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Arguments for the study and use of terrestrial layers and root suckers in countries with a low forest cover |
Science et changements planétaires / Sécheresse. Volume 16, Number 4, 312-4, Octobre-Novembre-Décembre 2005, Sécheresse en ligne, 3E
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Summary
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Author(s) : Ronald Bellefontaine, Mohamed Sabir, Kouami Kokou, Sita Guinko, Mahamane Saadou, Aboubacar Ichaou, Chaar Hatem, Babou André Bationo, Saley Karim, Marra Dourma , Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad), Département forêts, TA 10/D, 34398 Montpellier, France, École nationale d’ingénieurs forestiers, BP 511, 10000 Rabat-Salé, Maroc, Laboratoire de botanique et d’écologie végétale, Faculté des sciences, Université de Lomé, BP 1515, Lomé, Togo, Laboratoire de botanique et de biologie végétale, Université de Ouagadougou, 03 BP 7021, Ouagadougou 03, Burkina Faso, Faculté des sciences, Université de Niamey, BP 10622, Niamey, Niger, Ministère de la Recherche, Institut national de recherche agronomique du Niger (Inran), Département de recherche forestière, BP 429, Niamey, Niger, Institut national agronomique de Tunisie (Inat), 43, avenue Ch. Nicolles, 1002 Tunis-Mahrajene, Tunisie, Institut national de l’environnement et de recherche agricole (Inra), Centre régional de recherches environnementales et agricoles (CRREE), BP 10, Koudougou, Burkina Faso. |
Summary : Seed sowing, planting or vegetative propagation after felling are used to reconstitute the vegetation cover. Sometimes, the first two methods end up being ineffective and costly. Terrestrial layering and suckering provide an interesting alternative in some areas. In semiarid regions mainly, it is necessary to have a better knowledge of the vegetative propagation process. To that end, launching specific case studies on key species from these areas should be initiated. |
Keywords : vegetative propagation, asexual regeneration, root suckering, terrestrial layering |
Pictures |
ARTICLE
Auteur(s) : Ronald
Bellefontaine1, Mohamed Sabir2, Kouami Kokou3,
Sita Guinko4,
Mahamane Saadou5,
Aboubacar Ichaou6,
Chaar
Hatem7, Babou
André Bationo8, Saley Karim5, Marra
Dourma3
1Centre de coopération internationale en recherche
agronomique pour le développement (Cirad), Département forêts, TA
10/D, 34398 Montpellier, France
2École nationale d’ingénieurs forestiers, BP 511, 10000
Rabat-Salé, Maroc
3Laboratoire de botanique et d’écologie végétale,
Faculté des sciences, Université de Lomé, BP 1515, Lomé, Togo
4Laboratoire de botanique et de biologie végétale,
Université de Ouagadougou, 03 BP 7021, Ouagadougou 03, Burkina
Faso
5Faculté des sciences, Université de Niamey, BP 10622,
Niamey, Niger
6Ministère de la Recherche, Institut national de
recherche agronomique du Niger (Inran), Département de recherche
forestière, BP 429, Niamey, Niger
7Institut national agronomique de Tunisie (Inat), 43,
avenue Ch. Nicolles, 1002 Tunis-Mahrajene, Tunisie
8Institut national de l’environnement et de recherche
agricole (Inra), Centre régional de recherches environnementales et
agricoles (CRREE), BP 10, Koudougou, Burkina Faso
Pour conforter ce titre et l’article, plus de cinquante
photographies viennent illustrer cette assertion destinée à mieux
informer les forestiers des potentialités méconnues des drageons et
marcottes. Dans les pays à climat semi-aride, l’observation plus
poussée du comportement végétal de certains ligneux arborés ou
arbustifs devrait permettre la régénération végétative à faible
coût d’espèces réellement souhaitées par les ruraux pour leurs
divers produits (pharmacopée, bois, fourrage, fruits, etc.).Le coût
et les divers inconvénients inhérents aux plantations en ont
parfois eu raison en Afrique, sauf dans les régions où la
combinaison d’espèces productives et d’écologies particulières
permet une culture intensive. Dans les zones méditerranéennes et
tropicales semi-arides, une approche plus économique et plus
naturelle est donc nécessaire si l’on veut maintenir un certain
couvert arboré ou buissonnant. L’étude des mécanismes qui régulent
le développement de drageons et de marcottes s’avère alors
indispensable (( figure
1 )). Si presque toutes les espèces se régénèrent par
semis, certaines sont dépendantes de la régénération asexuée,
notamment dans les plaines alluviales régulièrement inondées. De
même, quand les contraintes extérieures deviennent plus difficiles
à supporter, par exemple lors de sécheresses climatiques ou
édaphiques, les plantes adoptent des comportements adaptatifs
variés.Cet article est un plaidoyer dont l’objectif principal est
la mise en place de recherches spécifiques relatives à la
propagation végétative naturelle ou induite de diverses espèces
ligneuses en zones semi-arides, notamment. Afin de clarifier les
idées, des définitions des principaux termes utilisés sont
rappelées dans cet article : marcotte, rejet de souche, rejet
de collet, drageon, bouture de racine, régénération, reproduction
sexuée, régénération asexuée. Elles ne représentent que des
définitions minimales acceptables par la majorité, sachant que la
diversité des situations dans la nature rend difficile nos
classifications sémantiques.Les auteurs insistent également sur une
technique, le bouturage de racine (et non de branche ou tige), qui
permet de multiplier végétativement une plante en coupant des
segments de racine de longueur et diamètre prédéterminés (( figure 2 )). On
exploite ainsi l’aptitude qu’ont certaines plantes à drageonner. Il
peut y avoir des phénomènes naturels de bouturage de racine, par
exemple lors de la formation de fentes de retrait dans un sol
argileux, fentes qui provoquent la rupture en deux endroits de la
racine-mère. Le bouturage artificiel de racine consiste le plus
souvent à réinstaller des segments de racine dans une autre terre,
par exemple en pépinière. De très nombreuses recherches sur le
drageonnage des peupliers en zone à climat tempéré ont été
effectuées en laboratoire en travaillant sur des segments de racine
installés sous serre ou en pépinière.Ensuite, les avantages et
divers domaines d’applications possibles de la propagation
végétative à faible coût sont rappelés. Elle est particulièrement
adaptée aux régions où l’eau est rare, car sans eau, les
plantations et les semis, naturels ou artificiels, n’ont pas
d’avenir en zones sèches. Dans les zones non agricoles,
sylvopastorales, montagnardes, induire par diverses techniques
appropriées l’apparition de drageons ou de marcottes d’espèces
appréciées des populations rurales permettrait de coloniser peu à
peu certains espaces. La réhabilitation de régions semi-arides ou
de sites miniers en partant d’îlots arbustifs existants doit
utiliser des espèces fixatrices d’azote, à haut potentiel
drageonnant ou marcottant. La propagation végétative naturelle peut
aussi faciliter la fixation des dunes. Elle s’adresse dans certains
cas aux arbres hors forêt pour augmenter la productivité des
ripisylves. Elle peut être utilisée pour transformer un écosystème
dégradé et répondre à des besoins économiques, culturels, sociaux
ou écologiques : amélioration de l’habitat pour la faune
sauvage, développement de l’écotourisme, culture d’une espèce au
détriment d’une autre, stabilisation d’écosystèmes fragiles,
maintien d’espèces menacées. Le principal domaine d’application de
la propagation végétative naturelle se situe dans les pays pauvres
à faible couvert ligneux. La production de ligneux à moindre coût
est vitale, spécialement dans des conditions écologiques
difficiles, telles que les sols inertes, les climats semi-arides,
les zones montagneuses ou côtières, les zones sylvopastorales
sèches non concurrencées par l’agriculture. Dans les jachères,
l’utilisation du marcottage naturel ou induit peut être
préconisée.De nombreux exemples et données scientifiques provenant
de divers continents, le plus souvent au climat tempéré ou boréal,
sont soumis afin de convaincre les lecteurs sceptiques. Beaucoup
d’espèces drageonnent ou marcottent à des moments précis de leur
développement ontogénique et dans certains milieux (( figure 3 )). Cette aptitude
peut s’expliquer par des différences génotypiques et par des
propriétés physiologiques particulières. Le drageonnage est plus
fréquent lorsque les réserves en amidon et glucides solubles dans
le collet ou dans le système radiculaire primaire sont élevées. Une
suppression de la dominance apicale et donc une modification de la
synthèse hormonale peuvent être responsables d’un drageonnage
intense.Au Canada, la densité de drageons par hectare, un an après
l’exploitation de Populus tremuloides, varie de 55 000 avec
rémanents laissés à même le sol à 200 000 pieds (sans rémanents).
Les drageons proviennent de racines superficielles situées le plus
souvent sous 5-10 cm d’humus ayant un diamètre inférieur à
1,5 cm. Les drageons se situent généralement à moins de
20 m des arbres-mères dans le cas de peupleraies âgées.En
Europe, pour Sorbus torminalis, des drageons ont été observés à
81 m de l’arbre-mère ; le merisier (Prunus avium) se
rencontre à l’état dispersé en forêt, où l’on peut trouver des
drageons dans un rayon de quinze mètres autour de l’arbre-mère. La
distance la plus grande entre deux génotypes identiques est de
80 m.En Afrique de l’Ouest, les champs sont, après récolte,
parfois momentanément envahis par divers ligneux, ce qui occasionne
un surcroît de travail. La sélection clonale pourrait retenir des
espèces utiles choisies pour leur faible aptitude à drageonner.
A contrario, dans les jeunes jachères agricoles, la
reconstitution de la végétation arbustive peut être réalisée par le
marcottage par buttage de l’extrémité apicale de branches
plagiotropes.Au sud du Maroc, la régénération actuellement
problématique des arganeraies, sauf si l’on utilise la culture
in vitro, pourrait sans doute être partiellement assurée par
induction du drageonnage et sélection de clones drageonnants,
puisque certains forestiers marocains confirment cette aptitude
dans des sites particuliers. Cela reste à prouver, d’autant plus
que les conditions d’aridité de l’arganeraie ne semblent pas
favorables.En conclusion, la propagation par marcottes terrestres
et drageons dépend cependant de plusieurs facteurs endogènes et
exogènes encore mal connus. La stratégie de régénération sexuée et
surtout asexuée de ligneux est encore très insuffisamment étudiée
en zones semi-arides. Cet article devrait inciter l’engagement de
travaux de recherche. D’une part, les recherches scientifiques
doivent tenter de comprendre et de maîtriser les processus de la
propagation végétative naturelle d’espèces clés. D’autre part, des
enquêtes peuvent recenser le savoir-faire local. L’étude du
patrimoine culturel paysan relatif à la propagation végétative
naturelle permettra d’en tirer des techniques maîtrisées,
efficaces, peu coûteuses. Ces dernières pourraient alors être
proposées dans diverses régions à des populations rurales aux
moyens financiers limités.Texte intégral disponible à
l’adresse :http://www.secheresse.info/article.php3?id_article=
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