ARTICLE
Auteur(s) : Hamady
Djouara1, Jean-François
Bélières2, Demba
Kébé3
1Institut d’économie rurale (IER), Programme Système
de production et gestion des ressources naturelles, BP 186, Sikasso
Mali
2Centre de coopération internationale en recherche
agronomique pour le développement (Cirad)-Territoires, ressources,
acteurs (Tera), Unité propre de recherche (UPR) « Action
collective, marchés et rénovations des politiques publiques »,
Institut d’économie rurale (IER), Programme Économie des filières
(Ecofil), Cirad BP 1813, Bamako Mali
3Ministère de l’Agriculture, IER BP 258, Bamako Mali
Depuis le début des années 1980, les économies d’Afrique de
l’Ouest sont soumises à des mesures d’ajustement et de
libéralisation qui ont transformé les économies locales en
accélérant les processus de monétarisation des échanges et en les
mettant en relation avec l’économie internationale [1]. Certaines
analyses d’impact de la libéralisation révèlent une forte capacité
d’adaptation des agricultures familiales [2, 3].Les exploitations
agricoles familiales de la zone cotonnière malienne ont évolué pour
saisir les opportunités offertes par la libéralisation ou pour
faire face aux contraintes de l’environnement socio-économique et
institutionnel [4, 5]. Les évolutions sont perceptibles à travers
des indicateurs tels que la part du coton dans l’assolement, le
développement de l’élevage, de la culture du maïs et sa
commercialisation, la réduction des superficies cultivées en
céréales pluviales traditionnelles, la mise en culture des
bas-fonds, la part des revenus monétaires agricoles dans le revenu
agricole global et les stocks de céréales de sécurité.Cet article
présente l’évolution de ces indicateurs sur une période de
10 ans et analyse les effets possibles de la forte baisse des
prix d’achat du coton-graine aux producteurs en 2004 sur les
revenus agricoles et sur les options de développement et de lutte
contre la pauvreté.
La production cotonnière, « moteur » du développement
socio-économique du Mali Sud
Pour la zone sud du Mali, la production de coton a toujours été au
centre des politiques économiques mises en œuvre de la période
coloniale (cette culture était « obligatoire » au début
du XXe siècle) jusqu’à nos jours où le
développement de la filière cotonnière tient une place importante
dans la lutte contre la pauvreté [6]. La filière est caractérisée
par une forte intégration verticale sous l’égide d’une société
d’économie mixte : la Compagnie malienne de développement des
textiles (CMDT) dont le capital est détenu à 60 % par l’État
et 40 % par la société Dagris (Développement des
agro-industries du Sud, ex-Compagnie française de développement des
textiles)1.
Jusqu’au début des années 2000, la CMDT assurait l’ensemble
des fonctions de la filière et aussi nombre de fonctions de service
public du développement agricole et rural. Les acquis sont nombreux
avec une évolution spectaculaire des indicateurs de croissance
agricole : production de coton et de céréales, élevage,
équipement des exploitations, infrastructures, etc.
Cependant, selon les études d’évaluation de la pauvreté [8] et
de la situation sanitaire [9], la région de Sikasso obtient des
résultats plus défavorables que presque toutes les autres régions,
alors qu’elle bénéfice d’une pluviométrie abondante, qu’elle est
excédentaire en céréales et que la production de coton génère une
injection importante de fonds. Les raisons sont liées à la forte
croissance de la population qui a limité les effets de la
croissance agricole, à des systèmes de consommation qui sont restés
très centrés sur l’autosuffisance et une diversification faible des
sources de revenu [10]. Par ailleurs, si l’incidence de la pauvreté
y est plus élevée qu’en moyenne nationale (proportion de la
population en dessous du seuil de pauvreté), celle de l’extrême
pauvreté y est moins répandue.
Sous l’effet d’une politique volontariste, la production
cotonnière a augmenté à un rythme régulier (( figure 1 )) puis très
rapide après la dévaluation du franc CFA en 1994 pour atteindre
plus de 600 000 tonnes en 2003-2004. Cette situation n’est pas
originale dans la sous-région, puisque l’on retrouve des situations
analogues dans la plupart des pays d’Afrique de l’Ouest producteurs
de coton [11].
L’augmentation de la production correspond à celle du nombre de
producteurs (dont une partie dans les nouvelles zones de production
(( figure 2
)) de Kita et de l’Office de la Haute Vallée du Niger, OHVN) et à
la croissance des emblavements moyens en coton dans les
exploitations. La chute de la campagne 2000-2001 est la conséquence
d’une décision syndicale de boycott de la culture cotonnière suite
à une baisse des prix du coton-graine lors de la campagne
précédente.
Les exploitations agricoles familiales du Mali Sud
Les résultats présentés ici sont essentiellement issus des travaux
de l’Équipe Système de production et gestion des ressources
naturelles (ESPGRN) de l’Institut d’économie rurale (IER), qui a
suivi, de 1994 à 2003, un échantillon de 80 exploitations
agricoles dans 9 villages des Cercles de Koutiala, Kadiolo et
Bougouni (( figure
2 )). Ces exploitations ont été tirées au sort selon une
typologie IER/CMDT, avec comme critère principal l’équipement
agricole et le nombre de bovins [12–14]. Celle-ci ne
permettant pas de bien différencier les performances des
exploitations, H. Djouara a procédé à une nouvelle
classification [15] en trois groupes aux caractéristiques
contrastées en termes de productivité (voir tableau 1( Tableau 1 )) :
- – grandes exploitations (6 %) : mieux dotées
en facteurs, elles ont intensifié leurs productions de coton et
céréales et diversifient leurs activités ;
- – exploitations moyennes (81 %) : les plus
répandues, relativement bien dotées en facteurs, elles ont
intensifié la production de coton et dans une moindre mesure celle
des céréales ;
- – petites exploitations (12 %) : mal dotées en
facteurs, elles ne peuvent pas intensifier et sont contraintes à la
production céréalière et autres cultures (riz de bas-fonds et
arachide).
Des structures qui évoluent peu
Les caractéristiques structurelles ont peu évolué en 10 ans,
sauf pour la population et le bétail. Le nombre de personnes
présentes a progressé à un rythme moyen de 3 % par an (14 à
18 personnes pour l’ensemble). Cependant, les petites
exploitations n’ont pas progressé suite au départ de jeunes en
exode et du départ d’un ménage migrant vers le sud. La progression
de la taille démographique est une tendance générale, même si les
taux sont en général plus faibles (2,1 % par an selon le
suivi évaluation de la CMDT) [16].
La croissance de la population par exploitation est limitée par
la segmentation. Pour des raisons à la fois sociales
(individualisation des comportements) et économiques (captation du
revenu généré par les activités collectives), les familles
polynucléaires ont tendance à éclater, chaque sous-groupe familial
préférant se gérer de façon autonome. Ce phénomène a tendance à
s’amplifier (tableau 2( Tableau 2
)).
La superficie totale cultivée par exploitation augmente elle
aussi, mais moins vite : elle passe de 9,6 hectares en
1994 à 11,5 hectares en 2003 alors que la superficie cultivée
par personne décroît de 0,68 à 0,62 hectare. Les exploitations
moyennes augmentent leur superficie cultivée de plus de 20 %
mais perdent près de 0,07 hectare par personne. Grâce à
l’exode, les petites exploitations augmentent légèrement la
superficie cultivée par personne. Ce sont les grandes exploitations
qui ont la plus faible progression de la superficie cultivée
(7 %) et la plus forte diminution par personne
(0,1 hectare par personne). Les évolutions sont donc
complexes : d’une part, la superficie totale cultivée
progresse mais seulement de 0,2 hectare par an ; de
l’autre, la superficie cultivée par personne baisse de manière
sensible (- 0,06 ha/an/pers). On ne peut donc pas parler
d’une extensification générale. Il y a une tendance à
l’intensification (et à la diversification des sources de revenu)
pour les grandes et moyennes exploitations et à une légère
augmentation de la superficie cultivée par personne pour les
petites exploitations à la faveur des départs en exode.
Sur la période, le nombre de bovins a évolué en dents de scie en
fonction des politiques de santé animale et de la mortalité des
animaux liée à la trypanosomiase. Les taux de mortalité sont très
élevés jusqu’en 1998 [15]. Ils ont été constatés dans
l’ensemble de la zone et font suite au désengagement de l’État des
activités de santé animale avec le retrait de la CMDT et la
privatisation de la profession vétérinaire.
Les équipements en traction animale ont peu évolué. La
possession d’un nombre d’unités d’attelage suffisant est un élément
très important dans le processus de production, car il permet aux
exploitations de tirer parti des premières pluies et de réduire
l’étalement des semis, notamment du coton dont les pertes de
production deviennent importantes pour les semis tardifs
(21 juin au 10 juillet) (Koné et al., 1998 cité par
Djouara [15]). Les exploitations se sont équipées avant 1994
et se limitent au renouvellement. Les matériels ont une durée de
vie longue : environ 30 % des matériels aratoires et des
charrettes ont plus de 15 ans d’âge. Le taux de renouvellement
est faible. Les investissements réalisés récemment ont porté sur
d’autres types d’équipement : transport (motos, vélos),
transformation.
Tableau 1 Caractéristiques et performances moyennes des
exploitations selon les classes (période 1994-2003).Table 1. Mean
results and characteristics of farms groups (periode 1994-2003).
|
Classes d’exploitations agricoles
|
Grandes
|
Moyennes
|
Petites
|
|
Variables
|
Moyenne
|
E-type
|
Moyenne
|
E-type
|
Moyenne
|
E-type
|
|
Personnes
|
34
|
8
|
16
|
7
|
8
|
5
|
|
Actifs
|
19
|
5
|
9
|
3
|
4
|
3
|
|
Bovins
|
41
|
30
|
8
|
8
|
1
|
1
|
|
Petits ruminants
|
20
|
13
|
10
|
10
|
2
|
3
|
|
Attelage b
|
2,98
|
1,04
|
1,41
|
0,71
|
0,26
|
0,33
|
|
Superficie totale cultivée (ha)
|
18,22
|
5,30
|
10,14
|
3,96
|
3,85
|
2,15
|
|
Dont coton (en %)
|
42
|
9
|
30
|
12
|
8
|
13
|
|
Dont maïs (%)
|
6
|
5
|
18
|
14
|
12
|
21
|
|
Surface totale par personne (ha)a
|
0,54
|
0,10
|
0,64
|
0,25
|
0,48
|
0,27
|
|
Surface céréales par personne (ha)a
|
0,28
|
0,07
|
0,40
|
0,17
|
0,39
|
0,23
|
|
Nombre d’hectares par attelagea
|
6,81
|
2,67
|
8,12
|
3,34
|
8,88
|
2,97
|
|
Rendement coton (kg/ha)a
|
1 082
|
437
|
998
|
335
|
752
|
347
|
|
Rendement maïs (kg/ha)a
|
2 242
|
957
|
1 380
|
720
|
984
|
529
|
|
Rendement mil/sorgho (kg/ha)a
|
926
|
265
|
703
|
312
|
648
|
304
|
|
Production céréales par personne (kg)a
|
314
|
107
|
369
|
179
|
280
|
232
|
|
Qté d’engrais épandue par ha cultivé (kg)a
|
89
|
30
|
78
|
33
|
31
|
32
|
|
Qté fumure organique disponible/ha cultivé (kg)a
|
1 826
|
1 204
|
930
|
1 017
|
420
|
1 232
|
|
Revenu agricole total (en 1 000 F CFA)
|
4 833
|
2 377
|
1 446
|
959
|
328
|
238
|
|
Dont coton (%)
|
23
|
13
|
23
|
16
|
4
|
24
|
|
Dont maïs (%)
|
2
|
4
|
7
|
10
|
8
|
17
|
|
Dont élevage (%)
|
57
|
17
|
40
|
21
|
21
|
22
|
|
Dont autres céréales (%)
|
9
|
7
|
17
|
16
|
45
|
28
|
|
Dont autres cultures (%)
|
10
|
5
|
12
|
11
|
22
|
21
|
|
Revenu agricole par personne (en 1 000 F CFA)a
|
143
|
107
|
91
|
55
|
41
|
32
|
aLes moyennes sont pondérées par personne, superficie,
attelage selon la variable considérée.
bUn attelage = 2 bœufs de labour + charrue ou un
multiculteur.
Tableau 2 Mode d’accession au statut de chef
d’exploitation selon la période.Table 2. Mode of accession to
farm manager status according to period.
|
Mode d’accession\période
|
avant 1990
|
de 1990 à 2004
|
|
Nombre d’exploitations
|
89
|
108
|
|
Succession
|
83 %
|
56 %
|
|
Émancipation ou éclatement
|
13 %
|
31 %
|
|
Migration
|
3 %
|
12 %
|
Des exploitations qui tendent à se spécialiser
Le niveau de spécialisation est différent selon les types (tableau
1) avec :
- – des grandes exploitations plus intensives (maïs à plus
de 2 t/ha et mil/sorgho à près de 1 t/ha) et spécialisées
dans le coton (42 % des superficies cultivées) mais qui tirent
la plus grande part de leurs revenus de l’élevage ;
- – des exploitations moyennes en cours d’intensification
et de spécialisation cotonnière (30 % des surfaces en
cotonnier et 18 % en maïs, rendement maïs à plus de
1,3 t/ha) ;
- – et enfin des petites exploitations moins concernées
par le coton et le maïs (8 % et 12 % des surfaces
cultivées), productrices de céréales pluviales traditionnelles (mil
et sorgho) avec un complément alimentaire notable des cultures de
bas-fonds (production féminine de riz) et qui réalisent leurs
revenus monétaires avec d’autres cultures : arachide et
tubercules.
La surface de cotonnier a fortement progressé passant de
2,10 hectares en 1994 à 4,11 hectares en 2003 (en
conformité avec l’évolution générale – ( figure 1 )). La progression
est le fait des exploitations moyennes (( figure 3 )). Sur la
période, il y a eu une forte spécialisation dans la production de
coton de la part des exploitations qui disposaient de moyens
suffisants pour le faire.
L’augmentation du coton va de pair avec la croissance du maïs
dans l’assolement ; cette culture est plus productive que le
mil ou le sorgho car elle réagit beaucoup mieux à l’apport de
fumure minérale et organique. Pour les exploitations moyennes, la
part de la superficie cultivée en maïs est ainsi passée de
10 % en 1994 à 21 % en 2003. La progression du coton et
du maïs s’est faite au détriment des autres céréales (mil, sorgho
et fonio).
L’évolution des rendements (( figure 4 )) est assez
chaotique, en lien avec la pluviométrie, mais on ne constate pas de
modification conséquente et durable des écarts entre les types
d’exploitation (tableau 1). Les petits producteurs ont un rendement
coton nettement plus faible. Ils cultivent le coton pour avoir
accès au crédit et aux intrants. Une fois obtenus, ces derniers
sont fractionnés entre coton et maïs et une partie est souvent
revendue pour faire face à des besoins de trésorerie.
On observe une baisse tendancielle du rendement de coton (en
conformité avec les résultats du suivi-évaluation de la CMDT) alors
que les rendements céréales ont tendance à progresser. La
progression la plus régulière est celle du mil/sorgho. Les apports
d’engrais chimiques (qui évoluent peu sur la période) et de fumure
organique n’expliquent pas cette baisse tendancielle (mais
expliquent partiellement les écarts entre les types
d’exploitations), de nombreux autres facteurs agissent sur le
rendement et des travaux de recherche sont en cours sur ce
thème.
La progression des rendements des céréales est à mettre au
crédit de l’utilisation de la fumure organique, mais aussi de
l’utilisation de variétés améliorées, et autres techniques en cours
d’adoption par les producteurs [17].
Le niveau plus élevé des rendements du maïs et des mil/sorgho
dans les grandes exploitations leur permet de satisfaire leurs
besoins en ne consacrant qu’une faible part de la superficie aux
céréales - 0,28 hectare par personne - très nettement
inférieure aux moyennes des autres types. Sur la période, ce ratio
a fluctué mais avec une tendance nette à la baisse pour les
exploitations moyennes. Ainsi, la progression de la superficie
coton a été possible en raison de l’amélioration de la productivité
des céréales qui a permis de desserrer la contrainte de sécurité
céréalière et de libérer des surfaces.
L’évolution la plus remarquable sur la période est la
progression des apports de fumure organique par hectare cultivé
pour tous les types d’exploitation. Globalement, cette quantité est
passée de 715 kg/ha à 1 300 kg/ha. Elle est à mettre à
l’actif de la croissance du bétail mais aussi de la généralisation
de cette pratique autonome et économe2. La fumure organique est épandue sur les
parcelles de coton en priorité puis sur les parcelles de
maïs ; les exploitations les mieux dotées (les grandes et
quelques moyennes) en épandent également sur les parcelles de
mil/sorgho. La quantité de fumure organique disponible progresse
pour tous les types avec cependant pour les grandes exploitations
une chute prononcée dans les années 1995-1997 liée à la forte
mortalité des animaux (voir ci-dessus). La généralisation de la
fumure organique et l’intégration de l’agriculture et de l’élevage
sont les principaux moteurs de l’intensification agricole comme
l’avait identifié Kébé [18].
Des résultats qui progressent mais restent faibles
Les exploitations sont encore dans une logique de sécurité
alimentaire, même si les évolutions traduisent une intégration de
plus en plus grande au marché. Les grandes exploitations sont
passées d’un système où la priorité était donnée aux céréales
autoconsommées, quitte à disposer de plusieurs années d’avance de
stock, à un système beaucoup plus orienté vers le marché où la
priorité est donnée à la culture de rente, sachant que
l’autosuffisance alimentaire est tout de même acquise [5]. Même si
le marché des céréales se développe, la part vendue par les
exploitations reste relativement faible3 (globalement de l’ordre de 10 % pour
le maïs et 6 % pour le sorgho).
Sur la période considérée, le prix du coton-graine (tableau 3(
Tableau 3 )) a progressé, sauf en 1999
où la baisse annoncée en cours de campagne a provoqué l’année
suivante la grève des semis. L’augmentation du produit brut par
hectare de coton a été moins forte en raison de la baisse des
rendements : de 140 000 F CFA/ha à
195 000 F CFA/ha (en F CFA courants4).
Les charges hors main-d’œuvre ont progressé à un rythme
différent (elles ont baissé les premières années) mais dix ans plus
tard, en 2003, le taux de progression est voisin de celui du
produit brut.
La marge moyenne du coton (hors main-d’œuvre) a varié entre
90 000 F CFA et 145 000 F CFA/ha avec une nette
différence selon les exploitations :
136 000 F CFA/ha pour les grandes,
123 000 F CFA pour les moyennes et
84 000 F CFA/ha pour les petites (tableau 3).
Le coton est une composante importante du revenu agricole des
grandes et moyennes exploitations avec 23 % (tableau 1) mais
les revenus tirés de l’élevage sont les plus importants avec
57 % et 40 % des revenus agricoles annuels. Pour les
petites exploitations, ce sont les céréales et les autres cultures
(arachide et tubercules) qui constituent la part la plus
importante.
La constante sur la période est la faiblesse des revenus
agricoles par personne, y compris pour les grandes exploitations.
Le revenu agricole moyen global progresse de manière significative
avec un doublement de 1994 à 2003 pour les grandes et moyennes
exploitations et un triplement pour les petites (tableau 4( Tableau 4 )). Mais il reste faible avec des
montants en francs courants de 145 000 F CFA/pers/an pour
les grandes exploitations, 90 000 F CFA pour les moyennes
et 40 000 F CFA pour les petites.
L’impact de la baisse du prix en 1999 est net sur les revenus
des grandes exploitations, alors qu’il affecte peu les autres
types. L’année suivante en 2000, la grève des semis n’affecte pas
les grandes exploitations qui (dans l’échantillon) n’ont pas suivi
le mot d’ordre de grève mais affecte très nettement les autres
types.
Dans tous les cas, les revenus sont faibles. Pour les apprécier,
on peut les comparer aux seuils de pauvreté définis dans les études
de 1994 et 2001 : respectivement
77 204 F CFA/pers/an et
144 022 F CFA [19]. Même si le mode de détermination
et la pertinence de ces seuils sont discutables, ils constituent
une référence. Pour les années concernées, seules les grandes
exploitations ont un revenu agricole par personne supérieur au
seuil de pauvreté. Cela va dans le sens des analyses sur la
pauvreté qui donnent des incidences de la pauvreté importantes pour
la région de Sikasso (84,6 % en 1994 et 81,8 % en 2001).
L’augmentation des revenus agricoles enregistrée ces dix dernières
années pour tous les types d’exploitation, amène une nette
amélioration des conditions de vie des populations, mais reste
insuffisante pour réduire de manière très significative le niveau
de pauvreté.
Pour apprécier l’évolution des prix sur la période nous avons
calculé l’indice de Paasche. Les données utilisées sont les
quantités de coton et de céréales produites et le nombre de têtes
de bétail par exploitation agricole ainsi que les prix moyens au
producteur en 1994 (année de base) et en 2003 (année de référence).
L’indice est calculé par la formule suivante (indice de
Paasche) :où :
Q1 et P1 = quantité et prix au temps
T1 ;
P0 = prix au temps T0
Cet indice est calculé ici pour déterminer les variations
relatives des prix du coton, des céréales et du bétail dans le
temps.
Les indices de Paasche (tableau 5( Tableau
5 )) sont élevés, en particulier pour le maïs et le
mil/sorgho. Ils indiquent une augmentation substantielle des
produits bruts des productions agricoles par rapport aux charges en
intrants entre 1994 et 2003. Les répercussions de la
dévaluation du franc CFA sont l’une des raisons de cette
augmentation ; 2003 a également été une bonne année agricole
avec une bonne pluviométrie.
Les revenus agricoles en francs constants (tableau 4) font
apparaître une évolution légèrement moins favorable. L’augmentation
du revenu en francs constants est importante les premières années
(1994 à 1996) La chute de 2000 est très forte, ramenant le revenu
par personne en francs constants à un niveau inférieur à celui de
1995. L’augmentation du revenu des dernières années (2001 à 2003),
est atténuée par une légère inflation. En final, le revenu moyen
par personne sur la période en francs constants 1994 est de l’ordre
de 80 000 F CFA.
Tableau 3 Évolution de la marge brute par hectare pour
la culture du coton.Table 3. Evolution of the gross profit per
hectare for cotton crop.
|
1994
|
1995
|
1996
|
1997
|
1998
|
1999
|
2000
|
2001
|
2002
|
2003
|
|
Prix coton-graine (F CFA/kg)
|
130
|
155
|
155
|
170
|
185
|
150
|
170
|
200
|
180
|
200
|
|
Rendement (kg/ha)
|
1 075
|
1 224
|
1 180
|
941
|
1 018
|
911
|
947
|
938
|
985
|
968
|
|
Produit brut par hectare (F CFA)
|
139 707
|
190 333
|
182 954
|
148 492
|
188 306
|
136 652
|
160 931
|
187 502
|
177 270
|
193 580
|
|
Charges (hors travail) (F CFA)
|
46 000
|
42 060
|
41 410
|
39 218
|
42 922
|
47 554
|
47 314
|
45 676
|
59 640
|
62 884
|
|
Marge par hectare (F CFA)
|
93 707
|
148 273
|
141 545
|
109 274
|
145 384
|
89 098
|
113 617
|
141 826
|
117 630
|
130 695
|
|
Part marge sur PB
|
67 %
|
78 %
|
77 %
|
74 %
|
77 %
|
65 %
|
71 %
|
76 %
|
66 %
|
68 %
|
Tableau 4 Évolution du revenu agricole par type
d’exploitation en F CFA par personne.Table 4. Evolution of the
agricultural income by type of farm in F CFA per person.
|
Types EA
|
1994
|
1995
|
1996
|
1997
|
1998
|
1999
|
2000
|
2001
|
2002
|
2003
|
|
Grandes
|
85 196
|
148 680
|
160 523
|
135 340
|
130 513
|
118 131
|
129 837
|
164 449
|
179 458
|
166 764
|
|
Moyennes
|
48 628
|
83 830
|
100 618
|
83 048
|
100 583
|
96 899
|
74 006
|
100 584
|
108 892
|
105 641
|
|
Petites
|
16 299
|
25 275
|
48 632
|
29 944
|
36 910
|
63 686
|
31 608
|
65 534
|
70 550
|
45 603
|
|
Ensemble
|
51 302
|
87 825
|
104 759
|
86 394
|
100 403
|
98 948
|
79 161
|
106 953
|
115 993
|
110 296
|
|
Indice inflation
|
100,00
|
112,44
|
119,62
|
118,78
|
123,56
|
122,13
|
121,29
|
127,51
|
133,97
|
132,18
|
|
F constants 1994
|
51 302
|
78 109
|
87 578
|
72 734
|
81 255
|
81 019
|
65 265
|
83 877
|
86 580
|
83 446
|
Tableau 5 Indice de Paasche pour les principales
productions tous types d’exploitations confondus (comparaison
1994-2003).Table 5. Paasche index for the main crops all farms
taken together (period 1994-2003).
|
Productions
|
Moyenne
|
Écart type
|
|
Coton
|
161 %
|
15 %
|
|
Mais
|
256 %
|
113 %
|
|
Mil/sorgho
|
239 %
|
16 %
|
|
Bétail
|
181 %
|
12 %
|
Quelles perspectives ?
Avec des cours internationaux très bas qui se répercutent sur le
prix au producteur du coton-graine, il y aura une baisse
significative des revenus monétaires. Pour évaluer l’impact de
cette baisse (de 200 F CFA/kg à 160 F CFA/kg)
sur le revenu agricole, nous l’avons répercutée sur les données de
l’année 2003, toutes choses restant égales par ailleurs (tableau 6(
Tableau 6 )).
Même si l’impact semble réduit sur le revenu par personne (entre
2 600 F CFA et 11 000 F CFA), il est conséquent
pour les grandes exploitations qui perdraient plus de
400 000 F CFA par rapport à 2003. Les exploitations
moyennes subissent le plus important manque à gagner en termes
relatifs avec une diminution de 9 % du revenu agricole.
- • Sur le court terme, pour faire face, les exploitations
réduiront certaines dépenses sociales et tenteront de trouver des
revenus de complément tout en poursuivant la culture du coton qui,
avec des débouchés assurés et un prix « annoncé »,
procure des revenus sécurisés.Le caractère familial et la
diversification des activités confèrent aux exploitations une
certaine robustesse pour faire face aux chocs économiques, au prix
de sacrifices supplémentaires sur la consommation et le
bien-être.Les grandes exploitations ont accumulé du capital avec un
troupeau qui produit la part la plus importante du revenu agricole
(plus de 50 %), fournit la matière organique qui assure la
productivité agricole et permet une réduction de la surface
céréalière (seulement 0,28 hectare de céréales/pers/an). Ces
exploitations de grande taille, agrégeant plusieurs ménages
dépendants, développent des activités non agricoles : commerce
de céréales ou de bétail, transport, artisanats, etc. Nombre de
chefs de ces exploitations perçoivent qu’une partie de leurs
enfants ne pourra pas rester sur l’exploitation sans activité
secondaire et que l’éclatement de l’exploitation ne pourra
qu’entraîner une réduction du « bien-être » ; ils
ont donc des stratégies diversifiées qui visent à la fois à
améliorer la productivité de l’exploitation (mécanisation,
motorisation) et à pousser leurs enfants à se former et s’engager
dans de nouvelles activités. Pour l’élevage, devenu une activité
majeure, les exploitations doivent aujourd’hui faire face à la
réduction des zones de pâturage, la tendance est à l’introduction
des cultures fourragères. Ces exploitations, les mieux dotées en
facteurs de production, ont des capacités réelles pour poursuivre
leur diversification : activités de services dans un monde
rural en mutation, intensification de l’élevage, autres activités
spécialisées comme la production fruitière ou de lait, etc.Les
exploitations moyennes (81 % de l’échantillon) se sont
spécialisées dans le coton. La part dans le revenu total reste
inférieure à 25 %, mais elle couvre la plupart des dépenses de
santé, d’éducation et de consommation. Ces exploitations ont
amélioré leur productivité, non pas en coton dont le rendement
stagne, mais dans les productions céréalières. Elles ont investi
dans les animaux (plus de 40 % d’achats) pour capitaliser,
diversifier les revenus et produire de la matière organique. De par
leur nombre et leurs trajectoires récentes, la diversification
apparaît difficile à court terme pour ces exploitations. Cependant,
la part des céréales dans l’assolement et en particulier celle du
maïs pourrait rapidement se développer si le fonctionnement du
marché s’améliore et si l’environnement (système de crédit et
approvisionnement en intrants) s’adapte [20]. Les systèmes de
crédit reposent en effet aujourd’hui uniquement sur le coton.Les
petites exploitations, les plus pauvres, démunies en facteurs de
production, dépendent peu du coton pour leur revenu agricole (moins
de 10 % en moyenne), mais beaucoup pour accéder au crédit et
aux intrants. Exclues du système coton car moins performantes, sans
animaux pour produire de la matière organique, elles ne peuvent pas
intensifier (alors que les acquis dans ce domaine sont conséquents)
et donc améliorer leurs conditions de vie. Ces exploitations
dépendent des productions dites « secondaires » comme
l’arachide, les tubercules, le maraîchage de contre-saison, la
cueillette. Dans certaines zones, la culture de la pomme de terre
permet des gains importants. Dans les zones d’étude, ces
exploitations ont recours à la migration, de courte ou longue
durée, pour s’adapter. C’est en final, la seule stratégie pour
faire face aux dégradations des conditions de vie.
- • Sur le moyen terme, si les prix d’achat du coton
restaient bas, la réponse pourrait être différenciée selon les
exploitations :
- - quelques-unes bien dotées en facteurs de production
(terre, travail, capital d’exploitation) pourraient développer des
activités de diversification, d’autant plus facilement que seraient
prises des mesures politiques allant dans ce sens ;
- - certaines dotées en facteurs et ayant atteint de bons
niveaux de productivité pourraient poursuivre leur spécialisation
en améliorant leurs rendements cotonniers par adoption de
techniques innovantes ;
- - les plus nombreuses pourraient opérer un repli sur
l’autoconsommation, mais les membres de la famille et en
particulier les jeunes vivraient mal un tel repli ;
- - pour les exploitations peu ou mal dotées en facteurs,
la baisse persistante des prix accentuerait la compétition pour
l’accès aux ressources et rendrait plus difficile l’accès à des
revenus complémentaires. Les solutions résideraient dans le
salariat agricole et des migrations courtes ou longues.
Les évolutions possibles font beaucoup appel à la
diversification des productions agricoles. Certaines filières
« nouvelles » semblent en effet porteuses (sésame,
fruits, coton biologique, arboriculture fruitière, etc.) et
méritent toutes les attentions de la profession agricole et de
l’État. Cependant, la production actuelle non cotonnière est
centrée sur les céréales, les légumineuses et l’élevage. Ces
produits ont comme débouchés les marchés domestiques, locaux, et
nationaux, mais aussi le marché sous-régional. Celui-ci se
développe rapidement en raison d’une forte urbanisation. Mais sur
ce marché la compétition entre produits locaux et produits importés
est de plus en plus rude, renforcée par la concentration de la
distribution et l’implantation de firmes internationales. L’enjeu
pour la profession est donc de développer des productions répondant
aux normes de qualité de la grande distribution et satisfaisant aux
attentes des consommateurs urbains, pour conserver voire
reconquérir les marchés domestiques sous-régionaux.
Tableau 6 Impact estimé de la baisse du prix d’achat du
coton-graine sur le revenu par personne en 2005 (en
F CFA).Table 6. Estimated impact of the fall of cotton seed
prices on the income per person in 2005 (in F CFA).
|
Types d’EA
|
Revenu agricole/personne en 2003
|
Baisse du revenu agricole/personne
|
Estimation du revenu agricole/personne en 2005
|
|
Grandes
|
166 764
|
10 817
|
155 947
|
|
Moyennes
|
105 641
|
8 679
|
96 962
|
|
Petites
|
45 603
|
2 605
|
42 998
|
|
Ensemble
|
110 296
|
8 627
|
101 670
|
Conclusion
L’année 2004-2005 constitue certainement une année de rupture dans
la politique agricole pour la filière cotonnière au Mali. L’État a
soutenu la production pour respecter les engagements de prix du
début de campagne (200 F CFA/kg plus une ristourne de
10 F CFA/kg). Mais le système de fixation du prix a été
révisé et l’option a été prise de répercuter la baisse des prix
mondiaux sur les prix d’achat aux producteurs. C’est donc aux
exploitations agricoles familiales de s’adapter pour se maintenir
dans ce secteur en restant compétitives, malgré les distorsions du
marché. L’État s’est engagé dans une rénovation de sa politique
avec de nouvelles options : développement de la transformation
du coton au niveau national, développement de filières spécifiques
(biologique et commerce équitable), renforcement de l’organisation
des producteurs et transfert de responsabilités, etc.
L’impact de la baisse des cours du coton sera important sur le
revenu agricole monétaire des exploitations et accentuera la
pauvreté de la zone. Avec des revenus agricoles moyens qui
s’échelonnent entre 70 centimes d’euros par personne et par
jour pour les « plus aisés » (soit moins d’un dollar US)
à moins de 20 centimes d’euros par personne et par jour pour
le groupe des plus défavorisés, toute réduction du revenu, aussi
minime soit-elle, aura des répercussions graves sur les conditions
de vie et sur l’accès aux biens les plus élémentaires.
L’amélioration des rendements du coton reste une option, les
marges de progrès semblent encore importantes. Cependant, la baisse
tendancielle interpelle la recherche qui, au-delà des travaux sur
les itinéraires techniques, doit renouveler ses approches
systémiques pour comprendre et analyser les situations et
stratégies des exploitations agricoles familiales en fonction des
petites régions agricoles et bassins de collecte et en apprécier
les performances économiques et sociales voire environnementales
[21] ou énergétiques et faire des propositions pertinentes de
politique agricole aux décideurs publics et privés.
En effet, si certaines exploitations devaient
« sortir » de la filière cotonnière, elles perdraient
l’accès aux intrants et aux crédits et, en partie tout au moins,
l’accès au conseil agricole, remettant ainsi en question leurs
possibilités d’intensification et d’intégration au marché.
Les impacts les plus forts de la baisse des prix et de la
production seraient alors à rechercher dans l’économie locale et
nationale, car les effets multiplicateurs de la production
cotonnière sont très importants [14].
Références
1 Griffon M. Filières agro-alimentaire en Afrique :
comment rendre le marché plus efficace. Paris : Ministère
français des affaires étrangères, Direction générale de la
coopération internationale et du développement, 2001.
2 Bélières JF, Bosc PM, Faure G, Fournier S,
Losh B. Quel avenir pour les agricultures familiales d’Afrique
de l’Ouest dans un contexte libéralisé?. Londres : Institut
international pour l’environnement et le développement (IIED),
2002.
3 Toulmin C, Guèye B. Transformations in West African
agriculture and the role of family farms. Paris : Organisation
de cooperation et de développement économiques (OCDE), 2003.
4 Dixon J, Gulliver A, Gibbon D. Farmings systems
and poverty : improving farmers livelihoods in a changing
world. Rome ; Washington : FAO ; World Bank,
2001.
5 Kébé D, Bélières JF, Sanogo O. Impact de la
globalisation et de l’ajustement structurel sur les petits
producteurs au Mali. Bamako : Institut d’économie rurale
(IER) ; FAO/BM, 2003.
6 Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté (CSLP). Cadre
stratégique de lutte contre la pauvreté. Bamako : CSLP,
2002.
7 Lacordaire A. Dagris joue la montre. Jeune Afrique
L’Intelligent 2005(2334) : 66-7.
8 Direction nationale de la statistique et informatique (DNSI).
Enquête malienne sur l’évaluation de la pauvreté (EMEP), 2001.
Résultats définitifs. Bamako : Primature ; Banque
mondiale, 2003.
9 Ballo MB, Traoré MS, Niambélé I, Ba S,
Ayad M, Ndiaye S. Enquête démographique et de santé Mali
2001 (EDS III). Bamako : CPS/Ministère de la santé et ORC
Macro, 2002.
10 Brock K, Coulibaly N. Sustainable rural livelihoods
in Mali. N°35. Brighton (Grande- Bretagne) : Institute of
Development Studies (IDS), 1999.
11 Deveze JC, Halley Des Fontaines D. Le devenir des
agricultures familiales des zones cotonnières africaines : une
mutation à conduire avec tous les acteurs. À partir des cas du
Bénin, du Burkina Faso, du Cameroun et du Mali. Paris : Agence
française de développement (AFD), 2005.
12 Giraudy F. Annuaire statistique CMDT 1995/96 :
résultats de l’enquête agricole permanente. Bamako : Compagnie
malienne de développement des textiles (CMDT) ; Direction de
la production du coton-graine (DPCG) ; Suivi évaluation (SE),
1996.
13 Kébé D, Fomba B, Kébé Sidibé MCS,
Djouara H. Le conseil de gestion aux exploitations
agricoles : un outil de vulgarisation. Bamako : Institut
d’économie rurale (IER) ; Équipe Système de production en
gestion des ressources naturelles (ESPGRN), 1999.
14 Nubukpo KK, Keita MS. Réforme du mécanisme de
fixation du prix d’achat du coton au producteur malien et
conséquences dans un contexte de chute des cours mondiaux.
In : Hazard E, ed. Négociations commerciales
internationales et réduction de la pauvreté. Le livre blanc sur le
coton. Dakar : Enda éditions, 2005.
15 Djouara H. Globalisation et stratégies paysannes dans la zone
Mali-Sud : cas des régions CMDT de Koutiala, Sikasso et
Bougouni. Diplôme d’études approfondies, université Mandé Bukari,
Bamako, 2004.
16 Compagnie malienne de développement des textiles (CMDT).
Annuaire statistique 2002/03. Résultats de l’enquête agricole
permanente. Bamako : CMDT ; Direction de la production du
coton-graine (DPCG), 2004.
17 Djouara H. Amélioration du fonctionnement des unités de
production en zone cotonnière. Rapport de recherche de la Campagne
2003/2004. Bamako : Institut d’économie rurale (IER) ;
Centre régional de recherche agricole (CRRA, Sikasso) ; Équipe
Système de production et gestion des ressources naturelles
(ESPGRN), 2004.
18 Kébé D. Croissance démographique et intensification agricole
au Mali. Modélisation technico-économique des systèmes agraires
villageois. Thèse de doctorat, école nationale supérieure
d’agronomie de Montpellier, Montpellier, 1993.
19 Observatoire du développement humain durable et de la lutte
contre la pauvreté au Mali (ODHD/LCPM). Dynamique de l’analyse de
la pauvreté au Mali de 1993 à 2003. Bamako : ODHD/LCPM,
2005.
20 Fok M, Koné M, Djouara H, Dolo A. Combined and changing
effects of markets incentives, technical innovations and support on
maize production in Southern Mali. IAAE 24th International
Conférence "To morrow’s agriculture : incentives,
institutions, infrastructure and innovation", Berlin, 2000.
21 Benjaminsen TA. The population-agriculture-environment
nexus in the Malian cotton zone. Global Environmental Change
2001(11) : 283-95.
2 Dans ces villages suivis par la
recherche, cette pratique s’est peut-être généralisée plus vite
qu’ailleurs.3 Il est vrai que ces données
n’intègrent pas les ventes de petites quantités que font les femmes
pour acheter les condiments et autres produits.4 1 euro = 655,96 F CFA.1 Cette répartition pourrait évoluer, car en cette fin
d’année 2005 la société Dagris ne semble pas vouloir participer à
une recapitalisation de la CMDT [7].
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