ARTICLE
Auteur(s) : Gérald
EsturGérald Estur
Comité consultatif international du coton (CCIC)/International
Cotton Advisory Committee (ICAC), 1629 K Street NW, Suite 702,
Washington DC, 20006 États-Unis
La production et la consommation mondiales de coton tendent à
s’accroître, et le secteur est transformé par l’utilisation de
nouvelles technologies, en particulier les biotechnologies. La
production mondiale de coton brut a atteint 26 millions de
tonnes en 2004-2005, dont les variétés
« biotechnologiques » ont représenté environ un tiers. Le
coût moyen de production du coton est très variable d’un pays à
l’autre, mais il se situe entre 50 et 60 cents de dollars U.S.
par livre pour la plupart des producteurs. Tandis que la
consommation finale de coton per capita est la plus élevée
dans les pays développés, la croissance de la consommation
industrielle et de la consommation finale est la plus forte dans
les pays en développement (PED), en particulier en Chine
(continentale), en Inde et au Pakistan. L’élimination au
1er janvier 2005 des quotas qui ont limité les
échanges de textiles et de vêtements pendant plus de 30 années
entraîne un déplacement de leur production vers la Chine et
d’autres pays producteurs à faibles coûts, et le secteur cotonnier
bénéficie de l’accroissement de la consommation engendré par la
baisse des prix au détail des textiles et des vêtements. Cependant,
de fortes distorsions causées par des mesures gouvernementales
continuent à prévaloir sur le marché du coton brut. Les prix
internationaux du coton ont diminué en valeur réelle pendant les
cinq dernières décennies en raison des progrès technologique, et
cette évolution se poursuit, voire s’accélère. Pendant les trois
dernières décennies, la moyenne du prix mondial du coton en monnaie
courante a été de 70 cents de dollars U.S. par livre,
mais on s’attend à ce que le prix international moyen pendant la
prochaine décennie se situe à un niveau plus bas, en rapport avec
les coûts de production de la majorité des producteurs.
Importance économique du coton
Le coton est l’un des produits de base agricoles les plus
importants et les plus largement répandus dans le monde. Il est
cultivé dans plus de cent pays sur environ 2,5 % des terres
arables de la planète, ce qui en fait une des plus importantes
cultures, en termes d’utilisation de la terre, après les céréales
et le soja. Le coton est produit principalement pour sa fibre qui
est universellement utilisée comme matière première de l’industrie
textile. Seul le coton brut, ou coton-fibre, fait l’objet
d’échanges internationaux, et plus de 150 pays sont impliqués
dans les exportations et/ou les importations de coton. Les graines
de coton et leurs sous-produits sont généralement consommés
localement. Le coton a joué un rôle important dans le développement
industriel à partir du XVIIIe siècle, et continue
aujourd’hui à jouer un rôle économique vital dans le monde en
développement. Le coton fournit emploi et revenu à des centaines de
millions de personnes dans la production, le traitement et la
commercialisation à travers tous les continents. Plus de
100 millions d’exploitations familiales sont engagées
directement dans la production de coton. En incluant la
main-d’œuvre familiale et salariée, et les employés des services
connexes tels que le transport, l’égrenage, l’emballage et le
stockage, l’emploi total dans le secteur du coton s’élève à quelque
350 millions de personnes. Le coton fournit également des
millions d’emplois additionnels dans les secteurs des facteurs de
production, du machinisme agricole et de l’équipement, industriel,
de la trituration des graines et de la filature. La production de
coton contribue à la sécurité alimentaire et à l’accroissement de
l’espérance de vie dans les zones rurales de pays en développement
en Afrique, en Asie et en Amérique latine. Le coton est parmi les
rares productions agricoles qui soient à la fois source de
nourriture et de fibre. Le coton est une fibre cellulosique presque
pure qui représente plus de la moitié de toutes les fibres
utilisées dans l’habillement et les tissus d’ameublement. Il est
également employé dans les tissus industriels et les sous-produits
dérivés de la graine de coton et les tiges fournissent de l’huile
alimentaire, du savon, des produits industriels, de l’énergie
domestique, du papier et des tourteaux à haute valeur protéique
pour l’alimentation animale. L’huile de coton se classe au
cinquième rang des huiles alimentaires consommées dans le monde.
Malgré cette importance, le secteur cotonnier n’est qu’une petite
composante de l’économie mondiale. La valeur de la production
mondiale de coton brut est estimée à 30 milliards de dollars
U.S. en 2004-2005.
Production
La filière cotonnière mondiale a connu des changements
considérables pendant cette période, alors que la production a
quadruplé, passant de 6,6 millions de tonnes en 1950-1951 à
plus de 26 millions de tonnes en 2004-2005. Le taux de
croissance annuel moyen de la production mondiale pendant les cinq
dernières décennies a été d’environ 2,5 % par an. Régulière
pendant les années 1950 et 1960, la croissance de la
production a ralenti pendant les années 1970 en raison d’une
croissance économique mondiale plus faible et de gains de rendement
limités. La production mondiale a fait un bond de 14 millions
de tonnes au début des années 1980 à 19 millions de tonnes en
1984-1985, car les incitations du marché et l’utilisation de
variétés plus performantes et de méthodes de protection des plantes
plus efficaces ont accru les rendements. La production mondiale
s’est élevée à près de 21 millions de tonnes en 1991-1992 mais
elle a plafonné pendant les années 1990. Avec la diffusion
commerciale des variétés de coton génétiquement modifiées à partir
de 1996 et l’expansion des surfaces en Afrique francophone, en
Australie, au Brésil central, en Chine occidentale et en Turquie,
la production mondiale s’est élevée à 26,2 millions de tonnes
en 2004-2005 (( figure
1 )). La superficie mondiale consacrée au coton a fluctué
depuis 1950-1951 entre 28 et 36 millions d’hectares. Les
réductions spectaculaires des surfaces cotonnières dans certaines
régions depuis les années 1950, en particulier dans l’est du bassin
cotonnier américain aux États-Unis et dans le nord-est du Brésil,
ont été compensées par des augmentations tout aussi spectaculaires
en Afrique, en Australie, et dans le sous-continent indien. La
surface totale ne montrant aucune tendance à la hausse, presque
toute l’augmentation de la production depuis les années 1940 est
provenue de l’amélioration des rendements. Le rendement moyen
mondial il y a cinquante ans était de 230 kilogrammes de fibre
par hectare. Il a progressé à un taux moyen de plus de 2 % par
an pendant les années 1950 et les années 1960, puis plus lentement
du milieu des années 1970 jusqu’au milieu des années 1980. Pendant
la seconde moitié des années 1980, le rendement moyen mondial a
nettement progressé jusqu’à atteindre près de 600 kg/ha en
1991-1992. Cependant, les rendements ont stagné sous la barre des
600 kg/ha pendant les années 1990 à cause de problèmes liés à
des maladies, à la résistance des insectes aux pesticides, et à
l’abandon de la production pour des raisons économiques. Les
rendements ont recommencé à croître à la fin des années 1990 du
fait des améliorations variétales et de l’utilisation des variétés
biotechnologiques. Le rendement a atteint 644 kilogrammes en
2001-2002 et s’est maintenu à ce niveau pendant les deux campagnes
suivantes avant de s’envoler à 732 kg/ha en 2004-2005. Les
conditions climatiques pratiquement idéales simultanément dans la
grande majorité des régions de production ne suffisent pas à
expliquer à elles seules un tel bond du rendement, le plus grand en
20 campagnes, qui reflète également les progrès technologiques.
L’amélioration la plus spectaculaire a eu lieu en Inde qui cultive
le quart des superficies cotonnières mondiales. En effet, le
rendement qui plafonnait autour de 300 kg/ha est passé en deux
campagnes à 440 kg/ha, notamment en raison de l’utilisation
croissante de variétés génétiquement modifiées, mais il n’en
demeure pas moins inférieur de 47 % au rendement moyen dans le
reste du monde en 2004-2005.
Les nouvelles technologies, l’utilisation accrue des
technologies existantes, et les nouvelles zones consacrées à la
culture de coton ont modifié la structure du marché mondial du
coton depuis le milieu des années 1990. Parmi les nouvelles
technologies, la plus visible est la biotechnologie. On estime que
24 % des surfaces cotonnières ont été plantées avec des
variétés biotechnologiques en 2004-2005, contre seulement 2 %
en 1996-1997. Le coton biotechnologique occupe une place croissante
dans le commerce mondial du coton brut et des textiles. Il réduit
la consommation d’insecticides et, bien qu’il ne garantisse pas que
les rendements de coton seront plus élevés qu’avec une variété
conventionnelle, il peut dans certains cas abaisser le coût de
production. Adoptées dans 9 pays (Chine, États-Unis, Inde,
Australie, Argentine, Mexique, Colombie, Afrique du Sud, Indonésie)
ces variétés ont été génétiquement modifiées pour résister à
certains insectes et/ou tolérer certains herbicides. On estime que
le coton biotechnologique représentait près de 35 % de la
production et des exportations mondiales en 2004-2005. Du coton est
produit dans une centaine de pays, mais la production s’est
traditionnellement concentrée dans quelques-uns. Au cours des trois
dernières décennies, les quatre principaux pays producteurs ont
pris une part croissante de la production mondiale. La Chine
(continentale), les États-Unis, l’Inde et le Pakistan fournissaient
48 % de la production mondiale en 1970-1971 et 68 % en
2004-2005. Les pays en développement (tels que définis par la
Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement
(Cnuced) fournissaient 73 % de la production mondiale en
1980-1981 et 76 % en 2004-2005. La production de coton dans
l’ex-URSS (comprise dans les PED) a chuté pendant les deux
dernières décennies, et sa part est tombée de 19 % en
1980-1981 à 7 % en 2004-2005.
La production a battu ses records dans les quatre plus grands
pays producteurs en 2004-2005. La production chinoise a fait un
bond en avant de 2,7 millions de tonnes en 1980-1981 à
6,26 millions de tonnes en 1984-1985 avec la libéralisation de
l’agriculture. La production a ensuite fluctué dans une fourchette
de 3,5 à 5,7 millions de tonnes puis a atteint
6,3 millions de tonnes en 2004-2005. Aux États-Unis, la
production de coton est passée de 2,4 millions de tonnes en
1980-1981 à 3,3 millions de tonnes en 1990-1991, puis a
fluctué entre 3 et 4,3 millions de tonnes avant de se
hisser à 5,1 millions en 2004-2005. La production de coton en
Inde a grimpé de 1,3 million de tonnes en 1980-1981 à
3 millions en 1996-1997. Elle a ensuite fluctué entre 2,3
et 2,8 millions de tonnes jusqu’en 2003-2004 puis s’est élevée
à 4,1 millions de tonnes en 2004-2005. La production au
Pakistan a augmenté rapidement durant les années 1980, s’élevant de
700 000 tonnes à 2,2 millions de tonnes en 1991-1992.
Cependant, la production a chuté en 1992-1993 et est demeurée
au-dessous du niveau de 1991-1992 jusqu’en 2004-2005 où elle a
atteint 2,5 millions de tonnes. La production africaine de
coton a augmenté de 1,3 million de tonnes en 1990-1991 à
1,8 million de tonne en 1997-1998, mais elle a baissé ensuite
à cause de la chute des cours avant de rebondir à 2 millions
de tonnes en 2004-2005. Les pays francophones d’Afrique de l’Ouest
et d’Afrique centrale ont produit 1,1 million de tonnes en
2004-2005 contre seulement 200 000 tonnes en 1980-1981. La
production de coton au Brésil a chuté de 965 000 tonnes en
1984-1985 à 310 000 tonnes en 1996-1997, puis elle s’est vivement
redressée pour dépasser 1,3 million de tonnes en 2003-2004,
devançant ainsi l’Ouzbékistan et la Turquie au cinquième rang
mondial, et se maintenant à ce niveau la campagne suivante. La
production en Turquie a augmenté de 650 000 tonnes en
1990-1991 à 900 000 tonnes en 2004-2005. La production en Australie
a augmenté très rapidement, de 100 000 tonnes en 1980-1981 à
plus de 800 000 tonnes en 2000-2001. À cause de la sécheresse,
la production a chuté à 350 000 tonnes en 2003-2004 avant de
rebondir à 625 000 tonnes en 2004-2005. La production de coton
dans l’Union européenne a augmenté de 300 000 tonnes en
1990-1991 à 500 000 tonnes en 2004-2005.
Coûts de production
La structure de la production varie sensiblement d’un pays à
l’autre, d’une région à l’autre dans le même pays, et d’une
exploitation à sa voisine selon leur technicité et leurs
ressources. Le coton se singularise par le fait qu’il est à la fois
une culture très consommatrice de mains-d’œuvre dans les pays en
développement et une production très capitalistique dans les pays
développés. Les pays disposant de capitaux abondants, de systèmes
sophistiqués de recherche, d’éducation et d’infrastructures
développées pour la fourniture de crédit et d’intrants aux
agriculteurs tendent vers des systèmes de production fortement
mécanisés utilisant beaucoup d’intrants chimiques et très peu de
main-d’œuvre par unité produite. L’Australie et les États-Unis
illustrent ce système de production, vers lequel tend le Brésil.
Inversement, les pays en développement, où la terre et le travail
sont relativement abondants mais dont les moyens financiers sont
limités et les infrastructures moins évoluées, ont généralement des
systèmes de production beaucoup moins intensifs dans lesquels les
opérations culturales et la récolte sont effectuées manuellement.
Les rendements moyens en 2004-2005 s’étageaient entre moins de
200 kilogrammes de fibre par hectare dans certains pays
d’Afrique de l’Est et près de 2 tonnes à l’hectare en
Australie. Environ 55 % des surfaces cotonnières sont
irriguées, qui fournissent les trois quarts de la production
mondiale. Plus de 20 % des surfaces globales sont récoltées à
la machine (États-Unis, Australie, Europe, Brésil, Asie centrale,
etc.), ce qui représente près de 30 % de la production
mondiale. La récolte est manuelle dans la plupart des pays en
développement qui représentaient 83 % des surfaces cotonnières
récoltées en 2004-2005. En conséquence, les rendements et les coûts
de production varient considérablement d’un pays à l’autre et d’un
producteur à l’autre. En 2003-2004, le coût de production par
hectare s’étageait de moins de 400 dollars U.S. à dix fois
plus en Israël, avec une moyenne de 1 150 dollars par hectare,
récolte et égrenage compris. En excluant le coût de la terre et
déduction faite des ventes de graines, le coût de production moyen,
sur la base du rendement moyen, s’élevait à 52 cents par livre
et à 44 cents la livre pour les seuls coûts monétaires
variables, sur la base des coûts d’opportunité. Les coûts réels
sont en fait moindres dans la plupart des pays en développement car
la main-d’œuvre familiale n’est pas rémunérée. Les coûts de
production sont également fortement affectés par les fluctuations
des taux de change par rapport au dollar américain.
Consommation
La consommation mondiale de fibres textiles dépend principalement
de trois variables économiques : les revenus, la croissance
démographique et les prix des fibres. La consommation est aussi
influencée par les préférences des consommateurs et par les
barrières commerciales. La demande finale de fibres textiles dans
le monde a augmenté à un rythme impressionnant depuis les années
1950, grimpant de 7,6 millions de tonnes en 1950 à
57 millions de tonnes en 2004. La moitié environ de
l’accroissement provient de la croissance de la population, l’autre
moitié est due à l’augmentation du revenu par habitant, à la
diminution des prix réels des textiles, et à la concurrence, qui a
généré de nouvelles utilisations pour les fibres textiles.
Cependant, le taux de croissance de la consommation de fibres a
ralenti de 3,7 % pendant les années 1960 à 2,7 % durant
les années 1990 par suite du ralentissement de la croissance du
revenu et de la population.
Un facteur exogène qui a soutenu la consommation de textiles au
cours des dernières années est l’intégration progressive du
commerce de textiles dans des règles de l’OMC. En
décembre 2004, un peu plus de la moitié du commerce mondial de
textile avait été graduellement intégrée, et au
1er janvier 2005, tous les quotas sur les
textiles et l’habillement convenus dans le cadre de l’Accord
Multifibres (AMF) ont été supprimés pour le commerce entre les
membres de l’OMC. Les travaux du Secrétariat de l’International
Cotton Advisory Committee (ICAC) suggèrent que l’élimination des
quotas se traduira par une augmentation de la consommation de coton
d’un demi-million de tonnes à la fin de 2005, une partie de ces
gains s’étant produite entre 1995 et 2004 lors de
l’élimination graduelle de la moitié des quotas. La recherche et la
promotion ont également soutenu la consommation de coton,
augmentant celle-ci de 300 000 tonnes depuis 1998 selon les
estimations du Secrétariat de l’ICAC. Pour le coton, la concurrence
avec les fibres synthétiques est un défi permanent. Les progrès
technologiques dans l’industrie chimique de production de fibres
ont permis de réduire les coûts de production et d’élargir la gamme
des utilisations des fibres chimiques. Au début du XXe
siècle, le coton détenait la part du lion dans le marché des
textiles. Au début du XXIe siècle, le coton est
simplement l’une des nombreuses fibres disponibles et sa
consommation est inférieure à celle des polyesters. La consommation
de coton par habitant a été presque constante depuis 1960, alors
que la consommation totale de fibres textiles par habitant a plus
que doublé. La part du coton dans l’utilisation mondiale de fibres
textiles est tombée de 79 % en 1950 à moins de 40 %
en 2004. La majeure partie de l’augmentation de la consommation
finale de coton pendant les années 1980 et les années 1990 a eu
lieu dans les pays industriels. Cependant, depuis 2000, la majeure
partie de l’augmentation de l’utilisation finale de coton se situe
dans les pays en développement à mesure que les consommateurs
chinois et indiens accroissent leurs achats au détail. La
consommation des filatures dans les pays développés est
inexorablement en baisse, comme au Royaume-Uni où elle s’est
effondrée de 465 000 tonnes en 1950 à pratiquement rien en
2004-2005.
Consommation finale
En 2003, les pays développés représentaient 44 % de la
consommation finale mondiale de coton, et les pays en développement
52 %. Au stade du détail, les États-Unis sont le plus grand
consommateur de coton avec 21 % du total mondial en 2004
contre 16 % dans l’Union européenne des quinze et 6 % au
Japon. La consommation de coton per capita aux États-Unis
s’élevait à 16 kilogrammes en 2004, contre une moyenne
mondiale de 3,5 kilogrammes seulement. Les revenus élevés des
consommateurs, les préférences en faveur du coton soutenues par les
efforts de promotion de la profession et les habitudes
vestimentaires expliquent le niveau élevé de la consommation de
coton par habitant aux États-Unis. En 2000, la consommation
per capita était de 9 kilogrammes au Japon et d’environ
7 kilogrammes dans l’Union européenne des quinze. Dans les
deux pays les plus peuplés, la Chine et l’Inde, la consommation
était inférieure à 2 kilogrammes par tête en 2000.
Au cours des cinquante dernières années, le coton a perdu de sa
compétitivité à la fois en termes de prix et de qualité. Les
avantages principaux du coton par rapport aux fibres textiles
concurrentes sont le confort, la douceur, l’aspect naturel, la
capacité d’absorption de l’humidité, son statut de ressource
renouvelable et le rôle économique important du coton dans beaucoup
de pays producteurs. Cependant, le coton souffre de plusieurs
inconvénients par rapport aux fibres chimiques, notamment la
contamination par des corps étrangers (pendant la récolte, le
stockage et l’égrenage), les fluctuations annuelles de la quantité
et de la qualité de la production et la volatilité importante des
prix. Le coton a également du mal à satisfaire les besoins des
équipements modernes de filature sur les plans de la résistance, de
l’uniformité et d’autres paramètres de qualité, alors que les
fibres synthétiques sont parfaitement homogènes.
Consommation industrielle
Reflétant la consommation finale, la consommation industrielle
mondiale du coton a fortement augmenté dans les années 1980,
puis elle a stagné au-dessous de 19 millions de tonnes
jusqu’en 1998-1999 et elle a rapidement augmenté ensuite (( figure 2 )). Durant
les années 1990, la consommation industrielle du coton a plongé
dramatiquement en Europe de l’Est et dans l’ex-URSS, de
2,5 millions de tonnes en 1990-1991 à 730 000 tonnes en
1998-1999, faisant plus que compenser les gains ailleurs dans le
monde. La consommation de coton dans les pays de l’ex-Comecon
(Council for Mutual Economic Assistance) est remontée à 900 000
tonnes en 2004-2005. La consommation dans les pays industriels
s’est maintenue à environ 4 millions de tonnes au début des
années 1990, mais a diminué rapidement après 1998-1999 tombant à
2,2 millions de tonnes en 2004-2005 en raison des coûts élevés
et de la concurrence accrue des importations en provenance des pays
en développement, dans le cadre de laquelle l’évolution des taux de
change a joué un rôle important. La consommation industrielle du
coton dans les pays en développement a augmenté à un taux annuel de
3,9 % dans les années 1980, s’élevant de 8,5 millions de
tonnes en 1980-1981 à 12,3 millions de tonnes en 1990-1991.
Après être tombé à 2,7 % pendant les sept premières années des
années 1990, le taux de croissance de la consommation industrielle
s’est accéléré depuis 1998-1999, atteignant 5 % en moyenne et
portant la consommation à 23,5 millions de tonnes en
2004-2005. Au cours des sept dernières campagnes, la Chine a été la
locomotive de l’industrie textile mondiale, captant 90 % de
l’accroissement de la consommation industrielle depuis 1998, mais
des augmentations importantes ont été également enregistrées en
l’Inde, au Pakistan et en Turquie. En conséquence, le traitement du
coton a continué à se concentrer dans les pays en développement et
leur part dans la consommation industrielle mondiale est passée de
28 % en 1950-1951 à 88 % en 2004-2005.
La filature chinoise a traité 8,2 millions de tonnes de
coton brut en 2004-2005, soit une augmentation de 4,3 millions
de tonnes depuis 1998-1999, et 35 % du total mondial, contre
23 % en 1998-1999. L’industrie textile chinoise est fortement
dépendante des exportations et la Chine a augmenté sa part des
exportations mondiales de textiles et d’habillement. La
consommation industrielle du coton tend à se concentrer dans les
six pays qui sont aujourd’hui les six principaux consommateurs
(Chine, Inde, Pakistan, Turquie, États-Unis et Brésil). Leur part
est passée de 51 % en 1980-1981 à 76 % en 2004-2005. La
consommation industrielle en Inde est passée de 1,3 million de
tonnes en 1980-1981 à 2,9 millions de tonnes en 1996-1997,
puis elle a plafonné jusqu’en 2002-2003 avant de décoller pour
atteindre 3,3 millions de tonnes en 2004-2005. La consommation
industrielle au Pakistan a grimpé de 460 000 tonnes en
1980-1981 à 1,6 million de tonnes en 1993-1994, puis elle a
plafonné pendant cinq campagnes, reprenant ensuite sa
progression pour s’élever à 2,3 millions de tonnes en
2004-2005. La consommation en Turquie a augmenté de
300 000 tonnes en 1980-1981 à 1,55 million de tonnes en
2004-2005. La consommation industrielle intérieure aux États-Unis
est passée de 1,1 million de tonnes en 1981-1982 à
2,5 millions de tonnes en 1997-1998, puis elle a chuté,
retombant sous les 1,4 million de tonnes en 2004-2005. Les
États-Unis qui étaient le deuxième consommateur de coton brut
jusqu’en 1994-1995 ont été relégués à la cinquième position dix ans
plus tard.
Commerce
Le commerce international du coton a atteint 3,6 millions de
tonnes en 1926-1927, chiffre qui est resté un record jusqu’à la fin
des années 1950. Les échanges ont ensuite progressé jusqu’à
dépasser 7,5 millions de tonnes en 2004-2005. Cependant, la
part du commerce mondial dans la production globale est tombée de
56 % en 1926-1927 environ à 30 % de nos jours, alors que
dans le même temps la production mondiale quadruplait de
6,4 millions de tonnes à plus de 26 millions de tonnes en
2004-2005. Les plus grands pays producteurs (Chine, États-Unis,
Inde et Pakistan) sont également les plus grands pays consommateurs
au niveau industriel. Nonobstant, la plupart des pays producteurs
sont simultanément importateurs et exportateurs de coton, signe de
la globalisation de la filière cotonnière mondiale et qu’ils ne
produisent pas nécessairement les mêmes qualités. La valeur des
exportations mondiales de coton est estimée à 8,7 milliards de
dollars U.S. en 2004-2005. Dans les statistiques d’exportation de
la Cnuced, le coton brut se classe au 159e rang par
valeur moyenne 2001-2002, et représentait 0,12 % du total des
exportations mondiales de marchandises. Cependant, le coton est une
source primordiale de revenus d’exportation dans beaucoup de pays
en développement. Le commerce du coton a évolué en fonction de la
dispersion géographique de la production de coton et en suivant les
déplacements de l’industrie textile. Les importations de coton ont
servi de fondement à la révolution industrielle en Grande-Bretagne,
et les textiles de coton représentaient la moitié des exportations
de l’Angleterre au XIXe siècle. Les États-Unis ont
joué le rôle principal dans l’histoire du commerce mondial du
coton. De 1803 à 1937, la guerre civile et deux autres
années exclues, le coton brut était le premier poste d’exportation
de marchandises des États-Unis. Ces derniers ont toujours été le
premier exportateur mondial, sauf une seule fois en 1985-1986.
Cependant, la part des États-Unis dans les exportations de coton a
chuté des deux tiers en 1926-1927 à une moyenne de 26 % de
1960-1961 à 2000-2001. Ces dernières années, les flux commerciaux
se sont déplacés alors que la production de textiles était
transférée des pays développés aux pays en développement.
Parmi les sept plus grands pays producteurs de coton, seul
l’Ouzbékistan ne figure pas parmi les sept plus gros pays
consommateurs. La plus forte contribution à la croissance du
commerce mondial du coton provient du déficit croissant entre la
production et la consommation en Chine. La Chine est redevenue
importatrice nette en 2001-2002 après avoir été exportatrice nette
pendant trois campagnes. Les importations chinoises sont montées en
flèche, dépassant 1,9 million de tonnes en 2003-2004, plus du
quart du total mondial. Elles sont retombées à moins de
1,4 million de tonnes en 2004-2005. Pour la troisième saison
consécutive, la Turquie est le deuxième importateur mondial avec
750 000 tonnes en 2004-2005. L’Indonésie se classe au
troisième rang avec environ un demi-million de tonnes, devant la
Thaïlande et le Mexique. Les importations indiennes avaient dépassé
un demi-million de tonnes en 2001-2002, puis elles sont tombées à
environ 150 000 tonnes par suite du décollage de la
production. Le Pakistan qui était un des tout premiers exportateurs
de coton brut au milieu des années 1980 est devenu importateur
net dans les années 1990. Les importations pakistanaises ont
frisé les 400 000 tonnes en 2003-2004 mais elles ont fléchi en
2004-2005 avec une récolte record.
La plus grande part de l’accroissement des importations
mondiales a été satisfaite pendant les dernières trois campagnes
par les exportations américaines qui ont bénéficié de subventions
importantes. Les États-Unis ont assuré 40 % des exportations
mondiales en 2004-2005, contre 33 % pour l’ensemble des autres
grands exportateurs que sont l’Afrique zone franc, l’Ouzbékistan,
l’Australie et le Brésil. Les exportations de l’Ouzbékistan ont
fléchi de 1,3 million de tonnes en 1992-1993 à
800 000 tonnes en 2004-2005 car la production a chuté alors
que la consommation intérieure tend à s’accroître. Le Brésil a été
importateur net de coton de 1991-1992 à 2002-2003. Sa production
ayant littéralement explosé, le Brésil est redevenu exportateur et
ses expéditions ont atteint 360 000 tonnes en 2004-2005. Les
exportations de la zone franc ont atteint un record de
1,1 million de tonnes en 2003-2004 puis ont chuté à
950 000 tonnes à cause de l’impact très négatif du
renchérissement du franc CFA par rapport au dollar américain. En
raison de la sécheresse, les exportations australiennes ont plongé
de 850 000 tonnes en 2000-2001 à 420 000 tonnes en
2004-2005.
Subventions et distorsions
Un facteur important expliquant le fait que le coton soit produit
dans des pays ayant des coûts de production relativement élevés
réside dans les mesures gouvernementales qui génèrent des
distorsions dans la production et le commerce. Les soutiens directs
des prix et des revenus du coton dans le monde ont varié dans une
fourchette allant de 3,8 milliards de dollars en 1997-1998 à
5,8 milliards en 2001-2002. En 2004-2005, le montant global
des soutiens directs est estimé à 4,7 milliards, dans une
dizaine de pays contribuant pour moitié à la production mondiale.
Le montant des subventions à l’exportation est estimé à près de
400 millions de dollars en 2004-2005, la quasi-totalité aux
États-Unis. Les subventions ont pour effet de maintenir la
production dans des pays ayant des coûts supérieurs aux prix du
marché et de forcer les producteurs de pays qui n’ont pas de
mesures de protection à s’ajuster aux bas prix. L’Union européenne
a décidé que 65 % de la valeur du soutien du coton sera payée
aux fermiers directement et découplé de la production réelle de
coton à partir de 2006. La plupart des dispositions du
programme cotonnier des États-Unis ont été jugées non conformes aux
règles de l’OMC en 2005. Cependant, les États-Unis
n’accepteront vraisemblablement d’abaisser ou d’éliminer leurs
subventions au coton que dans le contexte d’un accord global sur
l’agriculture. Contrairement à l’Europe et aux États-Unis, la Chine
ne fournit pas de paiements directs aux cultivateurs de coton mais
emploie à la place un système complexe de contingents et de permis
à l’importation afin de limiter le commerce et de maintenir les
prix internes au-dessus du niveau mondial. Les mesures
gouvernementales qui accroissent la production de coton ont un
impact négatif sur les prix internationaux moyens du coton à court
terme. Cependant, si on éliminait les subventions, la production
augmenterait dans d’autres pays dans un délai de deux à trois
saisons en réponse à des prix plus élevés, et beaucoup de
chercheurs estiment que l’impact à long terme des subventions sur
les prix du coton est probablement limité. Néanmoins, les
distorsions à la production de coton provoquée par les mesures des
gouvernements sont significatives. En l’absence de tout soutien
gouvernemental au coton, en quelques campagnes, la production de
coton disparaîtrait en Europe, diminuerait probablement d’un tiers
aux États-Unis et baisserait de plus de 10 % en Chine. Par
conséquent, entre 2 et 3 millions de tonnes de production
de coton se déplaceraient sans doute vers d’autres pays aux coûts
de production plus faibles. En raison de son importance vitale pour
les économies de nombreux pays en développement le coton est ainsi
1’un des enjeux majeurs des négociations sur 1’agriculture à l’OMC.
Prix
Le coton se vend en dollars américains sur le marché mondial. Les
prix internationaux du coton sont orientés à la baisse en raison
des gains de productivité. De 1950 à la fin des années 1960,
la production de coton augmenta plus vite que la consommation,
freinée par l’utilisation croissante des fibres chimiques, faisant
chuter les prix internationaux de plus de 50 cents par
livre à moins de 30 cents. Pendant les années 1970, les prix
du coton, comme ceux des autres matières premières, ont été
affectés par l’inflation, la hausse de la demande, les craintes
d’embargo, et les augmentations des coûts de production.
L’indice A de Cotlook, indicateur reconnu des prix
internationaux, a ainsi bondi de 32 cents la livre en
septembre 1972 à 89 cents en janvier 1974. La
moyenne trentenaire depuis 1974-1975 s’est élevée à 70 cents
par livre (( figure
3 )). Cependant, la moyenne quinquennale de 2000-2001 à
2004-2005 est tombée à 55 cents la livre. Plusieurs facteurs,
parmi lesquels de nouvelles technologies, une utilisation accrue
des technologies existantes, et la mise en culture de zones
cotonnières hautement productives, ont influencé le déclin à long
terme des prix moyens. Les prix du coton sont caractérisés par leur
volatilité. L’indice A de Cotlook a fluctué entre 35 et
80 cents par livre depuis 2001. En dépit des distorsions
causées par les subventions, l’offre et la demande de coton
répondent aux prix. Les prix internationaux moyens ont rebondi
d’une moyenne de 42 cents par livre en 2001-2002, la plus
basse depuis 1971-1972, à 68 cents en 2003-2004, puis ils sont
retombés à 52 cents en 2004-2005. Le solde net du commerce
extérieur de la Chine a été le principal facteur explicatif des
variations interannuelles de la moyenne des cours depuis 1973.
Toutes choses égales par ailleurs, une variation de
100 000 tonnes des importations nettes de la Chine se traduit
par une variation dans le même sens de la moyenne de
l’indice A de 2 cents par livre. Les prix réels du coton
ont diminué depuis les années 1950. En dollars
de 2005 constants, l’indice A de Cotlook a chuté de
près de 4 dollars au début des années 1950 à environ
1,2 dollar au début des années 1970. L’envolée des cours des
matières premières au milieu des années 1970 a porté l’indice à
plus 2 dollars de 2005 par livre, mais il a repris sa baisse
en termes réels et s’est effondré à 45 cents par livre en
2001-2002, le plus bas depuis l’invention de l’égreneuse à scies
en 1793. En dépit de l’augmentation des rendements moyens, le
revenu moyen par hectare de coton a également diminué en termes
réels au cours des cinq dernières décennies. En dollars de
2005 constants, le revenu moyen est tombé d’environ
2 400 dollars par hectare au milieu des années 1970 à
830 dollars en 2004-2005.
Perspectives à moyen terme
La production et la consommation mondiales devraient s’élever à
27 millions de tonnes à l’horizon 2010, et le commerce
mondial est estimé à 9 millions de tonnes, dont
4 millions de tonnes d’importations par la Chine. Les parts de
marché des pays développés dans la production et dans la
consommation industrielle devraient décliner. Les nouvelles
technologies, le développement de nouvelles zones de culture
consacrées au coton et la poursuite des subventions devraient
continuer à soutenir la production de coton à moyen terme. Les plus
fortes augmentations de la production sont attendues en Inde et en
Afrique, par amélioration des rendements, et au Brésil, par
extension des superficies. Les surfaces devraient se maintenir
au-dessus de 35 millions d’hectares et le rendement moyen se
rapprocher des 800 kilogrammes par hectare. Le pourcentage des
surfaces ensemencées avec des variétés biotechnologiques devrait
s’élever à 40 %, contribuant pour moitié à la production
mondiale. L’élimination des quotas sur les textiles et les
vêtements va accroître l’offre et intensifier la concurrence,
faisant baisser les prix. Les consommateurs finaux en profiteront,
ce qui devrait stimuler la consommation au bénéfice des industries
du textile et de l’habillement en coton ayant les coûts les plus
bas. Les producteurs de coton eux-mêmes tireront bénéfice d’une
demande accrue pour la fibre de coton. Les projections à long terme
du produit intérieur brut (PIB) mondial et de la croissance de
population suggèrent que la consommation mondiale de fibres
textiles va augmenter à un taux moyen annuel de 4 % pour
atteindre 75 millions de tonnes en 2010. On prévoit que la
consommation mondiale de coton augmentera à un taux moyen annuel de
près de 3 % et que la part de marché du coton tombera à
36 %. La Chine, l’Inde et le Pakistan seront les principaux
bénéficiaires de la fin du régime des quotas et renforceront leur
prépondérance dans les secteurs des textiles et de l’habillement.
La consommation de coton en Chine devrait s’élever à
11 millions de tonnes en 2010, soit plus de 40 % de
l’utilisation industrielle mondiale. Le déficit structurel entre la
production et la consommation tendra à s’accroître et les
importations chinoises continueront à jouer un rôle déterminant sur
les prix.
Les variations interannuelles de la surface de coton sont
déterminées par les coûts marginaux et non par les coûts de
production moyens. Par conséquent, les prix du coton tendent vers
le coût marginal des producteurs les plus efficaces, et non vers le
coût de production mondial moyen. Les coûts de production diminuent
dans le monde. Aux taux de change actuels, les coûts de production
marginaux, et dans le cas des producteurs les plus efficaces, les
coûts totaux, sont en dessous de 55 cents par livre dans
plusieurs pays. Les fibres chimiques concurrentes exercent une
pression supplémentaire sur les prix du coton. La baisse des prix
des textiles au stade du détail tend également dans une certaine
mesure à se répercuter en amont sur les prix des fibres. Ces
facteurs baissiers devraient être partiellement compensés par
l’accroissement des importations chinoises. En conséquence, les
prix internationaux moyens du coton au cours des cinq prochaines
campagnes seront nettement inférieurs à la moyenne de 70 cents
la livre des trente dernières campagnes, sauf catastrophe
climatique [1-5].
Bibliographie
1 International Cotton Advisory Committee (ICAC). Cotton :
World Statistics.
www.icac.org/cotton_info/publications/samples/stats_ws/english.html.
2 International Cotton Advisory Committee (ICAC). The Outlook
for World Cotton Supply.
www.icac.org/econ_stats/publications/english.html.
3 International Cotton Advisory Committee (ICAC). Survey of the
Cost of Production of Raw Cotton.
www.icac.org/cotton_info/research/COP/english.html.
4 International Cotton Advisory Committee (ICAC). World Cotton
Trade. www.icac.org/econ_stats/publications/english.html.
5 International Cotton Advisory Committee (ICAC). World Textile
Demand. www.icac.org/econ_stats/publications/english.html.
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