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Turbidimétrie ou néphélémétrie : quel choix pour les dosages de l’albumine, l’ApoA, la CRP, l’haptoglobine, l’IgM et la transthyrétine ?


Annales de Biologie Clinique. Volume 66, Numéro 1, 63-78, Janvier-Février 2008, article original

DOI : 10.1684/abc.2008.0192

Résumé   Summary  

Auteur(s) : F Thuillier, C Demarquilly, A Szymanowicz, C Gaillard, M Boniface, C Braidy, A Daunizeau, D Gascht, A Gruson, J-F Lagabrielle, E Lasnier, M Lemdani, V Macchi, G Poulin, C de Sainte Hermine, J Sancho, F Schellenberg, O Sevin, M Vaubourdolle , Pour le CNBH (Collège national de biochimie des hôpitaux), Coordinateur du groupe : F. Thuillier, Centre hospitalier, Laboratoire de biochimie, Meaux.

Résumé : La néphélémétrie est considérée comme la méthode de référence du dosage des protéines spécifiques. Elle nécessite un appareillage spécifique qui n’est pas présent dans tous les laboratoires. Aussi le dosage de la plupart des protéines s’effectue-t-il sur des automates de biochimie utilisant comme principe la turbidimétrie. L’objectif du groupe CNBH (Collège national de biochimie des hôpitaux) a été de comparer la néphélémétrie et la turbidimétrie pour 7 automates, 2 néphélémètres, le BN Prospec™ (Dade-Behring) et l’Immage™ (Beckman-Coulter) et 5 automates, l’Intégra™ et Modular™ (Roche Diagnostics), le LX20™ (Beckman-Coulter), le RXL™ (Dade-Behring) et l’AU™ (Olympus). Six protéines ont été étudiées (albumine, ApoA, CRP, haptoglobine, IgM, transthyrétine (préalbumine)), pour lesquelles une sérothèque spécifique à chaque protéine a été constituée. Chaque sérothèque comprenait 140 échantillons (180 pour les IgM dont 53 IgM monoclonales) 110 échantillons limpides et 30 échantillons dits HLI pour Hémolysés, Lipémiques et Ictériques. Quinze hôpitaux ont participé à cet essai. L’analyse de variance conduite sur l’ensemble des échantillons limpides et sur les sérums de contrôle de qualité conclut à la mise en évidence pour les 6 protéines testées d’un effet « automate » mais pas d’un effet « méthode » (néphélémétrie versus turbidimétrie). Ces résultats confirment une tendance constante de ces dernières années. En revanche, la transférabilité des résultats était espérée meilleure. Un effort sur le choix plus judicieux des anticorps et des progrès sur la standardisation reste à faire.

Mots-clés : néphélémétrie, turbidimétrie, albumine, ApoA, CRP, haptoglobine, IgM, transthyrétine

Illustrations

ARTICLE

Auteur(s) : F Thuillier, C Demarquilly, A Szymanowicz, C Gaillard, M Boniface, C Braidy, A Daunizeau, D Gascht, A Gruson, J-F Lagabrielle, E Lasnier, M Lemdani, V Macchi, G Poulin, C de Sainte Hermine, J Sancho, F Schellenberg, O Sevin, M Vaubourdolle

Pour le CNBH (Collège national de biochimie des hôpitaux)
Coordinateur du groupe : F. Thuillier, Centre hospitalier, Laboratoire de biochimie, Meaux

Article reçu le 18 Juin 2007, accepté le 31 Octobre 2007

La néphélémétrie est considérée depuis longtemps comme la méthode de référence du dosage des protéines spécifiques dans la gamme des concentrations de l’ordre du mg/L. Elle permet d’éliminer certaines interférences spectrales mais nécessite des appareils dédiés à cette fonction [1]. La turbidimétrie est le principe couramment utilisé pour le dosage des protéines spécifiques sur la plupart des automates commercialisés à l’heure actuelle [2] ; elle met en jeu des méthodes pratiques, globalement plus économiques mais considérées comme moins exactes et moins précises que la néphélémétrie [1]. Les automates actuels de biochimie possèdent une vaste gamme de dosages turbidimétriques accessibles à un poste unique de travail, ce qui les rend particulièrement efficients. La spécificité des anticorps actuellement obtenus, la qualité de la production industrielle des réactifs, ainsi que la qualité des automates permettent-elles d’envisager l’utilisation de la turbidimétrie en technique de routine ?

Le but de ce travail a été de comparer, pour les protéines définies ci-dessous, les résultats fournis par des automates disponibles sur le marché aux résultats obtenus par des néphélémètres.

Le CNBH (Collège national de biochimie des hôpitaux) au travers d’un groupe de travail qu’il a créé s’est donné pour mission de tenter d’y répondre. De nombreuses études précédemment publiées concernant le sujet traitent, soit d’une protéine donnée dosée sur plusieurs automates, soit de la comparaison du dosage de plusieurs protéines sur deux automates [3-6]. Il n’a pas été publié, à notre connaissance, d’étude utilisant un panel de protéines dosées simultanément sur un nombre important d’automates utilisant la néphélémétrie ou la turbidimétrie. Pour répondre à cet objectif, le CNBH a effectué un appel à candidature parmi ses membres en janvier 2003 pour créer le groupe qui a été constitué en mars 2003. Ce groupe a établi en mai 2003 un protocole qui prévoit de doser les 6 protéines sur 7 automates à partir de 6 sérothèques différentes. Le CNBH a constitué et distribué les sérothèques de septembre à octobre 2003, réalisé les dosages de novembre 2003 à mars 2004, recueilli les données puis validé les saisies d’avril à septembre 2004 et enfin mené l’analyse statistique de septembre à décembre 2004 pour établir les résultats qui sont présentés.

Matériels et méthodes

Les protéines testées

Le panel (albumine, ApoA, CRP, haptoglobine, IgM, transthyrétine (ou préalbumine)) avait pour but de valider :
  • le choix d’un poste unique de travail 24 heures sur 24 destiné aux dosages habituels de biochimie et aux dosages prescrits de protéines de jour comme de nuit telles la CRP, l’albumine, l’haptoglobine ;
  • l’absence d’effets sur les résultats pouvant résulter d’une dilution importante et nécessaire du prélèvement comme pour l’albumine, d’une standardisation non universelle comme pour l’ApoA, d’interférences reconnues avec la monoclonalité comme pour les IgM ;
  • la possibilité de doser à des concentrations de l’ordre du mg/L, concentration facilement dosable en néphélémétrie mais plus délicate en turbidimétrie comme pour la transthyrétine.

Les sept automates retenus

Ils équipaient nos laboratoires :
  • 2 néphélémètres : l’Immage™ (Beckman-Coulter) et le BN Prospec™ (Dade-Behring) ;
  • 5 turbidimètres : l’Intégra™ et Modular™ (Roche Diagnostics), le Dimension RXL™ (Dade-Behring), le LX20™ (Beckman-Coulter) et l’AU™ (Olympus).

Le groupe CNBH

Le groupe était constitué de 16 biologistes répartis sur 15 villes et de 3 statisticiens de l’EA3614 du Laboratoire de biomathématiques de la Faculté de pharmacie de Lille. La répartition entre les sites, leurs responsables, les automates, les protéines dosées figurent sur le tableau 1.

Tableau 1 Sites, équipements et répartition des responsabilités.

Site

Biologiste responsable

Equipement concerné

Responsabilités dans l’essai

1- Arras

A. Gruson

Modular™

CRP, haptoglobine, IgM

2- Briey

D. Gascht

Immage™

Albumine, CRP, haptoglobine

3- Flers

G. Poulin

Immage™

ApoA, IgM, transthyrétine, sérothèques

4- Fontainebleau

C. Braidy

Intégra™

Albumine, CRP, haptoglobine

5- Gueret

O. Sevin

Modular™

Albumine, ApoA, transthyrétine

6- Lens

A. Daunizeau

Sérothèques, statistique

7- Meaux

F. Thuillier

Sérothèques, coordination

8- Montluçon

V. Macchi

LX20™

ApoA, haptoglobine, IgM, transthyrétine

9- Paris

E. Lasnier, M. Vaubourdolle

AU™

Les 6 protéines

10- Pau

J-F. Lagabrielle

LX20™

CRP

11- Roanne

A. Szymanowicz

Intégra™

ApoA, IgM, transthyrétine, sérothèques

12- St Denis

J. Sancho

BN Prospec™

Les 6 protéines, sérothèques

13- St Jean d’Angely

C. de Sainte Hermine

RXL™

5 protéines (alb. exclue), sérothèques

14- Soissons

C. Gaillard

Contrôle et coordination

15- Tours

F. Schellenberg

Sérothèques

Les sérothèques

Le principe a été de constituer autant de sérothèques que de protéines à tester à partir des prélèvements arrivant spontanément aux laboratoires pour des dosages de protéines spécifiques. Le fond de tube (tube sec sans gel) habituellement utilisé est récupéré si ce reste est au moins égal à 2 mL de sérum. Cette quantité est répartie en 8 aliquotes de 250 μL qui sont congelées à – 20 °C (microtubes de congélation en polypropylène de 500 μL à vis, 7 aliquotes pour les dosages à réaliser sur 7 appareils et une pour les éventuels contrôles). Toutes les sérothèques sont constituées en septembre et octobre 2003, pour une durée maximale de 6 mois. Les prélèvements ont été utilisés de novembre 2003 à mars 2004 selon les sites. Le site 7 a conservé une année supplémentaire une aliquote de tous les échantillons des sérothèques pour servir ultérieurement à des contrôles ou à la vérification de non monoclonalité de prélèvements.

Pour chaque protéine, la sérothèque est constituée théoriquement de 140 échantillons (110 échantillons limpides, 30 échantillons dits HLI, pour Hémolysés, Lipémiques et Ictériques). Pour l’IgM, il a été ajouté 53 IgM monoclonales. Le nombre d’environ 110 échantillons d’aspect limpide (chiffres exacts au tableau 2, colonne 3) est choisi afin de pouvoir disposer au final d’au moins 100 résultats par protéine. L’étude des interférences est limitée à l’hémolyse, la surcharge lipémique et l’ictère ; la monoclonalité a été étudiée avec les IgM. Les 30 échantillons HLI sont sélectionnés à l’œil, puis les résultats des indices HLI des automates les fournissant ont ensuite été renseignés. Une fiche clinique est documentée.

Les 110 échantillons limpides sont choisis par le site qui était chargé de constituer la sérothèque de telle manière que la répartition des échantillons réponde aux exigences suivantes :

  • albumine (site 12) : 20 échantillons < 20 g/L, 60 échantillons de classes homogènes de concentrations comprises entre 20 et 40 g/L et 30 échantillons > 40 g/L ;
  • ApoA (site 6) : 110 échantillons de classes homogènes ;
  • CRP (site 7) : 50 échantillons < 20 mg/L, 40 échantillons de classes homogènes de concentrations comprises entre 20 et 50 mg/L et 20 échantillons > 50 mg/L ;
  • haptoglobine (sites 3 et 11) : 110 échantillons de classes homogènes ;
  • IgM : 110 échantillons de classes homogènes sans IgM monoclonale (site 13) et 53 échantillons avec présence d’une IgM monoclonale (site 15) ;
  • transthyrétine (site 6) : 110 échantillons de classes homogènes.


Tableau 2 Données des corrélations et des diagrammes des différences, des échantillons limpides. La comparaison des pourcentages de points rejetés avant et après transformation démontre l’amélioration de la transférabilité des résultats par ce moyen statistique.

1

2

3

4

5

6

7

8

n

Equation 2 de Passing-Bablok y =

r

Moyenne des différences

% points au-delà de l’intervalle de confiance après transformation

% points au-delà de l’intervalle de confiance avant transformation

Albumine

Turbidimètres

AU™

110

1,059 x – 1,69

0,997

0,005

5

5

Dimension RXL™

0

-

-

-

-

-

Intégra™

110

0,865 x + 4,98

0,995

0,115

5

5

LX20™

0

-

-

-

-

Modular™

110

0,942 x – 0,26

0,998

0,049

5

-

Néphélémètres

BN Prospec™

110

1,038 x + 0,04

0,995

- 0,065

6

17

Immage™

110

1,104 x – 3,357

0,992

- 0,055

5

7

Pool

550

1,001 x – 0,037

0,995

- 0,010

5

15

ApoA

Turbidimètres

AU™

83

0,842 x + 0,121

0,994

0,000

6

14

Dimension RXL™

92

1,077 x + 0,078

0,991

0,002

5

43

Intégra™

95

0,916 x + 0,024

0,994

0,004

3

24

LX20™

95

1,043 x – 0,115

0,994

0,001

6

15

Modular™

95

0,975 x – 0,054

0,993

0,006

6

25

Néphélémètres

BN Prospec™

94

1,000 x – 0,035

0,991

0,003

5

6

Immage™

93

1,183 x – 0,0549

0,987

0,008

6

25

Pool

647

1,000 x + 0,000

0,990

0,004

5

22

CRP

Turbidimètres

AU

94

1,014 x + 0,093

0,997

- 0,091

7

7

Dimension RXL™

104

1,153 x - 0,184

0,998

0,055

7

15

Intégra™

105

0,982 x + 0,300

0,997

- 0,170

7

7

LX20™

105

0,959 x + 0,070

0,998

- 0,110

5

9

Modular™

104

0,945 x - 0,984

0,998

- 0,072

5

20

Néphélémètres

BN Prospec™

99

0,926 x + 0,025

0,995

0,013

8

12

Immage™

105

1,071 x - 0,101

0,993

0,179

9

7

Pool

716

0,999 x + 0,004

0,999

0,027

7

11

Haptoglobine

Turbidimètres

AU™

108

0,929 x -+0,040

0,996

0,117

7

10

Dimension RXL™

109

1,000 x + 0,020

0,984

- 0,048

5

5

Intégra™

106

0,976 x + 0,024

0,912

0,224

8

8

LX20™

106

0,968 x + 0,006

0,969

- 0,044

4

4

Modular™

100

0,910 x + 0,014

0,990

- 0,047

7

11

Néphélémètres

BN Prospec™

103

0,975 x - 0,025

0,982

- 0,014

7

9

Immage™

107

0,966 x + 0,043

0,984

0,023

6

6

Pool

739

1,000 x + 0,000

0,966

0,031

6

8

IgM

Turbidimètres

AU™

106

1,010 x - 0,006

0,991

0,001

8

6

Dimension RXL™

106

0,977 x + 0,062

0,982

- 0,019

7

9

Intégra™

106

0,852 x + 0,166

0,994

0,003

3

4

LX20™

106

1,095 x - 0,076

0,983

0,012

5

5

Modular™

106

1,010 x - 0,015

0,988

- 0,008

9

9

Néphélémètres

BN Prospec™

106

1,017 x + 0,006

0,962

- 0,034

6

6

Immage™

106

0,965 x - 0,047

0,983

0,002

4

10

Pool

742

1,000 x + 0,000

0,983

- 0,003

6

7

Transthyrétine

Turbidimètres

AU™

102

1,032 x + 0,006

0,987

0,001

6

15

Dimension RXL™

102

1,070 x - 0,032

0,988

0,000

7

17

Intégra™

103

1,000 x + 0,006

0,985

- 0,004

9

7

LX20

103

1,000 x + 0,000

0,995

0,001

4

6

Modular™

101

0,786 x + 0,016

0,993

0,000

2

25

Néphélémètres

BN Prospec™

101

1,116 x + 0,001

0,978

0,003

3

21

Immage™

103

1,053 x + 0,005

0,994

0,000

5

21

Pool

715

1,000 x + 0,000

0,988

0,000

5

16

L’envoi des sérothèques

Les sérothèques, une fois constituées, sont transférées en 24 heures au site 7 dans des coffres spécifiques maintenus à – 20 °C par de la carboglace par l’intermédiaire de la société GT Santé, prestataire spécialisé dans le transport des échantillons biologiques vers les laboratoires d’analyses médicales.

Après réception des sérothèques, le site 7 a réparti les aliquotes en 11 colis et transmis ces colis aux sites destinataires comme indiqué ci-dessus via le même prestataire. Les laboratoires réceptionnaires ont conservé l’ensemble des échantillons à – 20 °C jusqu’au moment d’effectuer les dosages.

Les réactifs

Les dosages sont réalisés selon les recommandations des fournisseurs tant pour le mode opératoire que pour l’étalonnage et les contrôles, tout en conservant le mode de fonctionnement habituel du site. Les références des réactifs utilisés par appareil sont indiquées dans le tableau 3.

Tableau 3 Références des réactifs utilisés.

Automates

Albumine

ApoA

CRP

Haptoglobine

IgM

Transthyrétine

AU™

OSR6167

OSR6142

OSR6147

OSR6165

OSR6146

OSR6175

  • BN
  • Prospec™


153978

155014

167539

153876

153290

155194

  • Dimension
  • RXL


AA4040

EC 4267

HP4174

FB 4175

CH 4129

Immage

447600

446410

447280

M301406

447610

M 210143

Intégra

ALBT646090

637260

CRPLX164399

HAPT2 645287

641584

645050 01

LX20

467900

969620

Array449410*

467930

475106

Modular™

118 75400

03 032 612

1 730 371**

645290

1 192 9313

11660519

Le protocole de travail et les contrôles de qualité externes (CQ)

Les 140 (ou 180 pour les IgM) échantillons sont dosés en 10 séries après décongélation selon le protocole fourni (décongélation à température ambiante, homogénéisation, centrifugation). Les aliquotes ne sont pas conservées après dosage vu le faible volume disponible. Lors de chaque série de dosages, 4 sérums de contrôle (CQ) sont analysés en double, 2 CQ hauts et bas Vigils™, dits respectivement Vigil1 et Vigil2, fournis par la société Beckman-Coulter et 2 CQ hauts et bas MAS™, dits respectivement MAS1 et MAS2, fournis par la société BMD en plus des contrôles et étalonnages habituels de chaque site. Lors d’une des dix séries au choix, les 4 CQ cités ci-dessus en référence sont analysés 10 fois. Le passage des CQ avait comme objectif principal la validation des séries et comme objectif secondaire l’évaluation de la répétabilité et la reproductibilité des appareils.

La saisie des résultats

Chaque site a reçu un fichier Excel™ constitué de deux feuilles, l’une concernant les dosages, l’autre les CQ. Les sites ont saisi manuellement d’une part, l’identification de l’aliquote respectant l’anonymat, l’aspect du sérum, le résultat du dosage et les éventuels indices HLI et, d’autre part, les résultats des CQ et, également, les références des réactifs, des contrôles propres et des étalonnages utilisés.

Une correction des quelques erreurs de saisie par retour aux données sources des automates a été nécessaire et effectuée pour tous les points s’écartant de 2 SD de la moyenne. Les corrections et vérifications terminées, certains résultats non numériques (< à …) ou incohérents (cf. paragraphe résultats) sont éliminés.

Les traitements statistiques

Sur les contrôles de qualité, l’étude est uniquement descriptive afin de permettre la validation des séries.

Sur les sérothèques : le traitement a été effectué protéine par protéine, d’une part, sur les échantillons limpides, d’autre part, sur les échantillons HLI. Un traitement supplémentaire a été appliqué aux IgM monoclonales.

  • Concernant le rendu de résultats par « inférieur à un seuil » et pour un échantillon donné, il y a eu élimination de l’échantillon lorsque plus de la moitié des automates ont rendu « < seuil ». Dans les autres cas, les résultats « < seuil » ont été remplacés par une estimation basée sur la distribution des autres résultats effectivement mesurés par l’automate.
  • Concernant les valeurs potentiellement aberrantes et uniquement sur les échantillons limpides, une recherche d’éventuelles valeurs aberrantes a été effectuée par le Test de Grubb’s [7, 8].
  • Pour mettre en évidence une éventuelle différence entre la néphélémétrie et la turbidimétrie, une analyse de variance a été conduite sur des échantillons appariés (Anova) au seuil de 0,01 % à deux facteurs, le facteur « automate » et le facteur « échantillon ». Cette Anova permet de composer par le test LSD (least significant difference test), pour les 6 protéines, plusieurs groupes. Chaque groupe est caractérisé par sa variance homogène entre automates. La composition de ces groupes renseigne sur l’homogénéité des résultats fournis par les appareils. Les calculs ont été effectués avec le logiciel SAS [9]. L’Anova a d’abord été conduite sur le lot des échantillons limpides puis sur un deuxième lot regroupé des échantillons HLI. Le lot HLI sera éventuellement et uniquement si nécessaire divisé en trois sous-groupes H, L et I si une significativité est mise en évidence. Enfin, l’Anova a été effectuée, pour le seul dosage des IGM, sur un troisième lot constitué des IGM monoclonales.
  • La comparaison des méthodes a été effectuée par la méthode classique de Bland et Altman [10] modifiée selon le principe décrit par Borgard et al. [11]. La référence choisie a été la moyenne des aliquotes pour chaque échantillon. Cette moyenne présente une variance plus faible que celles obtenues pour les 2 néphélémétres ou pour les 5 automates de biochimie. Elle a été choisie en l’absence d’une technique ayant pu être considérée comme référence. Chaque série de chaque automate a été corrélée à la moyenne des aliquotes en utilisant une méthode non paramétrique, celle de Passing-Bablock et al, adaptée aux distributions non gaussiennes [12], et une première équation de corrélation a été calculée. Des biais particuliers dus aux différents sites peuvent apparaître. Afin d’éliminer l’effet des paramétrages particuliers aux différents sites, les résultats de chaque site ont été recalculés après une inversion de x en y selon la méthode décrite par Borgard et al. [11] ; une deuxième équation de corrélation a été obtenue et elle a servi à transformer la série 1 en série 2. La troisième équation ainsi obtenue a permis l’obtention d’un 2e diagramme des différences sur lequel la différence moyenne et son IC, l’intervalle de confiance, de 95 % (pour un échantillonnage supérieur à 30, l’IC est l’intervalle donné par le calcul de la moyenne ± 1,96 SD) ont permis de compter le nombre de points extérieurs à cette limite et de comparer ainsi les techniques. Cette méthode peut être utilisée dans le but de comparer plusieurs techniques entre elles et rechercher les différences sans avoir l’objectif de comparer les exactitudes.
  • La dispersion des résultats pour chaque protéine et pour chaque appareil est mesurée par des méthodes de calculs statistiques traditionnelles utilisant la moyenne et le CV, le coefficient de variation.
  • Les résultats du CQ externe permettent d’évaluer la justesse en calculant le rapport des moyennes des échantillons pour chaque appareil et pour chaque protéine à la moyenne obtenue pour l’ensemble des appareils. Le biais local est l’écart par rapport à un seul système concerné. Le biais moyen de justesse est la moyenne des biais locaux pour une protéine considérée. Cette donnée est établie pour les échantillons limpides (première section du tableau 4) et pour les échantillons « HLIM » (seconde section du tableau 4). Les CVP, CV pour chaque protéines, et CVA, CV chaque appareil, sont ainsi calculés.

Les CVA moyens renseignent sur l’homogénéité des résultats et sont obtenus par le calcul de la moyenne des 3 CVA présentés dans les 3 premières sections du tableau 4 et figurent sur la première ligne de la section V de ce tableau.

  • Les indices d’inexactitudes sont calculés par la moyenne du nombre de points au-delà de l’IC des diagrammes des différences selon la méthode de Bland et Altman modifée par Borgard et al. [11]. Ces indices sont reportés à la section V, ligne 2 du tableau 4.
  • L’erreur totale de justesse est définie par appareil pour les échantillons limpides (L) comme la somme du CVA des échantillons limpides et de l’indice d’inexactitude moyens et pour tous les échantillons L et HLIM comme la somme du CVA moyen et l’indice d’inexactitude.


Tableau 4 Coefficient de variation en % des dispersions par appareil (CVA) et par protéine (CVP) calculés pour les échantillons limpides, HLI, monoclonaux et pour l’effectif total ; Indice d’inexactitude et erreur totale de justesse obtenus par protéine par le calcul des ratios des moyennes à la moyenne générale.

Echantillons

Protéines

Néphélémètres

Turbidimétres

CVP

Immage ™

BN prospec™

Modular™

Intégra™

LX20™

RXL™

AU™

  • 1
  • Limpides


Albumine

0,99

1,04

0,94

1,02

1,01

3,81

ApoA

1,13

0,97

0,93

0,93

0,97

1,14

0,93

9,12

CRP

0,92

1,09

1,05

0,99

1,02

0,87

1,06

8,04

Haptoglobine

1,00

1,07

1,10

0,91

1,04

1,00

0,88

8,58

IgM

1,07

1,01

1,00

0,99

0,96

0,95

1,00

3,77

Transthyrétine

0,95

0,90

1,20

1,00

1,00

1,10

0,95

10,84

CVA

8,01

7,22

9,62

4,28

3,35

9,99

6,56

  • 2
  • HLIM


Albumine

1,01

1,04

0,99

1,00

1,01

1,85

ApoA

1,1

0,98

0,93

0,95

0,97

1,15

0,94

8,47

CRP

0,98

1,09

1,08

0,99

1,04

0,9

0,91

8,05

Hapto

0,96

1,46

0,82

0,97

0,99

0,85

0,95

22,28

IgM

1,13

1,59

0,91

0,9

0,82

0,79

0,88

27,97

IgM monoclonales

1,16

0,95

1,04

1,22

0,76

0,87

1,00

14,77

Transthyrétine

0,95

0,88

1,1

1,14

0,98

1,1

0,84

13,10

CVA

8,85

28,42

9,66

10,61

11,25

13,28

6,66

  • 3
  • Ratio HLI/L


Albumine

1,01

1,00

1,05

0,98

1,00

2,58

ApoA

0,97

1,01

1.00

1,02

1,00

1,01

1,01

1,62

CRP

1,07

1.00

1,03

1.00

1,02

1,02

1,03

2,32

Hapto

0,96

1,36

1,19

1,07

0,95

0,85

1,08

16,67

IgM

1,06

1,57

0,91

0,90

0,85

0,83

0,88

27,03

Transthyréline

0,98

0,98

0,91

1,14

0,98

1.00

0,88

8,88

CVA

4,73

25,31

10,64

7,70

6,81

9,36

8,75

  • 4
  • Ratio HLIM/L


Albumine

1,01

1,00

1,05

0,98

1.00

2,58

ApoA

0,97

1,01

1.00

1,02

1.00

1,01

1,01

1,62

CRP

1,07

1.00

1,03

1.00

1,02

1,02

1,03

2,32

Hapto

0,96

1,36

1,19

1,07

0,95

0,85

1,08

16,67

IgM

1,06

1,57

0,91

0,9

0,85

0,83

0,88

27,03

IgM monoclonales

1,08

0,94

1,04

1,23

0,79

0,92

1,00

13,38

Transthyrétine

0,98

0,98

0,91

1,14

0,98

1.00

0,88

8,88

CVA

5,19

24,49

9,72

10,37

9,29

8,44

8,03

  • 5
  • Moyenne
  • globale
  • %


CVA

7,35

20,04

9,68

8,42

7,96

10,57

7,08

Indice d’inexactitude

5,25

6,03

5,58

5,65

4,32

5,82

6,67

6

Erreur totale de

13,26

13,25

15,2

9,93

7,67

15,81

12,23

L

justesse

+

Score global de

12,6

26,07

15,26

14,07

12,28

16,39

13,75

HLIM

justesse (SGJ)

7

Score relatif de

1,03

2,12

1,24

1,15

1,00

1,33

1,12

Ratio

performance par

.

SGJ/12,28

appareil

Résultats

Echantillons de contrôle de qualité

Les résultats obtenus étaient tous compris dans les limites d’admissibilité des fourchettes établies par les fabricants. Les CV obtenus sont présentés dans le tableau 5 et conformes aux normes d’acceptabilité reconnues [13]. Ils sont majoritairement de l’ordre de 1 à 2 % et inférieurs à 5 % dans 94 % des cas. Le nombre de CV supérieurs à 5 % figure à la dernière ligne et la dernière colonne du tableau 5. Ces données ont permis de valider les séries utilisées ensuite dans les calculs statistiques. Tous les résultats de répétabilité et de reproductibilité ne peuvent pas être présentés ici en raison de leur grand nombre.

Tableau 5 CV en % des 4 contrôles de qualité utilisés, les MAS™ 1 et 2 et les Vigil™ 1 et 2.

Albumine

ApoA

CRP

Haptoglobine

IgM

Transthyrétine

  • Nb de
  • CV > 5


R1

R2

R1

R2

R1

R2

R1

R2

R1

R2

R1

R2

%

MAS™ 1

Néphélémètres

BN™

1.6

3.5

-

-

2.3

3.2°

1.6

1.8

1.6

1.8

1.3

5.6°

1

Immage™

3.4

-

-

-

2.3

3.4

2.3

1.6

1.8

2.1

1.3

2.4

0

Turbidimètres

AU™

2.4

2.6

-

-

1.7

5.7

1.0

1.8

1.1

2.6

3.4

4.1

1

RXL™

-

-

-

-

0.8

1.9

2.2

5.1

-

4.9

0.9

1.1

1

Intégra™

0.8

2.4

-

-

0.9

1.6

2.2

6.0

2.1

2.3

2.1

3.9

1

LX20™

-

-

-

-

3.4

4.0

6

2.6

1.4

7.3

4.1

2.5

1

Modular™

0.8

1.9

-

-

-

-

-

-

-

-

-

2.0

0

MAS™ 2

Néphélémètres

BN™

1.9

3.8

-

-

1.0

2.5

1.8

2.6

-

4.7

1.9

12.9

1

Immage™

2.4

-

-

-

1.9

1.9

1.4

1.1

1.9

1.7

3.9

1.7

0

Turbidimètres

AU™

0.7

2.3

-

-

2.8

2.7

2.8

2.4

2.0

2.8

2.2

3.2

0

RXL™

-

-

-

-

1.2

2.7

0.6

-

-

8.3

1.4

1.7

1

Intégra™

1.7

2.3

-

-

0.8

1.9

0.8

2.3

0.9

3.0

1.2

2.9

0

LX20™

-

-

-

-

2.0

2.5

1.2

3.0

2.1

4.9

1.8

2.9

0

Modular™

1.3

1.3

-

-

-

-

-

-

-

-

-

1.9

0

VIGIL™ 1

Néphélémètres

BN™

1.3

1.4

8.5

2.9

0.9

3.8

1.6

1.4

3.0

2.7

1.8

3.9°°

1

Immage™

2.5

-

1.8

3.3

1.7

2.1

2.2

2.2

1.7

2.5

1.6

1.1

0

Turbidimètres

AU™

1.8

1.6

2.6

4.1

2.3

5.6

3.3

2.1

3.1

3.2

3.0

2.8

1

RXL™

-

-

2.2

15.6°

0.8

3.5

1.2

10.3

-

6.5

1.2

3.2°

3

Intégra™

1.5

2.4

1.9

4.3

1.3

10.2

2.0

2.9

3.7

7.9

1.4

2.6

2

LX20™

-

-

2.1

3.4

2.2

3.8

1.5

4.0

3.3

3.3

0.0

2.8

0

Modular™

1.0

1.4

2.5

3.5

-

-

-

-

-

-

1.9

1.8

0

VIGIL™ 2

Néphélémètres

BN™

1.3

1.6

1.7

4.1

*

*

2.1

1.6

1.8

2.7

3.8

8.7°

1

Immage™

2.7

-

1.4

2.6

*

*

1.5

1.6

1.1

3.0

1.7

1.9

0

Turbidimètres

AU™

1.3

2.4

2.0

2.3

*

*

2.5

3.1

2.3

3.8

1.5

3.0

0

RXL™

-

-

1.2

4.0

*

*

1.2

9.9

-

7.6

0.7

2.5

2

Intégra™

1.0

1.8

1.1

3.9

*

*

1.1

1.9

2.4

3.7

2.3

2.7

0

LX20™

-

-

1.4

2.5

*

*

1.3

2.4

1.7

3.1

3.3

3.4

0

Modular™

1.7

2.1

2.3

2.7

*

*

-

-

-

-

0.8

1.7

0

Nb de CV > 5 %

0

0

1

1

0

3

0

4

0

5

0

3

17

Echantillons limpides

Traitement préalable des données, valeurs seuils ou valeurs jugées aberrantes

Pour l’albumine, 5 des 7 appareils ont été testés (Immage™, BN Prospec™, Modular™, Intégra™, AU™) sur 110 échantillons. Pour les 5 autres protéines, les 7 appareils ont été testés sur :
  • 95 échantillons pour l’ApoA (une donnée aberrante éliminée),
  • 105 échantillons pour la CRP (3 échantillons et 16 données aberrantes éliminées),
  • 109 échantillons pour l’haptoglobine (3 échantillons et 13 données aberrantes éliminées),
  • 106 échantillons pour l’IgM (une donnée aberrante éliminée),
  • 103 échantillons pour la transthyrétine (3 données aberrantes éliminées).

Comparaison des moyennes

Le traitement par analyse de variance des moyennes pour les 6 protéines a montré un effet « automates » (p ≤ 0,01) mais pas d’effet méthode « néphélémétrie » versus « turbidimétrie ». Pour illustrer ces résultats, les IC des moyennes pour les 7 automates ont été représentés sur un même graphique (figure 1). Le tableau 6 décrit la composition des groupes homogènes obtenus par le calcul Anova pour les différents appareils. Un groupe est constitué au minimum de deux automates. Un même automate peut appartenir à deux groupes distincts, il est alors à la borne minimale de l’un et maximale de l’autre groupe. Le classement est présenté par moyenne décroissante à la fois de groupe à groupe et à la fois à l’intérieure d’un groupe.

Les compositions des groupes sont toutes différentes d’une protéine à l’autre sans qu’il soit possible d’imputer les différences obtenues plus à une méthode qu’à une autre.

Tableau 6 Groupes homogènes d’automates obtenus par Anova pour chaque protéine classés par moyennes décroissantes.

Corrélations et diagrammes des différences

Dans cette partie, nous avons corrélé la moyenne des résultats, choisie pour être notre référence, des 5 à 7 aliquotes d’un échantillon à une mesure obtenue pour un automate donné. La méthodologie décrite dans le chapitre « les traitements statistiques, comparaison des méthodes » est illustrée pour démonstration à l’aide d’un exemple choisi pour son biais important, celui du dosage de l’albumine sur Intégra™ (figure 2). La figure 2A présente la droite de corrélation, équation 1, classiquement obtenue selon la méthode de Passing Bablock et al. [11], avec en Y la moyenne des 5 résultats, et en X celui de l’Intégra™ et, figure 2B, le diagramme des différences selon la méthode de Bland et Altman [10] qui en découle c’est-à-dire avec en Y la différence x-y de 2A et en X la moyenne (x+y)/2 de 2A. On révèle un biais évident à la figure 2B dû aux conditions particulières utilisées par le site ayant réalisé ce dosage. La méthode décrite l’élimine par l’inversion des x en y de l’équation présentée à la figure 2A qui donne en 2C la deuxième droite de corrélation, la corrélation inverse de la précédente, équation 2, qui dans ce cas est y = 0,865 x + 4,98. Cette équation permet de recalculer la série des résultats de l’Intégra™ et obtenir la figure 2D avec son équation 3 et son diagramme des différences en 2E qui ne présente plus le biais local. Si la méthode était parfaite, la différence en Y, figure 2E, serait égale à zéro et tous les points également répartis de part et d’autre de la droite des différences compris dans l’IC de 95 % représenté par les droites en pointillé. En 2E, la différence est de - 0,115 avec un IC incluant zéro ; cinq points se situent au-delà de l’IC de 4,2 g/L (2,1 x 2) représentant moins de 10 % de l’effectif. Ces résultats sont conformes aux normes à obtenir, raison pour laquelle tout l’effectif des 4 autres corrélations pour cette protéine a pu être additionné et représenté à la figure 2F qui représente le diagramme des différences de la somme des résultats obtenus avec les 5 automates. Les 4 autres diagrammes n’ont pas été représentés individuellement pour ne pas surcharger la figure. Pour chaque protéine et chaque automate, il aurait été possible de présenter la figure 2.

Il est dès lors possible de construire la figure 3 qui montre les diagrammes globaux obtenus avec les 5 autres protéines.

Le tableau 2 résume les données, équations des droites, effectifs, coefficients de corrélation, moyenne des différences et nombre de points au-delà de l’IC de 95 % avant (colonne 8) et après (colonne 7) transformation selon la méthode de Borgard et al. [11].

Echantillons HLI et IgM monoclonales

Traitement préalable des données, valeurs seuils ou valeurs jugées aberrantes

Pour l’albumine les 5 appareils (Immage™, BN Prospec™, Modular™, Intégra™, AU™) ont été testés sur 30 échantillons répartis en 10 H, 10 L et 10 I. Pour les 5 autres protéines, les 7 automates ont été testés :
  • pour l’ApoA sur 44 échantillons (10 H, 6 L et 28 I car un échantillon a été éliminé),
  • pour la CRP sur 29 échantillons (10 H, 9 L et 10 I car 3 échantillons ont été éliminés),
  • pour l’haptoglobine sur 24 échantillons (5 H, 10 L et 9 I car 4 échantillons ont été éliminés),
  • pour les IgM HLI non monoclonales sur 23 échantillons (6 H, 7 L et 10 I), pour les IGM monoclonales sur 53 échantillons,
  • pour la transthyrétine sur 37 échantillons (12 H, 11 L et 14 I).

Indices des échantillons HLI

Deux des sept appareils, le Modular™ et le LX20™ permettent de rendre des indices HLI. Les résultats des indices ont validé la classification faite à l’œil. À titre indicatif, pour la CRP et le LX20™, les valeurs des indices étaient les suivantes :
  • les indices I ictériques vont d’une échelle de 1 à 20, les sérums limpides avaient soit un indice I de 0 (96 %) ou 1 (4 %), les sérums ictériques un indice I moyen à 5,8 et toujours supérieur à 1 ;
  • les indices H d’hémolyse vont d’une échelle H de 0 à 10, les sérums limpides avaient un indice H de 0 (97 %) et 1 (3 %), les sérums hémolysés un indice H moyen à 5,2 ;
  • les indices L lipémiques vont d’une échelle L de 0 à 10, les sérums limpides avaient un indice L de 0 (94 %) et 1 (6 %), les sérums lipémiques un indice L moyen à 2,2.

Pour les 2 appareils et les 6 protéines, les résultats sont tous de cet ordre et valident la sélection faite.

Comparaison des moyennes

Le traitement par analyse de variance conduit pour les 6 protéines à une conclusion strictement identique à celle obtenue pour les échantillons limpides à savoir l’existence d‘un effet « automates » (p ≤ 0,01) et l’absence d’un effet méthode « néphélémétrie » versus « turbidimétrie ». Les groupes homogènes obtenus par le calcul Anova sont présentés dans le tableau 6 ; ils sont, et c’est le point important, tous différents d’une protéine à l’autre, sans lien possible entre les appareils d’un même fournisseur et différents de ceux obtenus avec les échantillons limpides.

Corrélations et diagrammes des différences

La même présentation que celle effectuée à l’aide de l’échantillonnage limpide aurait pu être montrée à l’aide de l’échantillonnage HLI, monoclonal ou global et est, quel que soit l’échantillonnage choisi, identique. Pour ne pas surcharger les illustrations, seul l’échantillonnage limpide a été représenté.

Discussion

Au cours de cette étude, nous avons principalement voulu vérifier si des différences, en termes de qualité analytique et de justesse, pouvaient être mises en évidence entre les deux grandes méthodes de dosage des protéines, la néphélémétrie et la turbidimétrie. Contraints par le nombre de sérothèques à constituer à partir d’un volume restreint de sérum, nous nous sommes limités à une étude de six protéines. La transferrine ou les IgG n’ont pas été retenues car les difficultés prévisibles sont proches de celles rencontrées avec le panel choisi et ce dernier a été jugé suffisant pour répondre aux objectifs.

Le principe retenu a été d’utiliser les automates équipant les laboratoires qui ont participé à cette étude multicentrique. Le nombre de participants permettant de comparer les résultats de 7 automates, nous n’avons pas cherché à recruter d’autres membres équipés d’autres automates car le but n’était pas de prétendre à une étude exhaustive mais suffisamment représentative.

Les études multicentriques de cette dimension sont extrêmement rares et ne concernent en général qu’un ou deux automates [2-6, 14] ou qu’une protéine [4] ou plusieurs automates et protéines mais appliquées à quelques sérums de contrôle [15].

La précision des différents systèmes telle que présentée dans le tableau 5, exprimée en CV de répétabilité (R1) et de reproductibilité (R2), répond globalement aux critères de la SFBC [13] et elle est comparable à celle d’une étude multicentrique ancienne émanant d’un groupe de travail de la SFBC [16].

En ce qui concerne l’étude des 110 échantillons limpides, différents points de la discussion méritent d’être développés.

La comparaison des moyennes par l’analyse des variances ne montre pas d’effet « méthode ». Nos résultats confirment l’absence de lien entre la justesse des résultats et le principe de mesure par néphélémétrie ou par turbidimétrie. En revanche, ils montrent qu’il y a une différence entre les automates sans lien avec les protéines dosées. L’analyse de variance permet de séparer des groupes à géométrie variable selon les protéines comme illustré dans le tableau 6. Ces résultats tendent à démontrer que la transférabilité des résultats est loin d’être acquise si on passe d’un système à l’autre avec un comportement imprévisible pour chacune des protéines, alors que cela semblait en bonne voie en 1995 [17]. Cette variabilité dans la justesse est montrée par le tableau 4 qui présente les ratios des moyennes par paramètre et par appareil, par rapport à la moyenne des appareils. On note (résultats non montrés) 8 ratios sur 40 avec une différence supérieure à 10 % et 22 sur 40 avec une différence supérieure à 5 %. La standardisation des résultats, malgré la mise en œuvre du standard international CRM 470 [18] est encore loin de son but au regard de cette étude mais ces difficultés étaient déjà signalées précédemment [16]. Cette dispersion des résultats est aussi clairement représentée sur les diagrammes des figures 2 et 3 illustrée par le calcul des CVA et CVP pour chaque système et pour chaque protéine (tableau 4).

Les corrélations des différents résultats par protéine et par appareil font apparaître des cœfficients excellents allant de 0,912 à 0,998 (tableau 2). Ces niveaux de corrélation sont concordants avec les récentes études de corrélation réalisées [19] pour l’haptoglobine, l’ApoA1 sur le RXL™, l’ARX™ et le BN 2™. Des résultats de même niveau de concordance ont été obtenus en comparant la néphélémétrie sur BN Prospec™ et la turbidimétrie sur Hitachi 912™ pour 14 protéines avec un coefficient de corrélation r supérieur à 0,97 [2]. Ces excellentes corrélations n’annoncent pas toujours une transférabilité satisfaisante car elles ne comparent pas les couples de valeurs selon le diagramme de Bland et Altman [10]. La discordance des résultats peut être objectivement estimée par la moyenne des discordances calculée en pourcentage avant transformation (tableau 2, colonne 8). Ces pourcentages s’échelonnent de 5 à 43 %.

Les erreurs de justesse des différents systèmes pour chacune des protéines sont bien montrées sur les diagrammes des différences selon Bland et Altman [10]. En effet, le nombre de résultats rejetés dans les différents graphiques est parfois très élevé (tableau 2, colonne 8). Il traduit parfaitement l’importance du biais de justesse calculé par la comparaison du résultat de chaque système avec la moyenne des résultats des sept appareils. En revanche, notre étude montre bien qu’après avoir effectué le calcul des résultats selon l’équation de corrélation après transformation inverse afin d’éliminer les biais locaux dus aux sites expérimentateurs [11], les écarts s’estompent et les résultats recalculés deviennent transférables au seuil de confiance de 95 %. En effet, le pourcentage de points rejetés après le recalcul indiqué sur le tableau 2, colonne 7, le montre bien. Ce pourcentage de discordance s’échelonne entre 2 %, valeur pour la transthyrétine sur le Modular™ à 9 %, valeur obtenue pour la transthyrétine sur l’Intégra 800™. La moyenne calculée de ce pourcentage de rejet constitue un indice moyen d’inexactitude par appareil qui s’échelonne de 4,32 % à 6,67 % (en % : AU™ 6,67, BN Prospec™ 6,03, Dimension RXL™ 5,82, LX20™ 4,32, Immage™ 5,25, Intégra™ 5,65, Modular™ 5,58). Cet indice est peu différent d’un système à l’autre et a été très fortement amélioré (facteur d’environ 3) par le recalcul de corrélation. La plupart des études ne se risque pas à représenter les diagrammes des différences car cela tend à réduire les arguments mathématiques rassurants tels que les cœfficients r, produits par les équations de corrélation sur des sérums de patients. Nous avons tenté dans cette étude de montrer objectivement ce que pouvait être la réalité dans la pratique des résultats des corrélations. Ce mode d’analyse des comparaisons de méthodes est de plus en plus utilisé dans les études de corrélation récentes mais pas encore suffisamment à notre point de vue.

Les erreurs totales de justesse ont été appréciées par la somme des CV des moyennes comparatives avec le pourcentage de points rejetés. Cet indicateur composite est présenté dans le tableau 4. Il fournit des résultats relativement homogènes pour cinq appareils. Deux systèmes sont légèrement plus performants pour les échantillons limpides, respectivement, dernière section du tableau 4, le LX20™, indice à 7,67 et l’Intégra™ indice à 9,93. Ces performances sont à interpréter avec beaucoup de prudence compte tenu qu’elles ne sont le reflet que d’un faible nombre de sites utilisant le même appareil, en général pas plus de deux.

Pour ce qui concerne les résultats des sérums HLI, les mêmes critères sont étudiés.

La comparaison des moyennes par Anova ne montre pas d’effet « méthode » avec un regroupement par appareil en 4 groupes au maximum au lieu de 5 au maximum. Les mêmes observations qu’avec les sérums limpides peuvent être faites. Globalement, les résultats sont différents entre les appareils. Il est possible de faire des regroupements comme indiqué dans le tableau 6.

Les moyennes ont été également comparées à l’aide de leurs ratios à la moyenne générale par paramètre. Les résultats sont présentés dans le tableau 4. Douze ratios sur 40 diffèrent de plus de 10 % et 23 sur 40 de plus de 5 % (résultats non montrés). Il nous a semblé intéressant de comparer les moyennes relatives des sérums limpides et des échantillons HLI. Normalement, les ratios devraient être proches de 1 sauf si des interférences puissantes venaient modifier ce ratio. Ces interférences se manifestent notamment pour 4 des 7 appareils pour l’haptoglobine, l’IgM et la transthyrétine. Six des 7 appareils comme indiqué dans le tableau 4 sont concernés par des interférences, seul l’Immage™ présente un seuil de variation plus bas à 5,19 %, les autres étant à 8, 10 voire 25 %. Par conséquent, il convient aux utilisateurs d’être vigilants lors de la validation de leurs résultats pour les protéines concernées selon le système analytique qu’ils utilisent dans le cas de sérums lactescents, ictériques ou hémolysés. En ce qui concerne l’ApoA, nos résultats sur les sérums HLI ne montrent pas de comportement différent de ceux des sérums limpides. Ce point est en conformité avec une étude qui démontrait la qualité des méthodes turbidimétriques dans ces circonstances [3].

Les CV des moyennes des résultats par appareil ont aussi été calculés. L’hétérogénéité des résultats des sérums HLIM est beaucoup plus forte que ceux des sérums limpides.

Nous avons établi un score global de justesse pour chaque appareil, à partir à la fois des CV de dispersion des moyennes sur sérums limpides et sur sérums HLI, mais également à partir du pourcentage moyen de points rejetés. Il permet d’évaluer la transférabilité globale des résultats par rapport à la moyenne globale considérée arbitrairement comme la valeur de référence. La dispersion des valeurs obtenues pour ce score est relativement limitée et permet de conclure que les différents appareils ont des performances assez voisines à une exception près pour le BN Prospec™ (tableau 4, avant dernière ligne).

Pris sous l’angle de chacun des paramètres, les résultats de l’étude fournissent aussi beaucoup d’informations intéressantes (tableau 4).

Concernant l’albumine, les résultats confirment une bonne homogénéité des résultats pour les 5 appareils comparés. Les CV des ratios des moyennes obtenus sur les échantillons limpides et HLI sont très étroits y compris lorsqu’on compare les résultats des sérums limpides et HLI. L’albumine est la protéine dont le comportement est le moins différent d’un appareil à l’autre et par conséquent, dont les CV de variabilité sont tous inférieurs à 4 %. Cela tient sans doute au fait qu’il s’agit de celle dont la concentration sérique est la plus élevée, mais aussi qu’au plan moléculaire c’est celle qui est la moins variable génétiquement parlant. Le couple antigène/anticorps mis en œuvre dans les dosages possède, a priori, peu de facteurs de variabilité relatifs aux patients.

La CRP est la seconde protéine de l’étude avec des résultats relativement homogènes, mais ils sont nettement moins directement transférables que ceux de l’albumine. Son CV de variabilité moyen s’établit à 6,29 % avec un seul ratio déviant de plus de 10 % pour les sérums limpides et un seul également pour les sérums HLI. Ce comportement homogène peut s’expliquer par une faible variabilité génétique de la molécule et par un travail de standardisation plus rigoureux des fabricants compte tenu du fait que c’est la dernière protéine, largement prescrite, mise à disposition des cliniciens. D’autre part, son impact clinique décisionnel est un des plus élevés parmi le panel des protéines spécifiques et a donc fait l’objet de nombreuses améliorations pour la fabrication des coffrets de dosage. Le handicap de sa faible concentration a été largement compensé par la sensibilité et la spécificité des méthodes commercialisées depuis plus de quinze ans [20].

L’apolipoprotéine A est aussi étonnamment bien placée avec notre système de scores, puisque la moyenne des CV est de 6,4 %. Ses ratios s’écartent à deux reprises de plus de 10 % de la moyenne à la fois pour les sérums limpides et les sérums HLI. Des différences de l’ordre de 12 % ont été trouvées entre BN Prospec™ et Immage™ [21]. Le niveau d’homogénéité des résultats de l’étude faite en 1997 sur 9 systèmes différents [22] n’est pas retrouvé, mais notre étude a été conduite sur des appareils différents d’une nouvelle génération. En revanche, son comportement est très homogène lorsque l’on compare ces deux types d’échantillons, HLI et limpides.

La transférabilité des résultats de la transthyrétine est médiocre. La moyenne des CV est à 14 %. Ses résultats s’écartent de plus de 10 % à deux reprises pour les sérums limpides et cinq fois pour les sérums HLI. Son comportement est également discordant dans deux des sept systèmes testés entre les résultats sérums limpides et HLI limpide.

L’haptoglobine est aussi une des protéines dont les résultats varient considérablement d’un système à un autre et en fonction de l’aspect des sérums. La variabilité des différents types génétiques de cette protéine peut expliquer en partie ces résultats dispersés, ainsi que l’interférence négative par l’hémolyse signalée par plusieurs équipes [23, 24].

L’IgM, très curieusement, présente des résultats homogènes pour les échantillons limpides et ne présente aucune différence des moyennes supérieure à 10 %. Par contre, la situation est totalement anarchique pour les sérums HLI où 6 des 7 moyennes diffèrent de plus de 10 % de la moyenne générale. Ce comportement perturbé est confirmé par les ratios des moyennes sérums HLI/ sérums limpides, avec des valeurs de ratio allant du simple au double (0,79 à 1,59). Cette variabilité est amoindrie dans le cas des dosages des protéines monoclonales (0,76 à 1,22). Une explication de ce comportement peut résider dans la variabilité génétique des IgM, notamment dans le cas des proliférations monoclonales qui peuvent être reconnues avec une sensibilité différente en fonction de la sélection des anticorps polyclonaux présents dans la préparation de l’immun sérum. Nos résultats vérifient complètement ce point bien connu depuis très longtemps par les biologistes. En effet, il convient d’attribuer plus de confiance à l’évaluation d’une IgM monoclonale par l’intégration de son pic sur l’électrophorèse que par son dosage immunochimique en raison du caractère de monoclonalité perturbant la réaction antigène anticorps, y compris pour le dosage des autres protéines [25].

Même si l’analyse de variance n’a pas pu mettre en évidence de différence entre les résultats des sérums HLI et limpides, les scores que nous avons établis suggèrent une influence de l’aspect des sérums pour le dosage de l’haptoglobine, de la transthyrétine et des IgM. Ces interférences ont d’ailleurs déjà été signalées sur BN 100™ et Immage™ pour l’IgM et l’haptoglobine [26], ainsi que pour l’haptoglobine sur Immage™ [3, 19]. Des études plus ciblées, protéine par protéine, devraient permettre de trancher définitivement sur ce point.

Conclusion

Cette étude multicentrique importante par le nombre de systèmes comparés et le nombre de protéines étudiées portant sur 140 échantillons de patients nous a permis de confirmer qu’il n’y avait pas de différence détectable entre les méthodes néphélémétriques et turbidimétriques. Les dernières réticences pour reconnaître ces deux méthodes comme équivalentes [27] devraient disparaître car depuis ces 20 dernières années toutes les études vont dans ce sens. Cet article ne concerne pas les protéines présentes à de faibles concentrations type IgE, chaînes légères libres, pour lesquelles la néphélémétrie conserve tout son intérêt.

Le deuxième point important concerne la faible transférabilité directe des résultats. Par conséquent, il nous semble qu’un nouveau pas dans la standardisation doit être franchi dans l’avenir. En effet, malgré la préparation du standard international CRM 470 et les recommandations pour son utilisation, les résultats des différents systèmes analytiques ne sont pas transférables à l’exception très relative de l’albumine. La procédure d’étalonnage des coffrets commercialisés par les différentes sociétés doit être améliorée. Le troisième point important nous paraît être aussi l’effort à faire sur le choix des immuns sérums spécifiques de chaque protéine. En effet, un travail de définition des épitopes publics retrouvés chez tous les patients de chacune d’entre elles devrait être réalisé de sorte que les anticorps utilisés comme réactifs soient les plus homogènes possibles d’un fabricant à l’autre. Enfin, les industriels devraient harmoniser leurs techniques en choisissant consensuellement, sur des arguments scientifiques et techniques prouvés, les longueurs d’ondes de mesures primaires et secondaires, le ratio antigène/anticorps, le temps de première et de dernière lecture, le mode cinétique ou point final du signal, la composition du tampon de la réaction et son volume relatif par rapport à l’échantillon, l’importance de l’agitation, la température de réaction, etc. La standardisation de tous les paramètres analytiques que nous venons d’énumérer permettra une meilleure transférabilité des résultats. Dans l’attente de ces progrès accessibles, l’étude comparative que nous avons faite, avec recalcul des résultats corrélés, prouve que, par ce moyen mathématique, il est possible de superposer tous les résultats des 6 protéines étudiées avec les 7 appareils différents. Cela est vrai avec un niveau de confiance de 95 % (figure 3). Cet artifice peut raisonnablement être généralisé pour les protéines les plus couramment dosées et chaque fois que des systèmes différents coexistent dans un même établissement et notamment dans le cadre de la biologie délocalisée. De cette façon, l’interprétation des résultats en sera grandement fiabilisée et clarifiée.

Remerciements

Le groupe remercie le docteur Jean-Pierre Borgard, biologiste au CHIC de Créteil, pour ses conseils avisés, les sociétés Beckman-Coulter, Dade-Behring, Olympus, Roche Diagnostics et MAS (BMD) pour leur aide précieuse à la fois dans la réalisation de ce protocole et dans leur soutien. Il remercie également les nombreux techniciens qui, par leur participation, ont permis la réalisation de ce travail au sein des laboratoires.

Adresses des sociétés citées

• Beckman Coulter France SAS : 33, rue des Vanesses, BP 54359, Villepinte, F95942 Roissy DG cedex.

• BMD : BP 103, Marne la Vallée, F77423 cedex 2.

• Dade Behring : Immeuble le Berkeley, 19-29 rue du capitaine Guynemer, Paris La Défense, F92903. Dorénavant Siemens Medical.

• GT Santé : 66 quai Français, BP5 Bassens, F33530.

• MAS immunology : Camarillo, CA 93012, Etats-Unis.

• Olympus France SA : 74, rue d’Arcueil, Silic 165, Rungis, F94533 cedex.

• Roche Diagnostics : 2, avenue du Vercors, BP59, Meylan, F38242 cedex.

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