mesurés, est conforme à cette limite, il ne semble pas qu'il y ait de problème particulier pour l'eau de dialyse produite à l'aval. Toutefois le décret n° 2001-1220 du 20 décembre 2001 permet au préfet, sous conditions, de déroger à cette limite de qualité. Dans de telles circonstances, une étude particulière devra être menée en fonction des caractéristiques de l'installation de traitement de l'eau de dialyse, notamment lorsque les pesticides en cause seront l'atrazine et la simazine et leurs sous-produits. À titre de précaution, il pourrait être visé comme objectif pour chaque pesticide un coefficient Rd/a au moins inférieur à 1 calculé à partir de la concentration totale mesurée (total de la teneur de la substance et de celles de ses sous-produits mesurés).
La méthode proposée repose sur un raisonnement théorique et ne constitue qu'un outil d'aide à l'analyse des risques d'une situation donnée. Les références de qualité qui seraient établies à partir de cette méthode ou les décisions qui en résulteraient ne devraient alors être considérées que comme provisoires pour la période nécessaire à la mise en œuvre de la démarche normale de fixation de limites de qualité applicable pour les eaux de dialyse. n

Références

1. Pharmacopée européenne, Addendum 2001, 3e édition Direction Européenne de la qualité du médicament, Pharmacopée européenne, 226 avenue de Colmar, BP 907, F67029 Strasbourg cedex 1.

2. Norme ISO/DIS 13959. Eaux pour hémodialyse ou hémofiltration.

3. Norme AAMI (Association for the advancement of medical instrumentation) RD62/2001. Traitement d'eau pour hémodialyse.

4. Circulaire DGS/DH/AFSSAPS n° 2000-311 du 7 juin 2000 relative aux spécifications techniques et à la sécurité sanitaire de la pratique de l'hémofiltration et de l'hémodiafiltration en ligne dans les établissements de santé. Bulletin officiel du ministère de l'Emploi et de la Solidarité n° 00/25 du 19 au 25 juin 2000.

5. Circulaire DGS/VS4/DH/AFSSAPS n° 2000-337 du 20 juin 2000 relative à la diffusion d'un guide pour la production d'eau pour l'hémodialyse des patients insuffisants rénaux. Bulletin officiel du ministère de l'Emploi et de la Solidarité n° 00/29 du 17 au 23 juillet 2000.

6. Directives de qualité pour l'eau de boisson, 2e édition, recommandations, publié en 1994 par l'OMS ou dans l'additif au volume 1 publié en 1998 par l'OMS.

7. Directive européenne 98/83/CE du 3 novembre 1998 relative à la qualité des eaux destinées à la consommation humaine, Journal officiel des communautés européennes du 5 décembre 1998 pages L330 /32 à L330/54.

8. Décret n° 2001 – 1220 du 20 décembre 2001 relatif à la qualité des eaux destinées à la consommation humaine à l'exclusion des eaux minérales naturelles. Journal officiel du 22 décembre 2001 : 20381-99.

9. Décret n° 89-3 du 3 janvier 1989 relatif aux eaux destinés à la consommation humaine modifié par le décret n° 90-330 du 10 avril 1990, par le décret n° 91-257 du 7 mars 1991, par le décret n° 95-363 du 5 avril 1995, par le décret n° 97-503 du 21 mai 1997, le décret n° 98-1090 du 4 décembre 1998 et par le décret n° 99-242 du 26 mars 1999.

10. Avis de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (2000-SA-0308) du 30 novembre 2000 relatif à la contamination par l'atrazine et ses métabolites des réseaux d'eau alimentant la population de Seine-et-Marne. Évaluation des risques relatifs aux situations de non-conformité des eaux.

Pesticides

Paramètres


 

Qui sommes-nous ? - Contactez-nous - Conditions d'utilisation - Paiement sécurisé
Actualités - Les congrès
Copyright © 2007 John Libbey Eurotext - Tous droits réservés
[ Informations légales - Powered by Dolomède ]