ARTICLE
Le terme dhémopathies lymphoïdes chroniques B à
dissémination sanguine désigne lensemble des proliférations
clonales qui affectent les cellules matures des lignées lymphoïdes
B. Cette définition sapplique à la leucémie
lymphoïde chronique (LLC), la leucémie à prolymphocytes
(LPL), la leucémie à tricholeucocytes et aux formes leucémiques
des lymphomes malins non hodgkiniens à petites cellules (LNH) notamment
le lymphome folliculaire, le lymphome du manteau, le lymphome des zones
marginales (avec ou sans lymphocytes villeux), le lymphome lymphoplasmocytaire
et la leucémie à plasmocytes. La caractérisation
de ces hémopathies, telle quelle a été proposée
en 1989 par le groupe FAB, est basée essentiellement sur létude
de la morphologie cellulaire au niveau du sang et de la moelle osseuse,
associée à celle des marqueurs immunologiques [1]. Le diagnostic
cytologique de la LLC repose sur une lymphocytose supérieure à
4 109/L présente depuis plus de 3 mois. La LLC typique est
caractérisée par la présence dune population
monomorphe de petits lymphocytes matures. La classification FAB définit
les différents types de LLC atypiques (ou mixtes) : - la LLC
/ PL avec une proportion de prolymphocytes comprise entre 10 et 55 % de
la population lymphoïde, et des lymphocytes de plus grande taille
que ceux de la LLC typique ; - la LLC à grandes cellules B
caractérisée par un spectre de petits à grands lymphocytes
et la présence occasionnelle de prolymphocytes (moins de 10 %)
; - la LLC mixte avec une proportion de lymphocytes clivés
et/ou lymphoplasmocytoïdes supérieure à 15 %. Le lymphocyte
de la LLC-B exprime le CD19 (antigène pan-B), le CD5 (antigène
pan-T) et le CD23 (antigène dactivation non spécifique).
Lexpression faible des immunoglobulines de surface (SmIg), le plus
souvent de type IgM ± IgD, lexpression faible ou absente du CD22,
labsence dexpression du FMC7 permettent de compléter
le descriptif immunologique. Un système de score basé sur
létude de ces marqueurs a été proposé
par léquipe de Matutes, facilitant ainsi la discrimination
entre la LLC et les autres syndromes lymphoprolifératifs [2]. Le
résultat de chaque marqueur est additionné pour donner un
score de 0 à 5 (tableau
1). Létude de Matutes définit le score de 2 comme
valeur permettant le diagnostic différentiel entre les LLC (score
³ 3) et les autres hémopathies lymphoïdes chroniques B (score
² 2). Nous avons réalisé une étude descriptive des
signes cytologiques et immunologiques évocateurs de la leucémie
lymphoïde chronique à lymphocytes B afin de déterminer
laptitude de ces signes à participer au diagnostic différentiel
avec les autres hémopathies lymphoïdes chroniques B.
Matériels et méthodes
Létude a été réalisée sur 92
patients atteints dhémopathie lymphoïde chronique à
cellules B.
Lanalyse cytologique
Elle a été réalisée au microscope optique
sur frottis sanguin après coloration au May-Grünwald-Giemsa
(MGG). Pour chaque patient, nous avons réalisé des "
formules lymphocytaires " sur au minimum 300 lymphocytes selon une
classification proposée par le GFHC (Groupe français dhématologie
cellulaire) : I : petit lymphocyte mature (figure
1a) : caractérisé par un diamètre de 7 à
8 microns, un haut rapport nucléocytoplasmique, un noyau rond à
la chromatine compacte densifiée en trois ou quatre lobes volumineux
et un cytoplasme limité à un fin liseré légèrement
basophile ; II : grand lymphocyte mature (figure
1b) : diamètre de 12 à 15 microns ; IIIa : cellule lymphoplasmocytaire
: noyau excentré et cytoplasme plus abondant et basophile que le
petit lymphocyte mature ; IIIb : cellule lymphoïde hyperbasophile
: hétérogène morphologiquement allant du petit lymphocyte
à la cellule monocytoïde ; IIIc : immunoblaste : cellule nucléolée
de taille moyenne à grande ; IV : prolymphocyte (figure
1c) : taille moyenne à grande avec un noyau contenant une chromatine
mature relativement bien condensée laissant apparaître un
nucléole proéminent en position paracentrale et un cytoplasme
modérément basophile ; d c b a V : autres cellules (cellules
à noyau clivé, tricholeucocyte, lymphocytes villeux et autres
cellules lymphomateuses...). Les large granular lymphocytes (LGL)
et ombres de Gumprecht (figure
1d) sont appréciés en comptabilisant le nombre de ces
cellules rencontrées lors du décompte de 100 cellules lymphoïdes.
Lanalyse immunophénotypique
Elle a été réalisée par cytométrie
en flux en immunofluorescence directe. Cette technique permet lanalyse
individuelle et multiparamétrée de cellules en suspension
en associant une caractérisation morphologique (morphométrie)
et une réaction dimmunofluorescence. Les résultats
fournis se présentent sous forme dhistogrammes : cytogramme
représentant létude morphométrique taille/structure,
et histogramme biparamétré fournissant le pourcentage de
cellules simplement et doublement marquées. La fluorescence totale
mesurée est composée de la fluorescence spécifique
due aux liaisons antigène-anticorps formées et dune
fluorescence non spécifique. Ce signal non spécifique est
mesuré à laide dun " contrôle isotypique
". Les antigènes choisis sont : - le CD3, marqueur des
lymphocytes T permettant de définir la proportion de lymphocytes
B CD19 positif dans notre population totale ; - le CD5 qui, en situation
non pathologique, est exprimé sur le lymphocyte T et une sous population
minoritaire de lymphocytes B ; - le CD23 qui apparaît au stade
de lymphocyte immature et disparaît sur les plasmocytes, et intervient
dans la présentation des antigènes par les lymphocytes B
aux lymphocytes T ; - le CD22 qui est exprimé par les cellules
B, et dont la structure moléculaire pourrait laisser supposer quil
sagit dune molécule dadhésion ; -
le FMC7, présent sur le lymphocyte B normal ; - les immunoglobulines
de surface (chaînes lourdes gamma, mu, alpha, delta et chaînes
légères kappa et lambda ; - le CD79b qui est présent
sur les lymphocytes B tout au long de leurs stades de maturation et de
différenciation, et disparaît des plasmocytes ; - le
CD20 qui apparaît sur les cellules B à un stade intermédiaire
de maturation dans la moelle osseuse et disparaît au stade plasmocytaire.
Nous avons utilisé une technique en double marquage avec un anticorps
monoclonal marqué à la phycoérythrine (PE) dirigé
contre lantigène membranaire CD19 (pan-B) et un anticorps
monoclonal marqué à lisothiocyanate de fluorescéine
(FITC) dirigé contre lantigène membranaire à
étudier (figure 2).
En respectant la proportion moyenne dun microgramme danticorps
par million de cellules, la réaction antigène-anticorps
est réalisée en excès danticorps, à
saturation des sites antigéniques. Quantitativement, le CD5, le
CD23 et le FMC7 sont jugés négatifs quand moins de 30 %
des cellules lymphoïdes B les expriment. Qualitativement, le CD22
et les SmIg sont jugés de faible expression quand la différence
entre lindex de fluorescence du marqueur et lindex de fluorescence
du contrôle est comprise entre 0,2 et 1 log (et de forte expression
quand cette différence est supérieure à 1 log).
Résultats
Critères de classification cytologique
LLC typique cytologiquement
Monomorphisme cellulaire avec prédominance de lymphocytes matures
(catégories I et II), proportion de lymphocytes clivés inférieure
à 5 %, proportion de prolymphocytes inférieure à
5 %, proportion de cellules de la catégorie III inférieure
à 5 %. Ces quatre critères doivent être réunis
avec absence de cellules daspect lymphomateux.
LLC atypique cytologiquement
Perte du monomorphisme cellulaire avec une proportion de lymphocytes
clivés supérieure à 5 % et/ou une proportion de prolymphocytes
comprise entre 5 et 55 %, absence de cellules daspect lymphomateux.
Pathologies autre que LLC ou " non LLC "
Présence de cellules daspect lymphomateux sans notion de
pourcentage, pathologie nentrant pas dans les critères dune
LLC typique ou atypique.
Répartition des pathologies
Les diagnostics finaux de nos 92 patients, tenant compte à la
fois de la cytologie, de limmunophénotypage et des autres
examens (clinique, anatomopathologique et cytogénétique),
se répartissent en : - 72 LLC typiques ; - 7 LLC atypiques
: 4 LLC ayant une proportion de plus de 5 % de lymphocytes clivés,
soit 8 %, 11 %, 21 % et 26 % (figure
3a), 3 LLC ayant une proportion de prolymphocytes comprise entre 5
et 55 % (soit deux cas de LLC / PL et un cas de LLC à grandes cellules
B) ; - 13 non LLC : 1 leucémie à prolymphocytes et
12 lymphomes non hodgkiniens (LNH) dont 4 à cellules clivées
(figure 3b), 4 à
cellules villeuses (lymphome splénique à lymphocytes villeux
ou SLVL) et 4 à cellules que nous qualifieront de " prolymphocytoïdes
" ou " paraimmunoblastiques " (taille moyenne à
grande, rapport nucléo-cytoplasmique denviron 0,6, chromatine
non mottée laissant apparaître 1 ou 2 nucléoles bien
visibles en position subcentrale ou parfois périphérique,
cytoplasme acidophile ou légèrement basophile (figure
3c).
Analyse globale cytologique
Les ombres de Gumprecht sont des artefacts de frottis correspondant à
des " fantômes " de cellules lymphoïdes. Elles sont
en moyenne quantitativement plus nombreuses dans les LLC typiques par
rapport aux LLC atypiques et aux non LLC. En considérant les ombres
de Gumprecht comme une variable qualitative (absente pour une valeur seuil,
définie sur des sujets témoins, inférieure à
10 pour 100 cellules lymphoïdes), nous retrouvons aussi des différences
significatives entre les trois types de pathologies (test de Kruskal-Wallis
; p < 0,01). Les ombres de Gumprecht peuvent être considérées
comme un " marqueur cytologique " de la LLC (tableau
2). Nous relevons dans cette étude quatre cas présentant
des petits lymphocytes matures avec villosités parfois discrètes
et une absence dombres de Gumprecht. Le diagnostic différentiel
entre une LLC avec villosités dues à un artefact de frottis
et une suspicion de lymphome splénique à lymphocytes villeux
nécessite une analyse immunologique (tableau
3). Lassociation de villosités lymphocytaires, absence
dombre de Gumprecht, score de Matutes ² 2 et splénomégalie
signe le diagnostic de lymphome splénique à lymphocytes
villeux. Analyse globale immunologique Tous les cas de LLC typiques
ont un score de Matutes supérieur ou égal à 3, 96
% dentre elles ont même un score supérieur ou égal
à 4. Limmunophénotypage des LLC atypiques est plus
hétérogène avec un score variant de 1 à 5
(tableau 4). Nos cas de
LLC avec lymphocytes clivés ont toutes un score de 5, les LLC avec
morphologie prolymphocytoïde ont des scores moins évocateurs
ou même en défaveur dune pathologie de type LLC.
Discussion
Les LLC typiques
Dans la majorité des cas de LLC, la morphologie des cellules circulantes
est typique et conforme aux critères établis par le FAB.
Tous les cas montrant un monomorphisme cellulaire avec lymphocytes matures
accompagnés de moins de 5 % de prolymphocytes, de cellules clivées
et/ou lymphoplasmocytaires et absence de cellules daspect lymphomateux
ont conduit au diagnostic de LLC. La présence dombres de
Gumprecht est également un critère fondamental du diagnostic
cytologique, certes non absolu mais à la fois de bonne sensibilité
et de bonne spécificité. Ces lymphocytes matures ont généralement
un profil immunologique conforme aux critères établis par
Matutes et Catovsky. En effet 72 % ont un score de 5 et 100 % un score
³ 3. Lassociation de ces résultats concordants permet de
poser le diagnostic de LLC. En appliquant la classification cytologique
FAB (en considérant comme typique nos deux cas de LLC avec moins
de 15 % de cellules clivées), les LLC avec une morphologie typique
sont plus fréquemment associées à un immunophénotypage
typique (CD5 positif, CD23 positif, SmIg faible expression) que les LLC
mixtes (89 % versus 50 %). Ces résultats rejoignent ceux
de la littérature [3, 4]. Létude de Shapiro montre
que les patients atteints de LLC CD5 négative sans atypies cytologiques
sont, par rapport à des sujets LLC CD5 positive, plus âgés
avec un stade plus avancé au moment du diagnostic et moins hyperlymphocytaire
[5], lintérêt pronostique nétant pas prouvé.
Selon létude de Garant et Robillard, moins de 3 % des immunophénotypages
de LLC typiques sont compatibles avec dautres diagnostics dhémopathies
lymphoïdes chroniques tels que le lymphome non hodgkinien, la leucémie
à prolymphocytes [3]. a b c
Les LLC à lymphocytes clivés
Dans notre étude, les LLC à lymphocytes clivés présentent
cytologiquement des ombres de Gumprecht et immunologiquement les mêmes
caractéristiques que les LLC typiques. Lanalyse de la morphologie
cellulaire a permis de faire le diagnostic différentiel entre ce
type de LLC et les lymphomes non hodgkiniens à petites cellules
clivées, diagnostic conforté par limmunophénotypage.
Pourtant, laspect cytologique à type de centrocytes dans
les lymphomes à petites cellules nest pas toujours aussi
caractéristique et peut même simuler une LLC en raison de
la petite taille des noyaux (CLL-like syndrome). La recherche dombres
de Gumprecht et le typage lymphocytaire demeurent indispensables pour
conclure [3].
Les LLC à morphologie prolymphocytoïde
Les cas de LLC atypiques, notamment avec des cellules daspect prolymphocytoïde,
sont parfois difficiles à définir et le diagnostic différentiel
avec une autre pathologie lymphoïde nest pas toujours aisé.
La présence dombres de Gumprecht dans le cadre de LLC atypique
" prolymphocytoïde " versus non LLC nest pas
un critère aussi fiable que dans le cadre LLC typique versus
non LLC. Le typage devient alors indispensable. Nous ne pouvons pas
définir un profil immunologique type sur notre nombre restreint
de patients. Il semble même se dégager une certaine hétérogénéité
(CD5 ±, CD23 ±) avec toutefois un FMC7 positif et des SmIg de moyenne
à forte expression. Seul le cas de LLC à grandes cellules
associe la présence dombres de Gumprecht et un score de Matutes
³ 3 (score à 4). Plusieurs études retrouvent ces difficultés
à définir immunologiquement les LLC mixtes avec un score
de Matutes pouvant varier entre 0 et 5 (10 à 30 % des cas ont un
score compris entre 0 et 1). Selon Garand, dans les LLC mixtes (notamment
de type LLC / PL ou à grandes cellules), les immunophénotypages
sont parfois compatibles avec dautres diagnostics dhémopathies
lymphoïdes chroniques tels que lymphome non hodgkinien, leucémie
à prolymphocytes. Ces typages litigieux sont de fréquence
plus élevée que dans les LLC typiques. Cela suggère
quune proportion de LLC mixte pourrait être par erreur classée
en lymphome en phase leucémique ou apparentée à des
leucémies à prolymphocytes [3]. Une proportion significative
de leucémies à prolymphocytes montre un typage similaire
à celui du lymphome du manteau (CD5 positif). De plus certaines
cellules du manteau circulantes peuvent montrer une morphologie "
prolymphocytoïde ". Ces cas de leucémies à prolymphocytes
CD5 positives peuvent correspondre à un variant " prolymphocytoïde
" du lymphome du manteau et semblent similaires au variant "
blastoïde " du lymphome du manteau décrit dans la classification
Real [3]. La combinaison CD18/CD54 semble toutefois discriminante entre
les LLC typiques, les LLC mixtes et les lymphomes du manteau [6]. Ainsi,
le pourcentage de cellules CD54 positives et leur intensité dexpression
sont plus élevés dans les cas de lymphomes du manteau que
dans les cas de LLC atypiques.
Utilité de chaque marqueur
Les deux marqueurs majeurs dans le diagnostic de LLC (typiques et mixtes)
sont, dans notre étude, le CD23 et les SmIg (tableau
5). Selon Matutes, les LLC se caractérisent typiquement par
les positivités du CD5 et du CD23 et la faible expression des SmIg
[2]. La quasi-totalité des LLC (99 %) montre un CD22 de faible
expression et seulement 78 % montre une négativité du FMC7.
La contrepartie de la grande sensibilité du CD22 est une faible
spécificité. Certains auteurs proposent de remplacer le
CD22 par le CD79b pour augmenter la capacité à différencier
la LLC des autres hémopathies lymphoïdes chroniques à
cellules B [7]. Dans notre étude, seule la négativité
du CD79b (moins de 30 % des cellules lymphoïdes lexprimant)
apporte une amélioration au diagnostic de ces hémopathies
autres que la LLC. En association avec le CD19, la négativité
du CD79b et la faible expression du CD20 éliminent le diagnostic
de non LLC, le bémol à apporter à ce diagnostic dexclusion
de spécificité absolue est une sensibilité relativement
faible. Mac Carron retrouve une forte corrélation entre le diagnostic
de LLC et une faible intensité du CD79b, du CD20 et des SmIg [8].
Autres approches
De nombreuses publications montrent sur des critères biologiques,
cytogénétiques, cliniques que les LLC avec morphologie typique
et atypique sont deux entités différentes, de pronostics
différents. Les atypies cellulaires (souvent associées à
des atypies caryotypiques et immunophénotypiques) sont signes de
mauvais pronostic [9-11]. Dans les LLC, il existe une corrélation
entre le caryotype, la morphologie et limmunophénotypage.
Les caryotypes normaux ou avec lanomalie 13q14 sont associés
à une morphologie et un immunophénotypage considérés
comme typique de la LLC. La trisomie 12 est associée à une
morphologie et un immunophénotypage atypiques [12]. La translocation
t (11;14) identifie une entité de LLC aux profils cytologiques,
immunologiques et cytogénétiques distincts des autres LLC
mais proches des lymphomes du manteau [13].
CONCLUSION
En pratique, la LLC-B typique représente la grande majorité
des hémopathies lymphoïdes chroniques B à dissémination
sanguine (80 à 90 %) et la cytologie lymphoïde sanguine reste
à la base de tout diagnostic. Dans la LLC typique avec ombres de
Gumprecht et la leucémie à tricholeucocytes (" lymphocyte
chevelu "), la cytologie peut être suffisante à elle
seule (figure 4). Limmunophénotypage
na pas de valeur pronostique prouvée dans les cas de LLC
typiques cytologiquement CD5 négatives. Limmunophénotypage
est indispensable dans les formes atypiques pour exclure une pathologie
lymphoïde autre que la LLC. Lassociation cytologie-immunophénotypage
est suffisante pour le diagnostic dorientation entre LLC et lymphomes
à cellules clivées et entre LLC avec villosités dues
à un artefact de frottis et lymphome splénique à
lymphocytes villeux. En revanche, le diagnostic différentiel entre
LLC avec prolymphocytes et lymphomes (notamment lymphome du manteau et
lymphome des zones marginales sans lymphocytes villeux) est pluridisciplinaire
: cytologie, immunologie, anatomopathologie, cytogénétique
et clinique. Le lymphome des zones marginales sans lymphocytes villeux
doit être évoqué devant toute LLC atypique à
forme splénomégalique, en particulier si elle est CD5 négative.
La définition précise de ces entités, grâce
à une démarche diagnostique pluridisciplinaire coordonnée,
conduit à établir des facteurs pronostiques et une stratégie
thérapeutique très particulière pour chacune dentre
elles.
Article reçu le 7 mars 2002, accepté le 28 mai 2002 REFERENCES
1. Bennett JM, Catovsky D, Daniel MT, et al. The French-American-
British (FAB) Cooperative Group. Proposals for the classification of chronic
(mature) B and T lymphoïd leukaemias. J Clin Pathol 1989 ;
42 : 567-84.
2. Matutes E, Owusu Ankomah K, Morilla R, et al. The immunological
profile of B-cell disorders and proposal for a scoring system for the
diagnosis of CLL. Leukaemia 1994 ; 8 : 1640-5.
3. Garand R, Robillard N. Immunophenotypic characterization of
acute leukemias and chronic lymphoproliferative disorders: practical recommendations
and classifications. Hematol Cell Ther 1996 ; 38 : 471-86.
4. Matutes E, Polliack A. Morphological and immunophenotypic features
of chronic lymphocytic leukemia. Rev Clin Exp Hematol 2000 ; 4
: 22-47.
5. Shapiro JL, Miller ML, Pohlman B, Mascha E, Fishleder AJ. CD5-
B-cell lymphoproliferative disorders presenting in blood and bone marrow.
A clinicopathologic study of 40 patients. Am J Clin Pathol 1999
; 111 : 477-87.
6. Deneys V, Michaux L, Leveugle P, et al. Atypical lymphocytic
leukemia and mantle cell lymphoma immunologically very close: flow cytometric
distinction by the use of CD20 and CD54 expression. Leukemia 2001
; 15 : 1458-65.
7. Moreau EJ, Matutes E, AHern RP, et al. Improvement
of the chronic lymphocytic leukemia scoring system with the monoclonal
antibody SN8 (CD79b). Am J Clin Pathol 1997 ; 108 : 378-82.
8. Mac Carron KF, Hammel JP, Hsi ED. Usefulness of CD79b expression
in the diagnosis of B-cell chronic lymphoproliferative disorders. Am
J Clin Pathol 2000 ; 113 : 805-13.
9. Vallespi T, Montserrat E, Sanz MA. Chronic lymphocytic leukaemia:
prognostic value of lymphocyte morphological subtypes. A multivariate
survival analysis in 146 patients. Br J Haematol 1991 ; 77 : 478-85.
10. Oscier DG, Matutes E, Copplestone A, et al. Atypical
lymphocyte morphology: an adverse prognostic factor for disease progression
in stage A CLL independent of trisomy 12. Br J Haematol 1997 ;
98 : 934-9.
11. Criel A, Verhoef G, Vlietinck R, et al. Further characterization
of morphologically defined typical and atypical CLL: a clinical, immunophenotype,
cytogenetic and prognostic study on 390 cases. Br J Haematol 1997
; 97 : 383-91.
12. Finn WG, Thangavelu M, Yelavarthi KK, et al. Karyotype
correlates with peripheral blood morphology and immunophenotype in chronic
lymphocytic leukemia. Am J Clin Pathol 1996 ; 105 : 458-67.
13. Cuneo A, Balboni M, Piva N, et al. Atypical chronic
lymphocytic leukaemia with t(11 ; 14) (q13 ; q32): karyotype evolution
and prolymphocytic transformation. Br J Haematol 1995 ; 90 : 409-16.
|