ARTICLE
Auteur(s) : F
Thuillier, C Demarquilly, A Szymanowicz, C
Gaillard, M Boniface, C Braidy, A Daunizeau, D
Gascht, A Gruson, J-F Lagabrielle, E Lasnier, M Lemdani, V Macchi, G Poulin, C de Sainte Hermine, J Sancho, F
Schellenberg, O Sevin, M Vaubourdolle
Pour le CNBH (Collège national de biochimie des hôpitaux)
Coordinateur du groupe : F. Thuillier, Centre hospitalier,
Laboratoire de biochimie, Meaux
Article reçu le 18 Juin 2007, accepté le 31 Octobre 2007
La néphélémétrie est considérée depuis longtemps comme la
méthode de référence du dosage des protéines spécifiques dans la
gamme des concentrations de l’ordre du mg/L. Elle permet d’éliminer
certaines interférences spectrales mais nécessite des appareils
dédiés à cette fonction [1]. La turbidimétrie est le principe
couramment utilisé pour le dosage des protéines spécifiques sur la
plupart des automates commercialisés à l’heure actuelle [2] ;
elle met en jeu des méthodes pratiques, globalement plus
économiques mais considérées comme moins exactes et moins précises
que la néphélémétrie [1]. Les automates actuels de biochimie
possèdent une vaste gamme de dosages turbidimétriques accessibles à
un poste unique de travail, ce qui les rend particulièrement
efficients. La spécificité des anticorps actuellement obtenus, la
qualité de la production industrielle des réactifs, ainsi que la
qualité des automates permettent-elles d’envisager l’utilisation de
la turbidimétrie en technique de routine ?
Le but de ce travail a été de comparer, pour les protéines
définies ci-dessous, les résultats fournis par des automates
disponibles sur le marché aux résultats obtenus par des
néphélémètres.
Le CNBH (Collège national de biochimie des hôpitaux) au travers
d’un groupe de travail qu’il a créé s’est donné pour mission de
tenter d’y répondre. De nombreuses études précédemment publiées
concernant le sujet traitent, soit d’une protéine donnée dosée sur
plusieurs automates, soit de la comparaison du dosage de plusieurs
protéines sur deux automates [3-6]. Il n’a pas été publié, à notre
connaissance, d’étude utilisant un panel de protéines dosées
simultanément sur un nombre important d’automates utilisant la
néphélémétrie ou la turbidimétrie. Pour répondre à cet objectif, le
CNBH a effectué un appel à candidature parmi ses membres en
janvier 2003 pour créer le groupe qui a été constitué en
mars 2003. Ce groupe a établi en mai 2003 un protocole
qui prévoit de doser les 6 protéines sur 7 automates à partir de 6
sérothèques différentes. Le CNBH a constitué et distribué les
sérothèques de septembre à octobre 2003, réalisé les dosages de
novembre 2003 à mars 2004, recueilli les données puis validé les
saisies d’avril à septembre 2004 et enfin mené l’analyse
statistique de septembre à décembre 2004 pour établir les résultats
qui sont présentés.
Matériels et méthodes
Les protéines testées
Le panel (albumine, ApoA, CRP, haptoglobine, IgM, transthyrétine
(ou préalbumine)) avait pour but de valider :
- – le choix d’un poste unique de travail 24 heures
sur 24 destiné aux dosages habituels de biochimie et aux dosages
prescrits de protéines de jour comme de nuit telles la CRP,
l’albumine, l’haptoglobine ;
- – l’absence d’effets sur les résultats pouvant
résulter d’une dilution importante et nécessaire du
prélèvement comme pour l’albumine, d’une standardisation non
universelle comme pour l’ApoA, d’interférences reconnues avec la
monoclonalité comme pour les IgM ;
- – la possibilité de doser à des concentrations de
l’ordre du mg/L, concentration facilement dosable en néphélémétrie
mais plus délicate en turbidimétrie comme pour la
transthyrétine.
Les sept automates retenus
Ils équipaient nos laboratoires :
- – 2 néphélémètres : l’Immage™ (Beckman-Coulter) et
le BN Prospec™ (Dade-Behring) ;
- – 5 turbidimètres : l’Intégra™ et Modular™ (Roche
Diagnostics), le Dimension RXL™ (Dade-Behring), le LX20™
(Beckman-Coulter) et l’AU™ (Olympus).
Le groupe CNBH
Le groupe était constitué de 16 biologistes répartis sur 15 villes
et de 3 statisticiens de l’EA3614 du Laboratoire de
biomathématiques de la Faculté de pharmacie de Lille. La
répartition entre les sites, leurs responsables, les automates, les
protéines dosées figurent sur le tableau 1.
Tableau 1 Sites, équipements et répartition des
responsabilités.
|
Site
|
Biologiste responsable
|
Equipement concerné
|
Responsabilités dans l’essai
|
|
1- Arras
|
A. Gruson
|
Modular™
|
CRP, haptoglobine, IgM
|
|
2- Briey
|
D. Gascht
|
Immage™
|
Albumine, CRP, haptoglobine
|
|
3- Flers
|
G. Poulin
|
Immage™
|
ApoA, IgM, transthyrétine, sérothèques
|
|
4- Fontainebleau
|
C. Braidy
|
Intégra™
|
Albumine, CRP, haptoglobine
|
|
5- Gueret
|
O. Sevin
|
Modular™
|
Albumine, ApoA, transthyrétine
|
|
6- Lens
|
A. Daunizeau
|
|
Sérothèques, statistique
|
|
7- Meaux
|
F. Thuillier
|
|
Sérothèques, coordination
|
|
8- Montluçon
|
V. Macchi
|
LX20™
|
ApoA, haptoglobine, IgM, transthyrétine
|
|
9- Paris
|
E. Lasnier, M. Vaubourdolle
|
AU™
|
Les 6 protéines
|
|
10- Pau
|
J-F. Lagabrielle
|
LX20™
|
CRP
|
|
11- Roanne
|
A. Szymanowicz
|
Intégra™
|
ApoA, IgM, transthyrétine, sérothèques
|
|
12- St Denis
|
J. Sancho
|
BN Prospec™
|
Les 6 protéines, sérothèques
|
|
13- St Jean d’Angely
|
C. de Sainte Hermine
|
RXL™
|
5 protéines (alb. exclue), sérothèques
|
|
14- Soissons
|
C. Gaillard
|
|
Contrôle et coordination
|
|
15- Tours
|
F. Schellenberg
|
|
Sérothèques
|
Les sérothèques
Le principe a été de constituer autant de sérothèques que de
protéines à tester à partir des prélèvements arrivant spontanément
aux laboratoires pour des dosages de protéines spécifiques. Le fond
de tube (tube sec sans gel) habituellement utilisé est récupéré si
ce reste est au moins égal à 2 mL de sérum. Cette quantité est
répartie en 8 aliquotes de 250 μL qui sont congelées à –
20 °C (microtubes de congélation en polypropylène de
500 μL à vis, 7 aliquotes pour les dosages à réaliser sur 7
appareils et une pour les éventuels contrôles). Toutes les
sérothèques sont constituées en septembre et octobre 2003,
pour une durée maximale de 6 mois. Les prélèvements ont été
utilisés de novembre 2003 à mars 2004 selon les sites. Le
site 7 a conservé une année supplémentaire une aliquote de tous les
échantillons des sérothèques pour servir ultérieurement à des
contrôles ou à la vérification de non monoclonalité de
prélèvements.
Pour chaque protéine, la sérothèque est constituée théoriquement
de 140 échantillons (110 échantillons limpides, 30 échantillons
dits HLI, pour Hémolysés, Lipémiques et Ictériques). Pour l’IgM, il
a été ajouté 53 IgM monoclonales. Le nombre d’environ 110
échantillons d’aspect limpide (chiffres exacts au tableau 2, colonne 3) est choisi afin de
pouvoir disposer au final d’au moins 100 résultats par protéine.
L’étude des interférences est limitée à l’hémolyse, la surcharge
lipémique et l’ictère ; la monoclonalité a été étudiée avec
les IgM. Les 30 échantillons HLI sont sélectionnés à l’œil, puis
les résultats des indices HLI des automates les fournissant ont
ensuite été renseignés. Une fiche clinique est documentée.
Les 110 échantillons limpides sont choisis par le site qui était
chargé de constituer la sérothèque de telle manière que la
répartition des échantillons réponde aux exigences
suivantes :
- – albumine (site 12) : 20 échantillons <
20 g/L, 60 échantillons de classes homogènes de concentrations
comprises entre 20 et 40 g/L et 30 échantillons >
40 g/L ;
- – ApoA (site 6) : 110 échantillons de classes
homogènes ;
- – CRP (site 7) : 50 échantillons <
20 mg/L, 40 échantillons de classes homogènes de
concentrations comprises entre 20 et 50 mg/L et 20
échantillons > 50 mg/L ;
- – haptoglobine (sites 3 et 11) : 110 échantillons
de classes homogènes ;
- – IgM : 110 échantillons de classes homogènes sans
IgM monoclonale (site 13) et 53 échantillons avec présence d’une
IgM monoclonale (site 15) ;
- – transthyrétine (site 6) : 110 échantillons de
classes homogènes.
Tableau 2 Données des corrélations et des diagrammes
des différences, des échantillons limpides. La comparaison des
pourcentages de points rejetés avant et après transformation
démontre l’amélioration de la transférabilité des résultats par ce
moyen statistique.
|
1
|
2
|
3
|
4
|
5
|
6
|
7
|
8
|
|
n
|
Equation 2 de Passing-Bablok y =
|
r
|
Moyenne des différences
|
% points au-delà de l’intervalle de confiance après
transformation
|
% points au-delà de l’intervalle de confiance avant
transformation
|
|
Albumine
|
Turbidimètres
|
AU™
|
110
|
1,059 x – 1,69
|
0,997
|
0,005
|
5
|
5
|
|
Dimension RXL™
|
0
|
-
|
-
|
-
|
-
|
-
|
|
Intégra™
|
110
|
0,865 x + 4,98
|
0,995
|
0,115
|
5
|
5
|
|
LX20™
|
0
|
-
|
-
|
-
|
-
|
|
|
Modular™
|
110
|
0,942 x – 0,26
|
0,998
|
0,049
|
5
|
-
|
|
Néphélémètres
|
BN Prospec™
|
110
|
1,038 x + 0,04
|
0,995
|
- 0,065
|
6
|
17
|
|
Immage™
|
110
|
1,104 x – 3,357
|
0,992
|
- 0,055
|
5
|
7
|
|
Pool
|
550
|
1,001 x – 0,037
|
0,995
|
- 0,010
|
5
|
15
|
|
ApoA
|
Turbidimètres
|
AU™
|
83
|
0,842 x + 0,121
|
0,994
|
0,000
|
6
|
14
|
|
Dimension RXL™
|
92
|
1,077 x + 0,078
|
0,991
|
0,002
|
5
|
43
|
|
Intégra™
|
95
|
0,916 x + 0,024
|
0,994
|
0,004
|
3
|
24
|
|
LX20™
|
95
|
1,043 x – 0,115
|
0,994
|
0,001
|
6
|
15
|
|
Modular™
|
95
|
0,975 x – 0,054
|
0,993
|
0,006
|
6
|
25
|
|
Néphélémètres
|
BN Prospec™
|
94
|
1,000 x – 0,035
|
0,991
|
0,003
|
5
|
6
|
|
Immage™
|
93
|
1,183 x – 0,0549
|
0,987
|
0,008
|
6
|
25
|
|
Pool
|
647
|
1,000 x + 0,000
|
0,990
|
0,004
|
5
|
22
|
|
CRP
|
Turbidimètres
|
AU™
|
94
|
1,014 x + 0,093
|
0,997
|
- 0,091
|
7
|
7
|
|
Dimension RXL™
|
104
|
1,153 x - 0,184
|
0,998
|
0,055
|
7
|
15
|
|
Intégra™
|
105
|
0,982 x + 0,300
|
0,997
|
- 0,170
|
7
|
7
|
|
LX20™
|
105
|
0,959 x + 0,070
|
0,998
|
- 0,110
|
5
|
9
|
|
Modular™
|
104
|
0,945 x - 0,984
|
0,998
|
- 0,072
|
5
|
20
|
|
Néphélémètres
|
BN Prospec™
|
99
|
0,926 x + 0,025
|
0,995
|
0,013
|
8
|
12
|
|
Immage™
|
105
|
1,071 x - 0,101
|
0,993
|
0,179
|
9
|
7
|
|
Pool
|
716
|
0,999 x + 0,004
|
0,999
|
0,027
|
7
|
11
|
|
Haptoglobine
|
Turbidimètres
|
AU™
|
108
|
0,929 x -+0,040
|
0,996
|
0,117
|
7
|
10
|
|
Dimension RXL™
|
109
|
1,000 x + 0,020
|
0,984
|
- 0,048
|
5
|
5
|
|
Intégra™
|
106
|
0,976 x + 0,024
|
0,912
|
0,224
|
8
|
8
|
|
LX20™
|
106
|
0,968 x + 0,006
|
0,969
|
- 0,044
|
4
|
4
|
|
Modular™
|
100
|
0,910 x + 0,014
|
0,990
|
- 0,047
|
7
|
11
|
|
Néphélémètres
|
BN Prospec™
|
103
|
0,975 x - 0,025
|
0,982
|
- 0,014
|
7
|
9
|
|
Immage™
|
107
|
0,966 x + 0,043
|
0,984
|
0,023
|
6
|
6
|
|
Pool
|
739
|
1,000 x + 0,000
|
0,966
|
0,031
|
6
|
8
|
|
IgM
|
Turbidimètres
|
AU™
|
106
|
1,010 x - 0,006
|
0,991
|
0,001
|
8
|
6
|
|
Dimension RXL™
|
106
|
0,977 x + 0,062
|
0,982
|
- 0,019
|
7
|
9
|
|
Intégra™
|
106
|
0,852 x + 0,166
|
0,994
|
0,003
|
3
|
4
|
|
LX20™
|
106
|
1,095 x - 0,076
|
0,983
|
0,012
|
5
|
5
|
|
Modular™
|
106
|
1,010 x - 0,015
|
0,988
|
- 0,008
|
9
|
9
|
|
Néphélémètres
|
BN Prospec™
|
106
|
1,017 x + 0,006
|
0,962
|
- 0,034
|
6
|
6
|
|
Immage™
|
106
|
0,965 x - 0,047
|
0,983
|
0,002
|
4
|
10
|
|
Pool
|
742
|
1,000 x + 0,000
|
0,983
|
- 0,003
|
6
|
7
|
|
Transthyrétine
|
Turbidimètres
|
AU™
|
102
|
1,032 x + 0,006
|
0,987
|
0,001
|
6
|
15
|
|
Dimension RXL™
|
102
|
1,070 x - 0,032
|
0,988
|
0,000
|
7
|
17
|
|
Intégra™
|
103
|
1,000 x + 0,006
|
0,985
|
- 0,004
|
9
|
7
|
|
LX20™
|
103
|
1,000 x + 0,000
|
0,995
|
0,001
|
4
|
6
|
|
Modular™
|
101
|
0,786 x + 0,016
|
0,993
|
0,000
|
2
|
25
|
|
Néphélémètres
|
BN Prospec™
|
101
|
1,116 x + 0,001
|
0,978
|
0,003
|
3
|
21
|
|
Immage™
|
103
|
1,053 x + 0,005
|
0,994
|
0,000
|
5
|
21
|
|
Pool
|
715
|
1,000 x + 0,000
|
0,988
|
0,000
|
5
|
16
|
L’envoi des sérothèques
Les sérothèques, une fois constituées, sont transférées en
24 heures au site 7 dans des coffres spécifiques maintenus à –
20 °C par de la carboglace par l’intermédiaire de la société
GT Santé, prestataire spécialisé dans le transport des échantillons
biologiques vers les laboratoires d’analyses médicales.
Après réception des sérothèques, le site 7 a réparti les
aliquotes en 11 colis et transmis ces colis aux sites destinataires
comme indiqué ci-dessus via le même prestataire. Les laboratoires
réceptionnaires ont conservé l’ensemble des échantillons à –
20 °C jusqu’au moment d’effectuer les dosages.
Les réactifs
Les dosages sont réalisés selon les recommandations des
fournisseurs tant pour le mode opératoire que pour l’étalonnage et
les contrôles, tout en conservant le mode de fonctionnement
habituel du site. Les références des réactifs utilisés par appareil
sont indiquées dans le tableau 3.
Tableau 3 Références des réactifs utilisés.
|
Automates
|
Albumine
|
ApoA
|
CRP
|
Haptoglobine
|
IgM
|
Transthyrétine
|
|
AU™
|
OSR6167
|
OSR6142
|
OSR6147
|
OSR6165
|
OSR6146
|
OSR6175
|
|
153978
|
155014
|
167539
|
153876
|
153290
|
155194
|
|
|
AA4040
|
EC 4267
|
HP4174
|
FB 4175
|
CH 4129
|
|
Immage™
|
447600
|
446410
|
447280
|
M301406
|
447610
|
M 210143
|
|
Intégra™
|
ALBT646090
|
637260
|
CRPLX164399
|
HAPT2 645287
|
641584
|
645050 01
|
|
LX20™
|
|
467900
|
969620
|
Array449410*
|
467930
|
475106
|
|
Modular™
|
118 75400
|
03 032 612
|
1 730 371**
|
645290
|
1 192 9313
|
11660519
|
Le protocole de travail et les contrôles de qualité externes
(CQ)
Les 140 (ou 180 pour les IgM) échantillons sont dosés en 10 séries
après décongélation selon le protocole fourni (décongélation à
température ambiante, homogénéisation, centrifugation). Les
aliquotes ne sont pas conservées après dosage vu le faible volume
disponible. Lors de chaque série de dosages, 4 sérums de contrôle
(CQ) sont analysés en double, 2 CQ hauts et bas Vigils™, dits
respectivement Vigil1 et Vigil2, fournis par la société
Beckman-Coulter et 2 CQ hauts et bas MAS™, dits respectivement MAS1
et MAS2, fournis par la société BMD en plus des contrôles et
étalonnages habituels de chaque site. Lors d’une des dix séries au
choix, les 4 CQ cités ci-dessus en référence sont analysés 10 fois.
Le passage des CQ avait comme objectif principal la validation des
séries et comme objectif secondaire l’évaluation de la répétabilité
et la reproductibilité des appareils.
La saisie des résultats
Chaque site a reçu un fichier Excel™ constitué de deux feuilles,
l’une concernant les dosages, l’autre les CQ. Les sites ont saisi
manuellement d’une part, l’identification de l’aliquote respectant
l’anonymat, l’aspect du sérum, le résultat du dosage et les
éventuels indices HLI et, d’autre part, les résultats des CQ et,
également, les références des réactifs, des contrôles propres et
des étalonnages utilisés.
Une correction des quelques erreurs de saisie par retour aux
données sources des automates a été nécessaire et effectuée pour
tous les points s’écartant de 2 SD de la moyenne. Les corrections
et vérifications terminées, certains résultats non numériques (<
à …) ou incohérents (cf. paragraphe résultats) sont éliminés.
Les traitements statistiques
Sur les contrôles de qualité, l’étude est uniquement descriptive
afin de permettre la validation des séries.
Sur les sérothèques : le traitement a été effectué protéine
par protéine, d’une part, sur les échantillons limpides, d’autre
part, sur les échantillons HLI. Un traitement supplémentaire a été
appliqué aux IgM monoclonales.
- – Concernant le rendu de résultats par « inférieur
à un seuil » et pour un échantillon donné, il y a eu
élimination de l’échantillon lorsque plus de la moitié des
automates ont rendu « < seuil ». Dans les autres cas, les
résultats « < seuil » ont été remplacés par une estimation
basée sur la distribution des autres résultats effectivement
mesurés par l’automate.
- – Concernant les valeurs potentiellement
aberrantes et uniquement sur les échantillons limpides, une
recherche d’éventuelles valeurs aberrantes a été effectuée par le
Test de Grubb’s [7, 8].
- – Pour mettre en évidence une éventuelle différence
entre la néphélémétrie et la turbidimétrie, une analyse de variance
a été conduite sur des échantillons appariés (Anova) au seuil de
0,01 % à deux facteurs, le facteur « automate » et
le facteur « échantillon ». Cette Anova permet de
composer par le test LSD (least significant difference test), pour
les 6 protéines, plusieurs groupes. Chaque groupe est caractérisé
par sa variance homogène entre automates. La composition de ces
groupes renseigne sur l’homogénéité des résultats fournis par les
appareils. Les calculs ont été effectués avec le logiciel SAS [9].
L’Anova a d’abord été conduite sur le lot des échantillons limpides
puis sur un deuxième lot regroupé des échantillons HLI. Le lot HLI
sera éventuellement et uniquement si nécessaire divisé en trois
sous-groupes H, L et I si une significativité est mise en évidence.
Enfin, l’Anova a été effectuée, pour le seul dosage des IGM, sur un
troisième lot constitué des IGM monoclonales.
- – La comparaison des méthodes a été effectuée par la
méthode classique de Bland et Altman [10] modifiée selon le
principe décrit par Borgard et al. [11]. La référence choisie a été
la moyenne des aliquotes pour chaque échantillon. Cette moyenne
présente une variance plus faible que celles obtenues pour les 2
néphélémétres ou pour les 5 automates de biochimie. Elle a été
choisie en l’absence d’une technique ayant pu être considérée comme
référence. Chaque série de chaque automate a été corrélée à la
moyenne des aliquotes en utilisant une méthode non paramétrique,
celle de Passing-Bablock et al, adaptée aux distributions non
gaussiennes [12], et une première équation de corrélation a été
calculée. Des biais particuliers dus aux différents sites peuvent
apparaître. Afin d’éliminer l’effet des paramétrages particuliers
aux différents sites, les résultats de chaque site ont été
recalculés après une inversion de x en y selon la méthode décrite
par Borgard et al. [11] ; une deuxième équation de corrélation
a été obtenue et elle a servi à transformer la série 1 en série 2.
La troisième équation ainsi obtenue a permis l’obtention d’un
2e diagramme des différences sur lequel la différence
moyenne et son IC, l’intervalle de confiance, de 95 % (pour un
échantillonnage supérieur à 30, l’IC est l’intervalle donné par le
calcul de la moyenne ± 1,96 SD) ont permis de compter le nombre de
points extérieurs à cette limite et de comparer ainsi les
techniques. Cette méthode peut être utilisée dans le but de
comparer plusieurs techniques entre elles et rechercher les
différences sans avoir l’objectif de comparer les exactitudes.
- – La dispersion des résultats pour chaque protéine et
pour chaque appareil est mesurée par des méthodes de calculs
statistiques traditionnelles utilisant la moyenne et le CV, le
coefficient de variation.
- – Les résultats du CQ externe permettent d’évaluer la
justesse en calculant le rapport des moyennes des échantillons pour
chaque appareil et pour chaque protéine à la moyenne obtenue pour
l’ensemble des appareils. Le biais local est l’écart par rapport à
un seul système concerné. Le biais moyen de justesse est la moyenne
des biais locaux pour une protéine considérée. Cette donnée est
établie pour les échantillons limpides (première section du tableau 4) et pour les échantillons
« HLIM » (seconde section du tableau 4). Les CVP, CV pour chaque protéines,
et CVA, CV chaque appareil, sont ainsi calculés.
Les CVA moyens renseignent sur l’homogénéité des résultats et
sont obtenus par le calcul de la moyenne des 3 CVA présentés dans
les 3 premières sections du tableau 4 et figurent sur la première ligne de
la section V de ce tableau.
- – Les indices d’inexactitudes sont calculés par la
moyenne du nombre de points au-delà de l’IC des diagrammes des
différences selon la méthode de Bland et Altman modifée par Borgard
et al. [11]. Ces indices sont reportés à la section V, ligne 2
du tableau 4.
- – L’erreur totale de justesse est définie par appareil
pour les échantillons limpides (L) comme la somme du CVA des
échantillons limpides et de l’indice d’inexactitude moyens et pour
tous les échantillons L et HLIM comme la somme du CVA moyen et
l’indice d’inexactitude.
Tableau 4 Coefficient de variation en % des dispersions
par appareil (CVA) et par protéine (CVP) calculés pour les
échantillons limpides, HLI, monoclonaux et pour l’effectif total ;
Indice d’inexactitude et erreur totale de justesse obtenus par
protéine par le calcul des ratios des moyennes à la moyenne
générale.
|
Echantillons
|
Protéines
|
Néphélémètres
|
Turbidimétres
|
CVP
|
|
Immage ™
|
BN prospec™
|
Modular™
|
Intégra™
|
LX20™
|
RXL™
|
AU™
|
|
Albumine
|
0,99
|
1,04
|
0,94
|
1,02
|
|
|
1,01
|
3,81
|
|
ApoA
|
1,13
|
0,97
|
0,93
|
0,93
|
0,97
|
1,14
|
0,93
|
9,12
|
|
CRP
|
0,92
|
1,09
|
1,05
|
0,99
|
1,02
|
0,87
|
1,06
|
8,04
|
|
Haptoglobine
|
1,00
|
1,07
|
1,10
|
0,91
|
1,04
|
1,00
|
0,88
|
8,58
|
|
IgM
|
1,07
|
1,01
|
1,00
|
0,99
|
0,96
|
0,95
|
1,00
|
3,77
|
|
Transthyrétine
|
0,95
|
0,90
|
1,20
|
1,00
|
1,00
|
1,10
|
0,95
|
10,84
|
|
CVA
|
8,01
|
7,22
|
9,62
|
4,28
|
3,35
|
9,99
|
6,56
|
|
|
Albumine
|
1,01
|
1,04
|
0,99
|
1,00
|
|
|
1,01
|
1,85
|
|
ApoA
|
1,1
|
0,98
|
0,93
|
0,95
|
0,97
|
1,15
|
0,94
|
8,47
|
|
CRP
|
0,98
|
1,09
|
1,08
|
0,99
|
1,04
|
0,9
|
0,91
|
8,05
|
|
Hapto
|
0,96
|
1,46
|
0,82
|
0,97
|
0,99
|
0,85
|
0,95
|
22,28
|
|
IgM
|
1,13
|
1,59
|
0,91
|
0,9
|
0,82
|
0,79
|
0,88
|
27,97
|
|
IgM monoclonales
|
1,16
|
0,95
|
1,04
|
1,22
|
0,76
|
0,87
|
1,00
|
14,77
|
|
Transthyrétine
|
0,95
|
0,88
|
1,1
|
1,14
|
0,98
|
1,1
|
0,84
|
13,10
|
|
CVA
|
8,85
|
28,42
|
9,66
|
10,61
|
11,25
|
13,28
|
6,66
|
|
|
Albumine
|
1,01
|
1,00
|
1,05
|
0,98
|
|
|
1,00
|
2,58
|
|
ApoA
|
0,97
|
1,01
|
1.00
|
1,02
|
1,00
|
1,01
|
1,01
|
1,62
|
|
CRP
|
1,07
|
1.00
|
1,03
|
1.00
|
1,02
|
1,02
|
1,03
|
2,32
|
|
Hapto
|
0,96
|
1,36
|
1,19
|
1,07
|
0,95
|
0,85
|
1,08
|
16,67
|
|
IgM
|
1,06
|
1,57
|
0,91
|
0,90
|
0,85
|
0,83
|
0,88
|
27,03
|
|
Transthyréline
|
0,98
|
0,98
|
0,91
|
1,14
|
0,98
|
1.00
|
0,88
|
8,88
|
|
CVA
|
4,73
|
25,31
|
10,64
|
7,70
|
6,81
|
9,36
|
8,75
|
|
|
Albumine
|
1,01
|
1,00
|
1,05
|
0,98
|
|
|
1.00
|
2,58
|
|
ApoA
|
0,97
|
1,01
|
1.00
|
1,02
|
1.00
|
1,01
|
1,01
|
1,62
|
|
CRP
|
1,07
|
1.00
|
1,03
|
1.00
|
1,02
|
1,02
|
1,03
|
2,32
|
|
Hapto
|
0,96
|
1,36
|
1,19
|
1,07
|
0,95
|
0,85
|
1,08
|
16,67
|
|
IgM
|
1,06
|
1,57
|
0,91
|
0,9
|
0,85
|
0,83
|
0,88
|
27,03
|
|
IgM monoclonales
|
1,08
|
0,94
|
1,04
|
1,23
|
0,79
|
0,92
|
1,00
|
13,38
|
|
Transthyrétine
|
0,98
|
0,98
|
0,91
|
1,14
|
0,98
|
1.00
|
0,88
|
8,88
|
|
CVA
|
5,19
|
24,49
|
9,72
|
10,37
|
9,29
|
8,44
|
8,03
|
|
|
CVA
|
7,35
|
20,04
|
9,68
|
8,42
|
7,96
|
10,57
|
7,08
|
|
|
Indice d’inexactitude
|
5,25
|
6,03
|
5,58
|
5,65
|
4,32
|
5,82
|
6,67
|
|
|
6
|
Erreur totale de
|
13,26
|
13,25
|
15,2
|
9,93
|
7,67
|
15,81
|
12,23
|
|
|
L
|
justesse
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
+
|
Score global de
|
12,6
|
26,07
|
15,26
|
14,07
|
12,28
|
16,39
|
13,75
|
|
|
HLIM
|
justesse (SGJ)
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
7
|
Score relatif de
|
1,03
|
2,12
|
1,24
|
1,15
|
1,00
|
1,33
|
1,12
|
|
|
Ratio
|
performance par
|
|
|
|
|
|
|
.
|
|
|
SGJ/12,28
|
appareil
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Résultats
Echantillons de contrôle de qualité
Les résultats obtenus étaient tous compris dans les limites
d’admissibilité des fourchettes établies par les fabricants. Les CV
obtenus sont présentés dans le tableau 5 et conformes aux normes
d’acceptabilité reconnues [13]. Ils sont majoritairement de l’ordre
de 1 à 2 % et inférieurs à 5 % dans 94 % des cas. Le
nombre de CV supérieurs à 5 % figure à la dernière ligne et la
dernière colonne du tableau 5. Ces
données ont permis de valider les séries utilisées ensuite dans les
calculs statistiques. Tous les résultats de répétabilité et de
reproductibilité ne peuvent pas être présentés ici en raison
de leur grand nombre.
Tableau 5 CV en % des 4 contrôles de qualité utilisés,
les MAS™ 1 et 2 et les Vigil™ 1 et 2.
|
Albumine
|
ApoA
|
CRP
|
Haptoglobine
|
IgM
|
Transthyrétine
|
|
|
R1
|
R2
|
R1
|
R2
|
R1
|
R2
|
R1
|
R2
|
R1
|
R2
|
R1
|
R2
|
%
|
|
MAS™ 1
|
Néphélémètres
|
BN™
|
1.6
|
3.5
|
-
|
-
|
2.3
|
3.2°
|
1.6
|
1.8
|
1.6
|
1.8
|
1.3
|
5.6°
|
1
|
|
Immage™
|
3.4
|
-
|
-
|
-
|
2.3
|
3.4
|
2.3
|
1.6
|
1.8
|
2.1
|
1.3
|
2.4
|
0
|
|
Turbidimètres
|
AU™
|
2.4
|
2.6
|
-
|
-
|
1.7
|
5.7
|
1.0
|
1.8
|
1.1
|
2.6
|
3.4
|
4.1
|
1
|
|
RXL™
|
-
|
-
|
-
|
-
|
0.8
|
1.9
|
2.2
|
5.1
|
-
|
4.9
|
0.9
|
1.1
|
1
|
|
Intégra™
|
0.8
|
2.4
|
-
|
-
|
0.9
|
1.6
|
2.2
|
6.0
|
2.1
|
2.3
|
2.1
|
3.9
|
1
|
|
LX20™
|
-
|
-
|
-
|
-
|
3.4
|
4.0
|
6
|
2.6
|
1.4
|
7.3
|
4.1
|
2.5
|
1
|
|
Modular™
|
0.8
|
1.9
|
-
|
-
|
-
|
-
|
-
|
-
|
-
|
-
|
-
|
2.0
|
0
|
|
MAS™ 2
|
Néphélémètres
|
BN™
|
1.9
|
3.8
|
-
|
-
|
1.0
|
2.5
|
1.8
|
2.6
|
-
|
4.7
|
1.9
|
12.9
|
1
|
|
Immage™
|
2.4
|
-
|
-
|
-
|
1.9
|
1.9
|
1.4
|
1.1
|
1.9
|
1.7
|
3.9
|
1.7
|
0
|
|
Turbidimètres
|
AU™
|
0.7
|
2.3
|
-
|
-
|
2.8
|
2.7
|
2.8
|
2.4
|
2.0
|
2.8
|
2.2
|
3.2
|
0
|
|
RXL™
|
-
|
-
|
-
|
-
|
1.2
|
2.7
|
0.6
|
-
|
-
|
8.3
|
1.4
|
1.7
|
1
|
|
Intégra™
|
1.7
|
2.3
|
-
|
-
|
0.8
|
1.9
|
0.8
|
2.3
|
0.9
|
3.0
|
1.2
|
2.9
|
0
|
|
LX20™
|
-
|
-
|
-
|
-
|
2.0
|
2.5
|
1.2
|
3.0
|
2.1
|
4.9
|
1.8
|
2.9
|
0
|
|
Modular™
|
1.3
|
1.3
|
-
|
-
|
-
|
-
|
-
|
-
|
-
|
-
|
-
|
1.9
|
0
|
|
VIGIL™ 1
|
Néphélémètres
|
BN™
|
1.3
|
1.4
|
8.5
|
2.9
|
0.9
|
3.8
|
1.6
|
1.4
|
3.0
|
2.7
|
1.8
|
3.9°°
|
1
|
|
Immage™
|
2.5
|
-
|
1.8
|
3.3
|
1.7
|
2.1
|
2.2
|
2.2
|
1.7
|
2.5
|
1.6
|
1.1
|
0
|
|
Turbidimètres
|
AU™
|
1.8
|
1.6
|
2.6
|
4.1
|
2.3
|
5.6
|
3.3
|
2.1
|
3.1
|
3.2
|
3.0
|
2.8
|
1
|
|
RXL™
|
-
|
-
|
2.2
|
15.6°
|
0.8
|
3.5
|
1.2
|
10.3
|
-
|
6.5
|
1.2
|
3.2°
|
3
|
|
Intégra™
|
1.5
|
2.4
|
1.9
|
4.3
|
1.3
|
10.2
|
2.0
|
2.9
|
3.7
|
7.9
|
1.4
|
2.6
|
2
|
|
LX20™
|
-
|
-
|
2.1
|
3.4
|
2.2
|
3.8
|
1.5
|
4.0
|
3.3
|
3.3
|
0.0
|
2.8
|
0
|
|
Modular™
|
1.0
|
1.4
|
2.5
|
3.5
|
-
|
-
|
-
|
-
|
-
|
-
|
1.9
|
1.8
|
0
|
|
VIGIL™ 2
|
Néphélémètres
|
BN™
|
1.3
|
1.6
|
1.7
|
4.1
|
*
|
*
|
2.1
|
1.6
|
1.8
|
2.7
|
3.8
|
8.7°
|
1
|
|
Immage™
|
2.7
|
-
|
1.4
|
2.6
|
*
|
*
|
1.5
|
1.6
|
1.1
|
3.0
|
1.7
|
1.9
|
0
|
|
Turbidimètres
|
AU™
|
1.3
|
2.4
|
2.0
|
2.3
|
*
|
*
|
2.5
|
3.1
|
2.3
|
3.8
|
1.5
|
3.0
|
0
|
|
RXL™
|
-
|
-
|
1.2
|
4.0
|
*
|
*
|
1.2
|
9.9
|
-
|
7.6
|
0.7
|
2.5
|
2
|
|
Intégra™
|
1.0
|
1.8
|
1.1
|
3.9
|
*
|
*
|
1.1
|
1.9
|
2.4
|
3.7
|
2.3
|
2.7
|
0
|
|
LX20™
|
-
|
-
|
1.4
|
2.5
|
*
|
*
|
1.3
|
2.4
|
1.7
|
3.1
|
3.3
|
3.4
|
0
|
|
Modular™
|
1.7
|
2.1
|
2.3
|
2.7
|
*
|
*
|
-
|
-
|
-
|
-
|
0.8
|
1.7
|
0
|
|
Nb de CV > 5 %
|
0
|
0
|
1
|
1
|
0
|
3
|
0
|
4
|
0
|
5
|
0
|
3
|
17
|
Echantillons limpides
Traitement préalable des données, valeurs seuils ou valeurs
jugées aberrantes
Pour l’albumine, 5 des 7 appareils ont été testés (Immage™, BN
Prospec™, Modular™, Intégra™, AU™) sur 110 échantillons. Pour les 5
autres protéines, les 7 appareils ont été testés sur :
- – 95 échantillons pour l’ApoA (une donnée aberrante
éliminée),
- – 105 échantillons pour la CRP (3 échantillons et 16
données aberrantes éliminées),
- – 109 échantillons pour l’haptoglobine (3 échantillons
et 13 données aberrantes éliminées),
- – 106 échantillons pour l’IgM (une donnée aberrante
éliminée),
- – 103 échantillons pour la transthyrétine (3 données
aberrantes éliminées).
Comparaison des moyennes
Le traitement par analyse de variance des moyennes pour les 6
protéines a montré un effet « automates » (p ≤ 0,01) mais
pas d’effet méthode « néphélémétrie » versus
« turbidimétrie ». Pour illustrer ces résultats, les IC
des moyennes pour les 7 automates ont été représentés sur un même
graphique (figure 1). Le tableau 6 décrit la composition des
groupes homogènes obtenus par le calcul Anova pour les différents
appareils. Un groupe est constitué au minimum de deux automates. Un
même automate peut appartenir à deux groupes distincts, il est
alors à la borne minimale de l’un et maximale de l’autre groupe. Le
classement est présenté par moyenne décroissante à la fois de
groupe à groupe et à la fois à l’intérieure d’un groupe.
Les compositions des groupes sont toutes différentes d’une
protéine à l’autre sans qu’il soit possible d’imputer les
différences obtenues plus à une méthode qu’à une autre.
Tableau 6 Groupes homogènes d’automates obtenus par
Anova pour chaque protéine classés par moyennes décroissantes.
Corrélations et diagrammes des différences
Dans cette partie, nous avons corrélé la moyenne des résultats,
choisie pour être notre référence, des 5 à 7 aliquotes d’un
échantillon à une mesure obtenue pour un automate donné. La
méthodologie décrite dans le chapitre « les traitements
statistiques, comparaison des méthodes » est illustrée pour
démonstration à l’aide d’un exemple choisi pour son biais
important, celui du dosage de l’albumine sur Intégra™ (figure 2). La figure 2A présente la
droite de corrélation, équation 1, classiquement obtenue selon la
méthode de Passing Bablock et al. [11], avec en Y la moyenne des 5
résultats, et en X celui de l’Intégra™ et, figure 2B, le diagramme des
différences selon la méthode de Bland et Altman [10] qui en découle
c’est-à-dire avec en Y la différence x-y de 2A et en X la moyenne
(x+y)/2 de 2A. On révèle un biais évident à la figure 2B dû aux conditions
particulières utilisées par le site ayant réalisé ce dosage. La
méthode décrite l’élimine par l’inversion des x en y de l’équation
présentée à la figure
2A qui donne en 2C la deuxième droite de corrélation, la
corrélation inverse de la précédente, équation 2, qui dans ce cas
est y = 0,865 x + 4,98. Cette équation permet de recalculer la
série des résultats de l’Intégra™ et obtenir la figure 2D avec son équation
3 et son diagramme des différences en 2E qui ne présente plus le
biais local. Si la méthode était parfaite, la différence en Y,
figure 2E,
serait égale à zéro et tous les points également répartis de part
et d’autre de la droite des différences compris dans l’IC de
95 % représenté par les droites en pointillé. En 2E, la
différence est de - 0,115 avec un IC incluant zéro ; cinq
points se situent au-delà de l’IC de 4,2 g/L (2,1 x 2)
représentant moins de 10 % de l’effectif. Ces résultats sont
conformes aux normes à obtenir, raison pour laquelle tout
l’effectif des 4 autres corrélations pour cette protéine a pu être
additionné et représenté à la figure 2F qui représente le
diagramme des différences de la somme des résultats obtenus avec
les 5 automates. Les 4 autres diagrammes n’ont pas été représentés
individuellement pour ne pas surcharger la figure. Pour chaque
protéine et chaque automate, il aurait été possible de présenter la
figure 2.
Il est dès lors possible de construire la figure 3 qui montre
les diagrammes globaux obtenus avec les 5 autres protéines.
Le tableau 2 résume les données,
équations des droites, effectifs, coefficients de corrélation,
moyenne des différences et nombre de points au-delà de l’IC de
95 % avant (colonne 8) et après (colonne 7)
transformation selon la méthode de Borgard et al. [11].
Echantillons HLI et IgM monoclonales
Traitement préalable des données, valeurs seuils ou valeurs
jugées aberrantes
Pour l’albumine les 5 appareils (Immage™, BN Prospec™, Modular™,
Intégra™, AU™) ont été testés sur 30 échantillons répartis en 10 H,
10 L et 10 I. Pour les 5 autres protéines, les 7 automates ont
été testés :
- – pour l’ApoA sur 44 échantillons (10 H, 6 L et 28
I car un échantillon a été éliminé),
- – pour la CRP sur 29 échantillons (10 H, 9 L et 10
I car 3 échantillons ont été éliminés),
- – pour l’haptoglobine sur 24 échantillons (5 H,
10 L et 9 I car 4 échantillons ont été éliminés),
- – pour les IgM HLI non monoclonales sur 23 échantillons
(6 H, 7 L et 10 I), pour les IGM monoclonales sur 53
échantillons,
- – pour la transthyrétine sur 37 échantillons (12 H,
11 L et 14 I).
Indices des échantillons HLI
Deux des sept appareils, le Modular™ et le LX20™ permettent de
rendre des indices HLI. Les résultats des indices ont validé la
classification faite à l’œil. À titre indicatif, pour la CRP et le
LX20™, les valeurs des indices étaient les suivantes :
- – les indices I ictériques vont d’une échelle de 1 à 20,
les sérums limpides avaient soit un indice I de 0 (96 %) ou 1
(4 %), les sérums ictériques un indice I moyen à 5,8 et
toujours supérieur à 1 ;
- – les indices H d’hémolyse vont d’une échelle H de 0 à
10, les sérums limpides avaient un indice H de 0 (97 %) et 1
(3 %), les sérums hémolysés un indice H moyen à
5,2 ;
- – les indices L lipémiques vont d’une échelle L de 0 à
10, les sérums limpides avaient un indice L de 0 (94 %) et 1
(6 %), les sérums lipémiques un indice L moyen à 2,2.
Pour les 2 appareils et les 6 protéines, les résultats sont tous
de cet ordre et valident la sélection faite.
Comparaison des moyennes
Le traitement par analyse de variance conduit pour les 6 protéines
à une conclusion strictement identique à celle obtenue pour les
échantillons limpides à savoir l’existence d‘un effet
« automates » (p ≤ 0,01) et l’absence d’un effet méthode
« néphélémétrie » versus « turbidimétrie ». Les
groupes homogènes obtenus par le calcul Anova sont présentés dans
le tableau 6 ; ils sont, et
c’est le point important, tous différents d’une protéine à l’autre,
sans lien possible entre les appareils d’un même fournisseur et
différents de ceux obtenus avec les échantillons limpides.
Corrélations et diagrammes des différences
La même présentation que celle effectuée à l’aide de
l’échantillonnage limpide aurait pu être montrée à l’aide de
l’échantillonnage HLI, monoclonal ou global et est, quel que soit
l’échantillonnage choisi, identique. Pour ne pas surcharger les
illustrations, seul l’échantillonnage limpide a été représenté.
Discussion
Au cours de cette étude, nous avons principalement voulu vérifier
si des différences, en termes de qualité analytique et de justesse,
pouvaient être mises en évidence entre les deux grandes méthodes de
dosage des protéines, la néphélémétrie et la turbidimétrie.
Contraints par le nombre de sérothèques à constituer à partir d’un
volume restreint de sérum, nous nous sommes limités à une étude de
six protéines. La transferrine ou les IgG n’ont pas été retenues
car les difficultés prévisibles sont proches de celles rencontrées
avec le panel choisi et ce dernier a été jugé suffisant pour
répondre aux objectifs.
Le principe retenu a été d’utiliser les automates équipant les
laboratoires qui ont participé à cette étude multicentrique. Le
nombre de participants permettant de comparer les résultats de 7
automates, nous n’avons pas cherché à recruter d’autres membres
équipés d’autres automates car le but n’était pas de prétendre à
une étude exhaustive mais suffisamment représentative.
Les études multicentriques de cette dimension sont extrêmement
rares et ne concernent en général qu’un ou deux automates [2-6, 14]
ou qu’une protéine [4] ou plusieurs automates et protéines mais
appliquées à quelques sérums de contrôle [15].
La précision des différents systèmes telle que présentée dans le
tableau 5, exprimée en CV de
répétabilité (R1) et de reproductibilité (R2), répond globalement
aux critères de la SFBC [13] et elle est comparable à celle d’une
étude multicentrique ancienne émanant d’un groupe de travail de la
SFBC [16].
En ce qui concerne l’étude des 110 échantillons limpides,
différents points de la discussion méritent d’être développés.
La comparaison des moyennes par l’analyse des variances ne
montre pas d’effet « méthode ». Nos résultats confirment
l’absence de lien entre la justesse des résultats et le principe de
mesure par néphélémétrie ou par turbidimétrie. En revanche, ils
montrent qu’il y a une différence entre les automates sans lien
avec les protéines dosées. L’analyse de variance permet de séparer
des groupes à géométrie variable selon les protéines comme illustré
dans le tableau 6. Ces résultats
tendent à démontrer que la transférabilité des résultats est loin
d’être acquise si on passe d’un système à l’autre avec un
comportement imprévisible pour chacune des protéines, alors que
cela semblait en bonne voie en 1995 [17]. Cette variabilité dans la
justesse est montrée par le tableau 4 qui présente les ratios des moyennes
par paramètre et par appareil, par rapport à la moyenne des
appareils. On note (résultats non montrés) 8 ratios sur 40 avec une
différence supérieure à 10 % et 22 sur 40 avec une différence
supérieure à 5 %. La standardisation des résultats, malgré la
mise en œuvre du standard international CRM 470 [18] est encore
loin de son but au regard de cette étude mais ces difficultés
étaient déjà signalées précédemment [16]. Cette dispersion des
résultats est aussi clairement représentée sur les diagrammes des
figures 2
et 3 illustrée par le calcul des CVA et CVP pour
chaque système et pour chaque protéine (tableau 4).
Les corrélations des différents résultats par protéine et par
appareil font apparaître des cœfficients excellents allant de 0,912
à 0,998 (tableau 2). Ces niveaux de
corrélation sont concordants avec les récentes études de
corrélation réalisées [19] pour l’haptoglobine, l’ApoA1 sur le
RXL™, l’ARX™ et le BN 2™. Des résultats de même niveau de
concordance ont été obtenus en comparant la néphélémétrie sur BN
Prospec™ et la turbidimétrie sur Hitachi 912™ pour 14 protéines
avec un coefficient de corrélation r supérieur à 0,97 [2]. Ces
excellentes corrélations n’annoncent pas toujours une
transférabilité satisfaisante car elles ne comparent pas les
couples de valeurs selon le diagramme de Bland et Altman [10]. La
discordance des résultats peut être objectivement estimée par la
moyenne des discordances calculée en pourcentage avant
transformation (tableau 2,
colonne 8). Ces pourcentages s’échelonnent de 5 à
43 %.
Les erreurs de justesse des différents systèmes pour chacune des
protéines sont bien montrées sur les diagrammes des différences
selon Bland et Altman [10]. En effet, le nombre de résultats
rejetés dans les différents graphiques est parfois très élevé
(tableau 2, colonne 8). Il
traduit parfaitement l’importance du biais de justesse calculé par
la comparaison du résultat de chaque système avec la moyenne des
résultats des sept appareils. En revanche, notre étude montre bien
qu’après avoir effectué le calcul des résultats selon l’équation de
corrélation après transformation inverse afin d’éliminer les biais
locaux dus aux sites expérimentateurs [11], les écarts s’estompent
et les résultats recalculés deviennent transférables au seuil de
confiance de 95 %. En effet, le pourcentage de points rejetés
après le recalcul indiqué sur le tableau 2, colonne 7, le montre bien. Ce
pourcentage de discordance s’échelonne entre 2 %, valeur pour
la transthyrétine sur le Modular™ à 9 %, valeur obtenue pour
la transthyrétine sur l’Intégra 800™. La moyenne calculée de ce
pourcentage de rejet constitue un indice moyen d’inexactitude par
appareil qui s’échelonne de 4,32 % à 6,67 %
(en % : AU™ 6,67, BN Prospec™ 6,03, Dimension RXL™ 5,82,
LX20™ 4,32, Immage™ 5,25, Intégra™ 5,65, Modular™ 5,58). Cet indice
est peu différent d’un système à l’autre et a été très fortement
amélioré (facteur d’environ 3) par le recalcul de corrélation. La
plupart des études ne se risque pas à représenter les diagrammes
des différences car cela tend à réduire les arguments mathématiques
rassurants tels que les cœfficients r, produits par les équations
de corrélation sur des sérums de patients. Nous avons tenté dans
cette étude de montrer objectivement ce que pouvait être la réalité
dans la pratique des résultats des corrélations. Ce mode d’analyse
des comparaisons de méthodes est de plus en plus utilisé dans les
études de corrélation récentes mais pas encore suffisamment à notre
point de vue.
Les erreurs totales de justesse ont été appréciées par la
somme des CV des moyennes comparatives avec le pourcentage de
points rejetés. Cet indicateur composite est présenté dans le tableau 4. Il fournit des résultats
relativement homogènes pour cinq appareils. Deux systèmes sont
légèrement plus performants pour les échantillons limpides,
respectivement, dernière section du tableau 4, le LX20™, indice à 7,67 et
l’Intégra™ indice à 9,93. Ces performances sont à interpréter avec
beaucoup de prudence compte tenu qu’elles ne sont le reflet que
d’un faible nombre de sites utilisant le même appareil, en général
pas plus de deux.
Pour ce qui concerne les résultats des sérums HLI, les mêmes
critères sont étudiés.
La comparaison des moyennes par Anova ne montre pas d’effet
« méthode » avec un regroupement par appareil en 4
groupes au maximum au lieu de 5 au maximum. Les mêmes observations
qu’avec les sérums limpides peuvent être faites. Globalement, les
résultats sont différents entre les appareils. Il est possible de
faire des regroupements comme indiqué dans le tableau 6.
Les moyennes ont été également comparées à l’aide de leurs
ratios à la moyenne générale par paramètre. Les résultats sont
présentés dans le tableau 4. Douze
ratios sur 40 diffèrent de plus de 10 % et 23 sur 40 de plus
de 5 % (résultats non montrés). Il nous a semblé intéressant
de comparer les moyennes relatives des sérums limpides et des
échantillons HLI. Normalement, les ratios devraient être proches de
1 sauf si des interférences puissantes venaient modifier ce ratio.
Ces interférences se manifestent notamment pour 4 des 7 appareils
pour l’haptoglobine, l’IgM et la transthyrétine. Six des 7
appareils comme indiqué dans le tableau 4 sont concernés par des
interférences, seul l’Immage™ présente un seuil de variation plus
bas à 5,19 %, les autres étant à 8, 10 voire 25 %. Par
conséquent, il convient aux utilisateurs d’être vigilants lors de
la validation de leurs résultats pour les protéines concernées
selon le système analytique qu’ils utilisent dans le cas de sérums
lactescents, ictériques ou hémolysés. En ce qui concerne l’ApoA,
nos résultats sur les sérums HLI ne montrent pas de comportement
différent de ceux des sérums limpides. Ce point est en conformité
avec une étude qui démontrait la qualité des méthodes
turbidimétriques dans ces circonstances [3].
Les CV des moyennes des résultats par appareil ont aussi été
calculés. L’hétérogénéité des résultats des sérums HLIM est
beaucoup plus forte que ceux des sérums limpides.
Nous avons établi un score global de justesse pour chaque
appareil, à partir à la fois des CV de dispersion des moyennes sur
sérums limpides et sur sérums HLI, mais également à partir du
pourcentage moyen de points rejetés. Il permet d’évaluer la
transférabilité globale des résultats par rapport à la moyenne
globale considérée arbitrairement comme la valeur de référence. La
dispersion des valeurs obtenues pour ce score est relativement
limitée et permet de conclure que les différents appareils ont des
performances assez voisines à une exception près pour le BN
Prospec™ (tableau 4, avant dernière
ligne).
Pris sous l’angle de chacun des paramètres, les résultats de
l’étude fournissent aussi beaucoup d’informations intéressantes
(tableau 4).
Concernant l’albumine, les résultats confirment une bonne
homogénéité des résultats pour les 5 appareils comparés. Les CV des
ratios des moyennes obtenus sur les échantillons limpides et HLI
sont très étroits y compris lorsqu’on compare les résultats des
sérums limpides et HLI. L’albumine est la protéine dont le
comportement est le moins différent d’un appareil à l’autre et par
conséquent, dont les CV de variabilité sont tous inférieurs à
4 %. Cela tient sans doute au fait qu’il s’agit de celle dont
la concentration sérique est la plus élevée, mais aussi qu’au plan
moléculaire c’est celle qui est la moins variable génétiquement
parlant. Le couple antigène/anticorps mis en œuvre dans les dosages
possède, a priori, peu de facteurs de variabilité relatifs aux
patients.
La CRP est la seconde protéine de l’étude avec des résultats
relativement homogènes, mais ils sont nettement moins directement
transférables que ceux de l’albumine. Son CV de variabilité moyen
s’établit à 6,29 % avec un seul ratio déviant de plus de
10 % pour les sérums limpides et un seul également pour les
sérums HLI. Ce comportement homogène peut s’expliquer par une
faible variabilité génétique de la molécule et par un travail de
standardisation plus rigoureux des fabricants compte tenu du fait
que c’est la dernière protéine, largement prescrite, mise à
disposition des cliniciens. D’autre part, son impact clinique
décisionnel est un des plus élevés parmi le panel des protéines
spécifiques et a donc fait l’objet de nombreuses améliorations pour
la fabrication des coffrets de dosage. Le handicap de sa faible
concentration a été largement compensé par la sensibilité et la
spécificité des méthodes commercialisées depuis plus de quinze ans
[20].
L’apolipoprotéine A est aussi étonnamment bien placée avec notre
système de scores, puisque la moyenne des CV est de 6,4 %. Ses
ratios s’écartent à deux reprises de plus de 10 % de la
moyenne à la fois pour les sérums limpides et les sérums HLI. Des
différences de l’ordre de 12 % ont été trouvées entre BN
Prospec™ et Immage™ [21]. Le niveau d’homogénéité des résultats de
l’étude faite en 1997 sur 9 systèmes différents [22] n’est pas
retrouvé, mais notre étude a été conduite sur des appareils
différents d’une nouvelle génération. En revanche, son comportement
est très homogène lorsque l’on compare ces deux types
d’échantillons, HLI et limpides.
La transférabilité des résultats de la transthyrétine est
médiocre. La moyenne des CV est à 14 %. Ses résultats
s’écartent de plus de 10 % à deux reprises pour les sérums
limpides et cinq fois pour les sérums HLI. Son comportement est
également discordant dans deux des sept systèmes testés entre les
résultats sérums limpides et HLI limpide.
L’haptoglobine est aussi une des protéines dont les résultats
varient considérablement d’un système à un autre et en fonction de
l’aspect des sérums. La variabilité des différents types génétiques
de cette protéine peut expliquer en partie ces résultats dispersés,
ainsi que l’interférence négative par l’hémolyse signalée par
plusieurs équipes [23, 24].
L’IgM, très curieusement, présente des résultats homogènes pour
les échantillons limpides et ne présente aucune différence des
moyennes supérieure à 10 %. Par contre, la situation est
totalement anarchique pour les sérums HLI où 6 des 7 moyennes
diffèrent de plus de 10 % de la moyenne générale. Ce
comportement perturbé est confirmé par les ratios des moyennes
sérums HLI/ sérums limpides, avec des valeurs de ratio allant du
simple au double (0,79 à 1,59). Cette variabilité est amoindrie
dans le cas des dosages des protéines monoclonales (0,76 à 1,22).
Une explication de ce comportement peut résider dans la variabilité
génétique des IgM, notamment dans le cas des proliférations
monoclonales qui peuvent être reconnues avec une sensibilité
différente en fonction de la sélection des anticorps polyclonaux
présents dans la préparation de l’immun sérum. Nos résultats
vérifient complètement ce point bien connu depuis très longtemps
par les biologistes. En effet, il convient d’attribuer plus de
confiance à l’évaluation d’une IgM monoclonale par l’intégration de
son pic sur l’électrophorèse que par son dosage immunochimique en
raison du caractère de monoclonalité perturbant la réaction
antigène anticorps, y compris pour le dosage des autres protéines
[25].
Même si l’analyse de variance n’a pas pu mettre en évidence de
différence entre les résultats des sérums HLI et limpides, les
scores que nous avons établis suggèrent une influence de l’aspect
des sérums pour le dosage de l’haptoglobine, de la transthyrétine
et des IgM. Ces interférences ont d’ailleurs déjà été signalées sur
BN 100™ et Immage™ pour l’IgM et l’haptoglobine [26], ainsi que
pour l’haptoglobine sur Immage™ [3, 19]. Des études plus ciblées,
protéine par protéine, devraient permettre de trancher
définitivement sur ce point.
Conclusion
Cette étude multicentrique importante par le nombre de systèmes
comparés et le nombre de protéines étudiées portant sur 140
échantillons de patients nous a permis de confirmer qu’il n’y avait
pas de différence détectable entre les méthodes néphélémétriques et
turbidimétriques. Les dernières réticences pour reconnaître ces
deux méthodes comme équivalentes [27] devraient disparaître car
depuis ces 20 dernières années toutes les études vont dans ce sens.
Cet article ne concerne pas les protéines présentes à de faibles
concentrations type IgE, chaînes légères libres, pour lesquelles la
néphélémétrie conserve tout son intérêt.
Le deuxième point important concerne la faible transférabilité
directe des résultats. Par conséquent, il nous semble qu’un nouveau
pas dans la standardisation doit être franchi dans l’avenir. En
effet, malgré la préparation du standard international CRM 470 et
les recommandations pour son utilisation, les résultats des
différents systèmes analytiques ne sont pas transférables à
l’exception très relative de l’albumine. La procédure d’étalonnage
des coffrets commercialisés par les différentes sociétés doit être
améliorée. Le troisième point important nous paraît être aussi
l’effort à faire sur le choix des immuns sérums spécifiques de
chaque protéine. En effet, un travail de définition des épitopes
publics retrouvés chez tous les patients de chacune d’entre elles
devrait être réalisé de sorte que les anticorps utilisés comme
réactifs soient les plus homogènes possibles d’un fabricant à
l’autre. Enfin, les industriels devraient harmoniser leurs
techniques en choisissant consensuellement, sur des arguments
scientifiques et techniques prouvés, les longueurs d’ondes de
mesures primaires et secondaires, le ratio antigène/anticorps, le
temps de première et de dernière lecture, le mode cinétique ou
point final du signal, la composition du tampon de la réaction et
son volume relatif par rapport à l’échantillon, l’importance de
l’agitation, la température de réaction, etc. La standardisation de
tous les paramètres analytiques que nous venons d’énumérer
permettra une meilleure transférabilité des résultats. Dans
l’attente de ces progrès accessibles, l’étude comparative que nous
avons faite, avec recalcul des résultats corrélés, prouve que, par
ce moyen mathématique, il est possible de superposer tous les
résultats des 6 protéines étudiées avec les 7 appareils différents.
Cela est vrai avec un niveau de confiance de 95 % (figure 3). Cet
artifice peut raisonnablement être généralisé pour les protéines
les plus couramment dosées et chaque fois que des systèmes
différents coexistent dans un même établissement et notamment dans
le cadre de la biologie délocalisée. De cette façon,
l’interprétation des résultats en sera grandement fiabilisée et
clarifiée.
Remerciements
Le groupe remercie le docteur Jean-Pierre Borgard, biologiste au
CHIC de Créteil, pour ses conseils avisés, les sociétés
Beckman-Coulter, Dade-Behring, Olympus, Roche Diagnostics et MAS
(BMD) pour leur aide précieuse à la fois dans la réalisation de ce
protocole et dans leur soutien. Il remercie également les nombreux
techniciens qui, par leur participation, ont permis la réalisation
de ce travail au sein des laboratoires.
Adresses des sociétés citées
• Beckman Coulter France SAS : 33, rue des Vanesses, BP 54359,
Villepinte, F95942 Roissy DG cedex.
• BMD : BP 103, Marne la Vallée, F77423 cedex 2.
• Dade Behring : Immeuble le Berkeley, 19-29 rue du
capitaine Guynemer, Paris La Défense, F92903. Dorénavant Siemens
Medical.
• GT Santé : 66 quai Français, BP5 Bassens, F33530.
• MAS immunology : Camarillo, CA 93012, Etats-Unis.
• Olympus France SA : 74, rue d’Arcueil, Silic 165,
Rungis, F94533 cedex.
• Roche Diagnostics : 2, avenue du Vercors, BP59, Meylan,
F38242 cedex.
Références
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in whole blood from neonates : results from a French
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