ARTICLE
Escherichia coli O157:H7
C. Vernozy-Rozand, M.-P. Montet. Éditions
TTEC&DOC, Paris, 2001, 129 p.
Les agents pathogènes menaçant la sécurité
alimentaire occupent régulièrement le devant de la scène,
en particulier le prion, Listeria monocytogenes et les salmonelles.
En France, l'actualité ne s'intéresse encore que très
peu à Escherichia coli O157:H7, un pathogène émergent
qui est pourtant considéré comme gravissime dans de nombreux
pays (États-Unis, Canada, Japon, Grande-Bretagne, Allemagne) :
ce pathogène est en effet à l'origine d'épidémies
de diarrhées et de syndromes hémolytiques et urémiques
(SHU) parfois mortelles, surtout chez l'enfant de moins de cinq ans.
En une centaine de pages, les auteurs de cette monographie, qui s'appuie
sur près de 300 références bibliographiques, présentent
les caractères généraux de Escherichia coli
O157:H7 et les facteurs influençant la multiplication et la survie
de la bactérie dans les aliments, puis en décrivent le pouvoir
pathogène et la symptomatologie clinique avant d'analyser les circonstances
dans lesquelles ce pathogène a été à l'origine
d'épidémies alimentaires : population sensible, distribution
géographique, réservoirs et sources de l'agent pathogène,
modes de transmission et facteurs de risque.
Un chapitre très complet est consacré aux méthodes
de dépistage, d'isolement et d'identification phénotypique
et génotypique de Escherichia coli O157:H7.
Enfin, la dernière partie du livre aborde les mesures de prévention
vis-à-vis de ce germe en développant les mesures prophylactiques
ainsi que les modalités du système de surveillance du SHU
institué en 1993 en France.
Cette mise au point s'avérera très utile à tous
les microbiologistes, qu'ils exercent dans le secteur médical ou
agroalimentaire. *
A. Decoster
L'analyse microscopique de l'urine
R. Dion
http://www3.sympatico.ca/dionrich/Homfr.htm
Ce site, réalisé par un collègue de Montréal,
Richard Dion, présente un « tutorial » (en langue française)
pour aider à l'interprétation de l'analyse du sédiment
urinaire.
Une description complète des différents éléments
retrouvés dans une urine normale et pathologique (cellules, cylindres,
cristaux et micro-organismes) est présentée. Des explications
physiopathologiques détaillées, notamment dans les chapitres
sur les cristaux et les cylindres, sont fournies et la signification pathologique
de ce qui est observable dans une urine est précisée. L'iconographie
est riche et de bonne qualité. Un chapitre est également
consacré aux modalités de réalisation technique et
aux valeurs de référence.
Ce site montre la richesse d'informations que l'on peut tirer d'une
analyse simple mais qui peut s'avérer complexe lorsque des éléments
inhabituels sont retrouvés. La caractérisation précise
de ce qui est observé peut être d'une aide précieuse
pour la démarche diagnostique du clinicien.
Les microbiologistes et les techniciens de laboratoire sont donc invités
à consulter ce site afin de revoir et compléter leurs connaissances
sur ce sujet. *
J. Quelquejay
La biologie. Des origines à nos jours,
une histoire des idées et des hommes
P. Vignais. Grenoble Sciences, 2001, 478 pages.
C'est un livre d'histoire que je vous invite à découvrir.
Pierre Vignais, qui a été pendant 5 ans membre du comité
de rédaction des ABC, vient de publier un ouvrage de réflexion
sur l'histoire de la biologie dont le propos est de décrire et
d'expliquer le cheminement de la pensée scientifique dans la compréhension
du monde vivant.
En effet, le développement considérable des connaissances
en biologie fait que le biologiste ne peut être expert que dans
une de ses disciplines, et peut ainsi perdre rapidement une vue synthétique
du fonctionnement du monde vivant et, par essence, de celui de l'homme.
Pierre Vignais nous rappelle que la création du terme biologie
fêtera son bicentenaire l'année prochaine. Lamarck et Treviranus,
en 1802, marquaient ainsi le passage des « naturalistes » du
stade de l'observation à celui de l'expérimentation ; mais
il faudra néanmoins attendre le milieu du xxe siècle
(il n'y a guère que 50 ans !) pour un début de description
des métabolismes cellulaires et une ébauche de compréhension
des mécanismes de la biologie moléculaire, du gène
à l'expression des protéines.
Il est important pour les jeunes et les moins jeunes de revisiter l'évolution
de la pensée scientifique appliquée à la biologie.
Avec le recul de l'histoire, Pierre Vignais décrit les affrontements
d'écoles, d'individus opposant des thèses qui paraissent
aujourd'hui ridicules, mais qui ouvrent une porte à la réflexion
sur le caractère subjectif de l'interprétation d'un mécanisme.
Les rétrovirus, il y a 20 ans, et le prion, ces dernières
années, en sont des exemples « modernes ».
La lecture de cet ouvrage est facile, même si la référence
à certains courants de pensées du temps jadis exige quelques
efforts notamment dans le premier chapitre « Les artisans des
théories de l'évolution ». Les chapitres «
Les origines de la biologie cellulaire », « Les origines
de la biologie moléculaire », « les racines du
métabolisme cellulaire » sont autant de petits romans,
l'auteur ayant su extraire des moult exemples possibles ceux qui sont
les plus illustratifs de l'évolution de la biologie.
Beaucoup de noms de scientifiques émaillent le texte, mais cela
rappellera aux vieux étudiants nombre de souvenirs (je l'espère),
d'anciens que l'on croyait modernes (Malpighi, xviie siècle
; Dutrochet (l'osmose) xixe siècle), de modernes que
l'on croyait anciens (Krebs, 1900-1981 ; Feulguen, 1884-1955).
Un épilogue en guise de conclusion de cet ouvrage rassemble un
grand nombre de réflexions d'actualité de « l'éducation
à la recherche » aux « impératifs de l'éthique
».
Si vous aimez l'histoire, si vous aimez la biologie ou si vous aimez
simplement un bon livre, je ne peux que vous encourager à le découvrir.
*
J.-L. Dhondt
Long-term mechanical ventilation
N. S. Hill. Éditions Marcel DEKKER, 2001,
513 pages.
Le formidable développement de la ventilation mécanique
pour suppléer à la défaillance de la fonction respiratoire
a amené à prendre en charge des enfants et des adultes dépendant
au long court de ce type de traitement. Les affections respiratoires responsables
d'une ventilation mécanique prolongée ont un pronostic respiratoire
variable selon qu'il s'agisse d'une affection aiguë permettant une
récupération progressive de la fonction respiratoire ou
d'une maladie chronique responsable d'une perte définitive de l'autonomie
respiratoire. Il n'existe pas actuellement de prise en charge bien codifiée
de ces patients en raison de connaissances partielles de l'interaction
patient-respirateur, de la diversité des modalités de ventilation
mécanique, de la diversité des structures permettant d'y
avoir recours et de l'évolution des considérations éthiques
et socio-économiques. C'est dans ce contexte que le livre Long-term
mechanical ventilation trouve sa place et son intérêt.
Nicholas S. Hill s'adresse principalement aux professionnels assurant
la prise en charge de patients nécessitant une ventilation mécanique
comme en témoigne les faibles rappels de physiologie et les nombreuses
abréviations utilisées tout au long du livre. Les spécialistes
y trouveront l'état de l'art dans leur domaine. Il paraît
moins adapté aux non-initiés et nécessite des bases
solides de physiologie respiratoire et de ventilation mécanique.
Toutefois, certains chapitres permettent d'appréhender facilement
la complexité des problèmes posés par la ventilation
mécanique prolongée tant sur le plan de la vie de l'individu
avec un chapitre sur la réinsertion du patient et l'évaluation
de sa qualité de vie (chapitres 17 et 19) qu'au niveau de la maîtrise
de son coût pour la société avec une analyse tout
au long du livre de l'interaction entre les soins nécessaires et
leur coût.
Ce livre s'intègre dans une série d'ouvrages (152 au total)
sur la « biologie du poumon normal et malade ». Il est réalisé
par les spécialistes dans ce domaine et traite des nombreux aspects
inhérents à la prise en charge de patients dépendant
de la ventilation mécanique pendant plus de 6 heures par jour depuis
plus de trois semaines. Il s'agit d'un ouvrage exhaustif sur la ventilation
mécanique au long court avec une volonté réussie
de montrer les limites des connaissances actuelles et d'ouvrir des perspectives.
Au premier chapitre sur l'épidémiologie de la ventilation
mécanique prolongée, il est spécifié que la
France a le meilleur programme d'aide à la ventilation mécanique
à domicile et semble détenir la première place quand
à la prévalence des patients sous ventilation mécanique
en dehors de l'hôpital (16/100 000 habitants en 1995). Ce point
est intéressant car l'accent est mis par de nombreux auteurs tout
au long du livre sur la nécessité de favoriser la ventilation
au domicile en termes de confort de vie et de coût de santé.
Parmi les différents thèmes abordés, sont à
souligner la mise au point sur les effets de la ventilation mécanique
nocturne sur la qualité du sommeil et les échanges gazeux
(chapitre 4) et celui sur son interaction avec les voies aériennes
supérieures (chapitre 5), l'un démontrant l'intérêt
d'une ventilation non invasive nocturne, l'autre en montrant les limites.
Concernant les chapitres sur les spécificités de la ventilation
en fonction du type de pathologie ou de patients, à noter les faibles
données disponibles sur la ventilation mécanique chronique
de l'enfant et le peu d'expérience transmis par l'auteur.
Tous les auteurs du livre sont en faveur du développement de
la ventilation non invasive par masque facial ou nasal tout en soulignant
les difficultés à initier ce traitement et les limites que
comporte ce type de ventilation. Leur expérience et l'analyse de
la littérature permettent au lecteur d'appréhender toutes
les facettes de ce type de ventilation qui permet d'éviter les
problèmes d'humidification, filtrage de particules, de maintenir
la voix, de diminuer les risques d'infection et de complication trachéale
mais nécessite une coopération du patient, d'avoir une déglutition
efficace, une bonne fonction des voies aériennes supérieures
et une bonne organisation de l'assistance respiratoire à domicile.
Il s'agit donc d'un ouvrage à posséder si l'on s'occupe
de ventilation mécanique. *
P. Jouvet
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